Toutelatele

Alexandre Varga (On se retrouvera / TF1) : « Je reviendrai avec grand plaisir faire une apparition dans Alice Nevers »

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Directeur exécutif en charge des contenus
Publié le 18/06/2015 à 20:07 Mis à jour le 18/06/2015 à 23:59

On se retrouvera est l’adaptation du premier roman de Laëtitia Millot pour TF1, dans lequel Margot découvre qu’elle est née d’un viol collectif. Elle cherche alors les agresseurs de sa mère et trouve sur sa route Gabriel, incarné par Alexandre Varga, déjà bien connu des fidèles d’Alice Nevers ou de Candice Renoir. Toutelatele a rencontré l’acteur.

Benjamin Lopes : Vous incarnez Gabriel, un surfeur basque, qui tombe amoureux de Margot, jouée par Laëtitia Milot dans On se retrouvera. Aviez-vous lu le roman avant vous engager dans ce rôle ?

Alexandre Varga : Absolument pas. J’ai, en fait, accepté de jouer le rôle de Gabriel sur la base d’un premier scénario, différent de celui qui a donné la version qui est diffusée sur TF1. Je pense qu’il était plus proche de l’histoire originale, mais pour plusieurs raisons, la production a décidé de faire des changements.

Comment êtes-vous arrivé sur le projet ?

J’ai été un peu parachuté, car ça s’est fait très rapidement. Ça devait se tourner en banlieue parisienne à l’origine et puis finalement ça a eu lieu au Pays Basque. Le scénario a, du coup, été réécrit, car à l’origine Gabriel est un infirmier. Il rencontre Margot à l’hôpital, dans le service où elle a été accueillie lors de la mort de sa mère au début du téléfilm. Ils ont finalement préféré adapter l’histoire au lieu de tournage.

Quels aspects vous ont donné envie de participer à cette fiction unitaire ?

D’un point de vue personnel, je n’ai jamais connu mon père. C’est donc un sujet qui me touche. Dans le film, Margot n’a jamais connu son père et elle se pose mille et une questions, on lui raconte des bobards et c’est une histoire qui m’a interpellé. Sur le fond, j’ai été attaché à ce rapport à la famille, le fait de ne pas avoir une partie de ses racines.

TF1 a pris le parti de ne pas édulcorer les côtés sombres de ce téléfilm. Cela vous a-t-il également convaincu ?

Oui, totalement. Et puis le sujet est terrible. On parle d’une jeune fille de trente ans qui découvre qu’elle est issue d’un viol. C’est une thématique violente et ça m’a forcément attiré.

Dans le téléfilm, la première rencontre entre Margot, qui est donc l’héroïne, et Gabriel est singulière. Comment s’est passée votre rencontre avec Laëtitia Millot ?

Très bien. J’essaie toujours de m’entendre le mieux possible avec mes partenaires de toute façon, c’est toujours mieux (rires). On se cherchait au départ afin d’harmoniser nos jeux. Il est vrai que la rencontre entre les deux personnages est un peu étrange, mais passé ce cap, tout s’est bien passé.

Laëtitia Millot est l’auteur du roman On se retrouvera. Est-elle intervenue durant le tournage ?

Pas réellement. Elle donnait son avis, mais comme tous les acteurs sur le tournage. On essaie toujours de donner notre vision d’une scène et de proposer des aménagements, c’est un travail collectif. Elle a aussi fait énormément confiance à la mise en scène.

La relation entre Margot et Gabriel est très charnelle. Ne trouvez-vous pas leurs rapports un peu limités au final ?

Ce n’était pas toujours facile, mais l’histoire du téléfilm ne tourne pas du tout autour de moi. Mon personnage vient finalement colorer cette fiction un peu noire. Il est vrai que ma marche de manœuvre est assez limitée du coup. Il fallait que je fasse passer un maximum de sentiments et d’émotions sur les scènes que j’avais. Ce n’est pas non plus évident de développer la psychologique des personnages qui gravitent autour de Margot en une heure et demie.

« Mon personnage vient colorer cette fiction un peu noire »

Vous avez aussi joué Mathieu Brémont dans Alice Nevers, le juge est une femme pour TF1. On retrouvait finalement sa voiture dans un fleuve, sans le corps. Un retour est-il possible ?

Mon personnage a disparu en effet. Il tournait un peu en rond. Ça tombait très bien qu’il disparaisse dans la nature, car je devais partir aux États-Unis à ce moment-là. Je reviendrai avec grand plaisir faire une apparition dans Alice Nevers.

Vous étiez également absent de la saison 3 de Candice Renoir sur France 2, après avoir joué dans les deux premières saisons. Pour quelle raison ?

C’est tombé à la période où je devais partir aux États-Unis. À ce moment-là, j’avais besoin de faire break et de faire d’autres choses et je me suis éloigné des tournages pendant près d’un an. Je serai très content de pouvoir retrouver Cécile Blois.

Vous allez également incarner Pascal Roche dans Cassandre, un unitaire policier pour France 3. Peut-on s’attendre à une série en cas de succès ?

C’est l’idée. Je ne sais pas s’ils vont attendre la diffusion pour avoir les résultats d’audience et prendre une décision, mais il me semble que l’écriture de deux épisodes supplémentaires a déjà débuté. C’était un immense plaisir de participer à ce tournage avec Éric Duret (le réalisateur, ndlr) et tous les acteurs.

Vous avez participé à de nombreuses séries depuis maintenant dix ans. Seriez-vous tenté par un premier rôle dans une fiction française ?

Bien sûr, à partir du moment où c’est un beau projet avec un personnage bien identifié. J’aimerai bien faire de la comédie pour me retirer un peu cette étiquette qu’on m’a collée dans le dos. C’est vrai qu’on est un peu comme ça en France, ce n’est pas évident en règle générale. On vous cantonne souvent un peu au même rôle.

Vous expliquez avoir pris du recul pendant un an. Quel est votre bilan après dix ans de tournage dans les séries françaises ?

J’ai un parcours de vie un peu particulier. Il est arrivé un moment où j’étais fatigué. Je suis né à Metz, j’ai vécu six ans au Congo, trois ans au Maroc, trois ans en Inde, quatre ans en Grèce. Je suis rentré en France à l’âge de 20 ans. Après six ans dans le sud, je suis monté à Paris. On ne m’attendait pas, je ne suis pas un « fils de » et je ne connaissais personne dans le métier. Il a donc fallu envoyer. C’est du plaisir et du bonheur, mais il y aussi de la fatigue qui s’accumule avec le temps. En tant qu’acteur, on a toujours envie de décrocher des grands rôles, des bons scénarios, et parfois on a besoin d’arrêter un peu.

Quels sont vos projets aujourd’hui ?

Je vais continuer à travailler avec mon agent ici aux États-Unis pour mettre des choses en place. J’ai passé plusieurs essais et on verra. Je ne suis pas une machine de guerre. Je ne tourne pas du tout le dos à la France et je suis heureux de pouvoir y tourner. Je ne suis pas carriériste, je suis plus un aventurier. On me donne la chance de faire ce métier, je peux en vivre, et je n’en demande pas plus.