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29 juin 2009, 11 heures. Une longue file d’attente s’amasse dans le XIVe arrondissement de Paris, prête à rentrer dans la salle du Bobino qui a été pour l’occasion redécorée en club contemporain distingué. Avec ses lasers, spots et pistes de danse, le lieu est prêt à accueillir des danseurs, chanteurs, et strip-teaseurs
Au milieu d’un public en délire, le réalisateur Hervé Hadmar s’attèle derrière la caméra à tourner ses plans d’intérieur pour la série de Canal+, Pigalle, la nuit.
Derrière ce projet ambitieux, deux amis et collaborateurs de longue date, Hervé Hadmar et Marc Herpoux. Principalement connus pour avoir écrit et réalisé, en 2006, Les Oubliées pour France 3, avec notamment Jacques Gamblin dans le rôle-titre, ils voulaient explorer une série plus « chorale ». La société de production Lincoln TV et la chaîne cryptée leur ont offert cette opportunité.
« L’idée était de créer un univers où d’autres histoires peuvent se décliner » confie Hervé, « c’est comme un oignon, ça pique un peu les yeux, mais il faut y aller. » En effet, alors que le personnage de Thomas (interprété par Jalil Lespert) constitue le fil rouge de la première saison, des dizaines de personnages diverses, de par leur origine et leur caractère, ponctuent un casting haut en couleur.
De nombreux talents du cinéma, du théâtre, et même de la musique, viennent se joindre aux « couches » du quartier. Simon Abkarien, récemment vu dans Casino Royale, incarne Nadir, la figure patriarche respectée de tous. Il a comme rival Eric Ruf, qui, pour sa première série, interprète le jeune russe Dimitri, propriétaire du Paradise. Au milieu de cette opposition de deux visions du monde, notre héros « neutre », Thomas. Ce jeune trader arrive dans le quartier à la recherche de sa sœur, Emma, depuis devenue strip-teaseuse.
Pigalle, le quartier le plus « chaud » de Paris, est aussi l’un des plus méconnus. Confinés aux stéréotypes, les scénaristes voulaient lever le voile sur cette « ville dans la ville » en s’attachant plus à l’humanité de ses habitants qu’à son côté sulfureux. Il s’agit aussi d’un personnage à part entière, possédant une polysémie unique.
Les auteurs ont également essayé de conserver un parti pris au niveau du réalisme de la série. Cette scène tournée à l’intérieur du Bobino est en fait « l’exception qui confirme la règle », la majorité du programme ayant été fait au cœur même du quartier, dans les vrais décors. Véra Peltekina, chargée du programme pour Canal +, cite comme exemple le Sexodrome, soit le plus grand sex-shop d’Europe. Pour les scènes de rues, les caméras sont mises à l’écart pour laisser place aux acteurs, noyés au milieu des passants. Le réel se confronte alors avec la fiction.
Avec son mélange d’onirisme et de rude réalité, Pigalle, la nuit veut également volontairement faire écho à des séries américaines comme Twin Peaks. On notera par exemple la présence au casting du célèbre jazzman Archie Shepp, ayant ici le rôle d’un ancien soldat américain hanté par ses visions du passé.
Après plus de quatre mois de tournage et huit épisodes, Pigalle, la nuit offrira à ses téléspectateurs une riche gamme de personnages et un casting hors pair accompagnant un scénario à priori pensé.
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