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Anne Marivin et Edouard Montoute

Aude Soufi
Publié le 12/09/2006 à 16:28 Mis à jour le 18/04/2011 à 15:14

Sur le petit écran, ils sont Alice et Charlie Bertolucci, mari et femme mais aussi lieutenants de police dans la même brigade. Une situation pas toujours facile à gérer ... Dans la vie, ils sont Anne Marivin et Edouard Montoute, deux comédiens qui incarnent les héros de la nouvelle fiction de M6 et confient leurs impressions sur cette série à Toutelatele.com.

Aude Soufi : Qu’est-ce qui vous a séduit dans le scénario d’Alice et Charlie ?

Anne Marivin : Le ton ! Je n’étais pas très emballée par une série policière mais le fait qu’ils soient flics, c’est un alibi. En plus, ils ne sont pas bons. C’est très loin du réalisme, du protocole policier de toutes les séries comme Navarro ou Cordier... Ils font un peu n’importe quoi et je trouvais ça sympa. Ces deux fortes personnalités, qui forment un couple, m’ont séduite. Alice et Charlie, c’est un peu la première série policière où les personnages ne servent pas l’intrigue mais où l’intrigue sert les personnages.

Edouard Montoute : Dans le scénario, pas grand-chose... Cela ne fait aucune différence avec d’autres intrigues policières. Lorsque, comme moi, on passe beaucoup de temps à regarder ce que fait HBO, on ne s’intéresse pas vraiment aux séries policières françaises.

Aude Soufi : Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle ?

Anne Marivin : Alice n’est pas une héroïne telle qu’on a l’habitude d’en voir : elle assure dans son boulot mais lorsqu’elle rentre à la maison, elle a toute la culpabilité d’une mère qui n’a pas le temps de s’occuper de son fils. Elle doit également assumer son rôle de belle-mère et gérer la libido de son mari. Ce n’est pas une mère parfaite. C’est une femme comme les autres...

Edouard Montoute : Le fait que ce soit deux flics mariés, avec des enfants, me plaisait. Mais si l’on compare le scénario avec ce que l’on a fait lors du tournage, Anne, moi et Stéphane Clavier (le réalisateur, ndlr), c’est assez différent tout de même. On se sert des situations mais on les tourne à notre avantage.

Aude Soufi : Vous retrouvez-vous dans vos personnages ?

Anne Marivin : Lorsque je rentre de tournage, même si j’ai passé une sale journée, je n’ai pas une famille à gérer. Je ne me retrouve pas en elle mais cela m’intéressait de jouer une situation familiale que je ne connais pas du tout.

Edouard Montoute : Si j’étais dans la position de Charlie, je ferais beaucoup d’abus de ma carte de police, c’est certain.


Aude Soufi : Dans le dossier de presse, Alice est présentée comme « libérée pas fragile » et Charlie comme un « macho débile ». Qu’en pensez-vous ?

Anne Marivin : Alice ne s’autorise pas du tout à montrer sa fragilité pendant son travail. Dans le boulot, elle a le dessus sur lui, elle est extrêmement réfléchie et calme toutes ses ardeurs. Mais une fois franchie la porte de la maison, sa fragilité surgit. Elle redevient la femme qui a besoin d’être protégée par son « mâle ». Elle est très vulnérable par rapport à son fils : elle a toujours l’impression de ne pas assurer.

Edouard Montoute : Le personnage de Charlie est surtout jaloux et possessif. Il veut protéger sa femme alors que c’est sa partenaire. Il n’arrive pas à faire la part des choses entre la relation professionnelle qu’il entretient avec sa coéquipière et leur relation de couple.

Aude Soufi : Pourriez-vous être attirée par un homme comme Charlie, macho, possessif et impulsif ?

Anne Marivin : Absolument... s’il a sa part de folie ! Je pourrais être avec un homme qui a ce côté macho mais uniquement s’il a de l’humour. Tout est désamorçable chez Charlie.

Aude Soufi : Vous connaissiez-vous avant le tournage ?

Anne Marivin : Nous nous étions croisés mais nous n’avions jamais joué ensemble. Avec Édouard, cela a vraiment été une rencontre. À partir du moment où j’ai passé l’audition avec lui, c’était une évidence. J’étais contente de faire cette série mais avec lui, c’était une valeur plus qu’ajoutée.

Aude Soufi : Ressemble-t-il à Charlie ?

Anne Marivin : Je pense qu’il a sa folie. Édouard est extrêmement drôle. Il a la même énergie que Charlie. Ils ont ce côté impulsif et « déconneur ».

Aude Soufi : Et ressemble t-elle à Alice ?

Edouard Montoute : Elle est encore plus folle !

Aude Soufi : Pourriez-vous travailler avec votre compagnon, à l’instar d’Alice et Charlie ?

Anne Marivin : Non, je ne pourrais pas passer 24 heures sur 24 avec mon conjoint. Arriver à faire la part des choses, à ne jamais mélanger les deux, c’est trop difficile, surtout sur du long terme. D’ailleurs c’est le cas pour Alice et Charlie : ils n’arrivent jamais à ne pas mélanger travail et vie privée.


Aude Soufi : Edouard, vous avez beaucoup tourné au cinéma, dont les 4 volets de Taxi. La télé a-t-elle été un choix pour vous ?

Edouard Montoute : Ca a surtout été un choix de mon banquier. Je trouve aussi qu’il n’y a plus beaucoup de bons films au cinéma. En France, la télévision est actuellement plus créative.

Aude Soufi : Alice et Charlie est une fiction policière d’un nouveau genre. Vous-même, êtes-vous téléspectateurs de ce genre de série ?

Anne Marivin : Pas tellement des françaises. Autant les Américains y parviennent, avec des séries comme Les Sopranos, The Shield, autant nous, on est loin derrière.

Edouard Montoute : Je n’aime pas beaucoup les séries françaises. Je suis un grand téléspectateur de séries américaines comme 24 ou Lost.

Aude Soufi : Vous avez tourné un seul épisode d’Alice et Charlie. Une suite est-elle déjà envisagée ?

Anne Marivin : Je sais que M6 aime beaucoup le premier épisode. Un autre scénario est déjà prêt. On va attendre la diffusion de mercredi et la décision sera prise en fonction des audiences. Je n’ai pas envie de devenir Alice pendant 20 ans. Mais je suis sûre qu’il reste des choses à faire : nos personnages peuvent encore évoluer.

Edouard Montoute : Je n’aime pas beaucoup les séries qui durent très longtemps. S’il y a d’autres épisodes, je les ferai avec plaisir mais il ne faut pas que cela s’essouffle.

Aude Soufi : Mis à part Alice et Charlie, quels sont vos autres projets ?

Anne Marivin : Je viens juste de terminer un film d’Olivier Doran intitulé pour l’instant Bon week-end avec Kad Merad et Bruno Solo. C’est une comédie : il s’agit de six personnages qui se connaissent depuis 20 ans. Ils vont se retrouver, malgré eux, dans une cavale. Il y a aussi le film de Frédéric Schoendoerffer, Truands, prévu dans les salles en fin d’année.

Edouard Montoute : Je suis actuellement au théâtre dans une pièce intitulée Dura Lex. Je pense aussi à l’écriture et j’aimerais réaliser un court métrage.