Vous avez créé de nombreuses séries devenues cultes. Quelle est la recette pour faire une série capable de fonctionner à l’international ?
Darren Star : J’aimerais connaitre la recette, parce que j’aurais eu la possibilité de recommencer autant de fois que je voulais ! Il faut, selon moi, y mettre du cœur, et des choses qui émeuvent. Quant au succès international, je pense que quoi qu’il arrive, les séries ayant connu le succès aux États-Unis en auront forcément dans le reste du monde, car cela a à voir avec l’universalité de nos expériences : nous ne sommes pas si différents de ça les uns les autres.
N’y a-t-il pas tout de même certains paramètres à prendre en compte, comme des personnages emblématiques ou une atmosphère particulière ?
Darren Star : Un peu des deux. J’aime, de plus, énormément les villes sur lesquelles j’ai tourné, que ce soit Los Angeles ou New York. Ce sont des endroits fascinants et romantiques, auxquels j’ajoute une dose supplémentaire de romance. Quant à mes personnages, ils viennent tous de familles différentes, auxquelles les téléspectateurs peuvent s’identifier, le tout dans un cadre un peu glamour.
Deux de vos séries phares ont fait l’objet de remake : Beverly Hills : 90210 et Melrose Place. Avez-vous participé au « renouveau » de cette dernière, qui vient de voir le jour ?
Darren Star : Je ne suis pas du tout impliqué dans cette série. Les studios détiennent l’appellation, donc ils pouvaient en faire ce qu’ils voulaient. On m’a toutefois demandé de participer, mais je n’ai pas voulu : je n’aime pas revenir en arrière. J’ai déjà fait cette série, pendant de nombreuses années, j’ai donc préféré la mettre entre les mains de personnes vraiment excitées par ce projet. Mais c’est un énorme compliment que mes séries soient « refaites »...
Vous êtes un homme, pourtant l’un de vos plus grands succès, et seul à avoir été adapté sur grand écran, est Sex & the city, série axée sur quatre femmes. Comment êtes-vous parvenu à retranscrire la réalité au point de toucher autant la gent féminine, surtout en parlant de sexe ?
Darren Star : J’ai connu beaucoup de Samantha (rires). J’ai eu des amis qui parlaient vraiment ouvertement de sexe, et j’ai toujours pensé que les femmes avaient plus de facilité à en parler que les hommes. D’ailleurs, je pense que les femmes sont plus ouvertes sur tout, émotionnellement par exemple. Donc c’était important pour moi de créer ces quatre femmes ayant un vrai dialogue, et représentant différents points de vue.
A l’époque, certains critiques ont évoqué votre homosexualité comme reproche, mis en parallèle avec le ton « cru » de la série...
Darren Star : Ce n’est plus un problème désormais, cela n’a plus d’importance. Les gens s’en moquent. De plus, certains acteurs sont en train de faire changer les choses, grâce à leur succès et leur notoriété. Je pense notamment à Neil Patrick Harris de How I met your mother ou T.R. Knight de Grey’s Anatomy.
Certains ont toutefois encore des difficultés à faire leur coming-out...
Darren Star : Je pense que cela vient de notre culture. Les gens personnalisent tellement les acteurs qu’ils ont parfois des difficultés à faire la distinction entre leur vie privée et leur vie publique.
Beverly Hills, Melrose Place, Sex & the city... Tout ou presque ce que touche Darren Star se transforme en or. Créateur de séries à succès, ce dernier a imaginé trois des séries les plus influentes du petit écran. A l’occasion du 49e Festival de Télévision de Monte-Carlo, Toutelatele.com est parti à la rencontre de ce producteur de génie, pour un entretien avec franchise, décontraction et sans langue de bois...à l’image de ses productions.
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Melrose Place, du lundi au vendredi à 10h10 sur NRJ12 et tous les dimanches à 10h25 sur TMC