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©J.Longuet/Filles TV
Installée depuis 6 ans aux États-Unis, quel regard portez-vous sur la France aujourd’hui ?
Quand je rentre je viens uniquement à Paris. J’adore l’architecture et la beauté de cette ville, ce que j’avais oublié quand j’y vivais. Nous n’avons pas les mêmes yeux en tant que touristes ou résidents. Ma maison est aujourd’hui New York. Certaines choses m’exaspèrent ici...
Pouvez-vous donner quelques exemples ?
Aux États-Unis, je peux retourner en magasin si un article ne me plaît pas ou quand on reçoit un cadeau qui ne convient pas. En France, c’est impossible, il faut absolument le ticket de caisse et encore... Le service clientèle est inexistant, on préfère perdre les clientes plutôt que de rembourser ou échanger un produit ! Dans la rue, même à Paris, les gens regardent généralement de haut quand on porte du rose fluo de la tête aux pieds, personne ne me regarderait à New York. L’ouverture d’esprit est bien plus agréable.
Être Française est-ce un plus pour faire son nom dans l’industrie de la mode outre-Atlantique ?
Les Américaines adorent la mode frenchy, le simple fait de prononcer le mot « Paris » en fait rêver plus d’une. Je joue sur cet aspect-là. Mes créations sont françaises, distinguées et près du corps, ce que ne proposent pas forcément les designers américains. Mes clientes de France adorent également la marque, car elle a une consonance américaine étant donné que je vends mes vêtements là-bas. En réalité, je dois mon succès au fait de jouer avec ma nationalité.
Mode et télévision font de plus en plus bon ménage comme on peut le voir avec des fictions comme Sex and the city, Ugly Betty, Gossip Girl ou encore un docu-réalité comme The Hills. Ces productions ont-elles un réel impact dans le milieu ?
Je suis partagée sur la question. Sex and the city a vraiment lié le monde de la télévision à celui de la mode. Des marques comme Manolo ont réellement été propulsées grâce à la série et au marketing. Les femmes arrivent déjà dans les boutiques en réclamant la copie conforme d’une tenue vue dans un épisode. En France, la clientèle préfère acheter ce qui lui plait pour avoir son propre style et non pas ce que Sarah Jessica Parker porte.
Peut-on dire que l’approche américaine est plus formatée ?
La femme américaine a sans doute moins de style à l’origine, d’où le succès des services et des « personal shopper ». Elles ont besoin de quelqu’un pour se prendre en main et leur dire ce qu’il faut porter. Les Françaises, elles, ne sont pas habituées aux services et n’ont pas envie de payer pour en avoir un. Les mentalités sont réellement opposées.
Une Carrie Bradshaw existe-t-elle vraiment à New York ?
Comme Carie Bradshaw, certaines américaines vont dépenser leur salaire dans la mode au lieu d’investir dans un projet plus ambitieux ou dans la culture. D’autres vont même jusqu’à louer un petit studio pour en faire un dressing, c’est très impressionnant ! En règle générale, les femmes à New York sont des working-girl qui fondent leur foyer très tard et commencent à travailler dès le plus jeune âge. Aujourd’hui, certaines occupent à 19 ans des postes inaccessibles en France avant 30 ans.
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