Le 15 septembre dernier, vous avez commenté pour la première fois un match sur TF1, à l’occasion du choc Olympique de Marseille / Milan AC. Au lendemain de cette première, quelles sont vos impressions ?
Bixente Lizarazu : C’était une soirée bien chargée puisque j’ai fait le 20 heures, puis le commentaire du match. J’en ensuite enchaîné avec LCI, et, enfin, on a enregistré des analyses de match pour Téléfoot. C’était 4 heures bien condensées, j’ai eu l’impression de faire un match ! Mais c’était parfait, ça me met dans des conditions de compétition, j’ai aimé.
Avez-vous rapidement trouvé vos marques avec Jean-Michel Larqué et Christian Jeanpierre ?
Bixente Lizarazu : Ca s’est très bien passé mais ils ont déjà beaucoup d’expérience en duo. J’ai trouvé très facilement ma place j’ai le regard du sportif qui a arrêté il y a très peu de temps, et je suis, de plus, toujours dans la compétition, même si ce n’est plus de foot. J’essaye de transmettre et de partager ce regard-là.
Voilà trois ans que vous creusez votre place dans le monde de la télévision. Qu’est-ce qui vous différencie des autres anciens footballeurs devenus consultants pour le petit écran ?
Bixente Lizarazu : Je n’ose pas dire le mot « journaliste », chacun mettra l’étiquette qu’il veut, mais je trouve le terme « consultant » tellement bidon et non adapté ! Depuis trois ans, j’ai fait pas mal de choses : j’ai été reporter pour les JO à Canal +, j’ai fait du plateau, des commentaires, des analyses, sur RTL je suis animateur d’une émission, etc. Je varie vraiment les exercices : mon rôle ne se cantonne donc pas juste à des questions / réponses. J’apprends tous les jours, par exemple à faire les lancements, écrire un conducteur, les timings, etc. C’est vraiment un investissement global. Il y a trois ans, quand j’ai commencé là-dedans, je ne savais pas pendant combien de temps j’allais continuer. Mais c’est vrai que cette année, avec mon arrivée sur TF1, mon émission sur RTL et mes différents projets, je suis vraiment passé à la vitesse supérieure. J’ai vraiment fait la bascule.
Comment définiriez-vous votre rôle au sein de TF1 ?
Bixente Lizarazu : Je considère faire un métier de journaliste, mais un journaliste ayant l’œil d’un ancien sportif de haut niveau. De plus, c’est un métier d’engagement : on ne me demande pas de balancer des banalités et de faire croire que le match est fantastique. J’essaye de trouver des angles et ne rentre pas dans la critique juste pour le plaisir, j’essaye d’avoir des arguments, même si je peux me tromper. La différence entre avant et aujourd’hui, est que le discours que j’avais comme sportif était beaucoup plus formaté et diplomatique, car je devais préserver mes partenaires, mon club, et je n’avais aucun intérêt à rentrer dans la polémique. C’est toujours le cas aujourd’hui, néanmoins je suis intéressé par le débat, sur des sujets qui s’y prêtent. L’Equipe de France en est un bon exemple : en 2008, après l’élimination des Bleus, si tu n’as pas le droit de dire qu’il faut changer d’entraineur, franchement il ne faut pas faire ce métier-là ! On peut tout dire, à partir du moment où on a les arguments pour le dire.
Propulsé au rang d’icone du football, au même titre que ses coéquipiers Champions du Monde 2008, Bixente Lizarazu a su, depuis 3 ans, se démarquer de ses collègues, en
devenant plus qu’un consultant. Un rôle qu’il revendique avec une certaine fierté bien placée. A l’occasion de la soirée de rentrée de TF1, Toutelatele.com a eu le
privilège de rencontrer ce travailleur qui ne se repose pas sur ses acquis, à l’image du joueur qu’il était...