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©Showtime / CBS
Une fellation dans une église entre une nonne et un quadragénaire, quoi de plus racoleur en soi ? Si cette scène serait d’une banalité affligeante pour une œuvre pornographique, elle reste nettement moins conventionnelle quand il s’agit d’une série télévisée. Californication est ainsi introduit par ce « contact » entre une religieuse et Hank Moody, le héros. Pour Christine Bouillet, directrice adjointe de la programmation de M6, « ce type de série est (la) marque de fabrique (de la chaîne). Elle fait avancer l’histoire du genre. Comme Sex and the City pouvait choquer il y a dix ans, Californication franchit un cap dans l’écriture ». Déjà les premières comparaisons avec les péripéties de Carrie et ses comparses sont mises en exergue. Loin du glamour new-yorkais, les téléspectateurs pourront retrouver, tous les vendredis en deuxième partie de soirée, un David Duchovny version « destroy » aux antipodes du célèbre agent Mulder...
L’acteur interprète ainsi Hank Moody, auteur d’un succès mal adapté sur grand écran et en manque d’inspiration. Au lieu de reprendre la plume, ce quadragénaire mène une vie de débauche et s’adonne au sexe, à l’alcool et aux substances illicites. Derrière cette carapace autodestructrice se cache un homme prêt à tout pour reconquérir Karen, son ancienne compagne et l’amour de Rebecca, leur fille de 13 ans. Malgré son attitude, Hank peut compter sur le soutien de son agent et ami Charlie qui le pousse à retrouver une vie plus stable et un nouveau job : écrire pour le blog de Hell.A Magazine.
Un langage cru, de la débauche et un auteur analysant les mœurs de la société sur un écran d’ordinateur, il n’en faudra pas plus à certaines critiques pour présenter Californication comme un « Sex and the city masculin ». Une notion déjà maintes fois utilisée, à tort, par le passé. En 2001, HBO, diffuseur des frasques de Carrie, Charlotte, Miranda et Samantha, décide de donner naissance à des homologues aux chromosomes XY via The Mind of the Married Man. En toute discrétion, le programme sera resté deux saisons à l’antenne. En 2002, c’est outre-Manche que la comparaison avec la série de Darren Star est évoquée avec le lancement de Manchild sur BBC2. Après de très vagues ressemblances dans Love Monkey en janvier 2006 sur CBS, Big Shots en septembre dernier sur ABC a été rapprochée à la série culte de HBO.
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