mercredi 23 janvier 2019 à 18:40 par

Catherine Alvaresse (Directrice des documentaires France Télévisions) : « On veut renforcer nos offres prime times en créant l’évènement »

France Télévisions a connu une importante restructuration de ses antennes et Catherine Alvaresse est désormais à la direction transversale de l’unité des documentaires. Lors d’un entretien accordé à Toutelatele, elle s’est confiée sur sa stratégie, les enjeux des documentaires en prime time et sur ses projets à venir à l’antenne. Rencontre.

Catherine Alvaresse (Directrice des documentaires France Télévisions) : « On veut renforcer nos offres prime times en créant l’évènement »
©France Télévisions 

Benjamin Lopes : avec la réorganisation de France Télévisions, comment définiriez-vous les axes en matière de documentaires sur les différentes chaînes ?

Catherine Alvaresse : En prime time, France 2 traite de l’Histoire sociétale et de l’environnement. Il ne faut pas oublier l’offre en seconde partie de soirée qui est très importante avec Infrarouge. C’est purement de la société. Je ne vais pas rentrer dans le détail des cases, car on travaille aujourd’hui avec Takis Candilis [directeur général délégué à l’antenne et aux programmes, ndlr]. Ce que l’on peut dire c’est que France 2 est l’écho de la société et du monde dont fait partie l’histoire naturelle. France 5 c’est avant tout la connaissance au sens noble du terme. C’est là où il y a le plus d’offres en termes de documentaires. France 3 est clairement du côté des territoires, ce qui ne veut pas dire que l’on va faire uniquement des documentaires régionaux. On est plutôt dans la problématique « Comment des territoires rencontrent le destin national ». C’est vraiment la façon dont on veut retravailler France 3.

Vous allez proposer des salves évènementielles de documentaire le samedi en prime time avec notamment Le plus beau pays du monde 3, Félins, L’odyssée du loup ou encore Chimpanzés : le combat des chefs. Avez-vous d’autres pistes du genre pour évènementialiser le documentaire ?

On est quand même exceptionnels sur France Télévisions. Même BBC One, qui serait l’équivalent de France 2 au Royaume-Uni, ne s’autoriserait pas à faire des grands documentaires historiques comme on le fait. Ils font surtout de l’animalier. On veut renforcer nos offres prime times. La grande idée est plutôt de se dire essayons de créer l’évènement. On sait que les financements sont compliqués. Faire du documentaire en prime time est important, car on peut se permettre de mettre des investissements plus importants et ça permet de faire un écho dans la société qui est beaucoup plus fort.

« On voit bien que si on veut rester le service public, il faut continuer »

Planète Bleue a réuni 12.5% du public en avril 2018. Ve République au cœur du pouvoir a affiché 9.4% de part de marché en janvier 2019. Comment analysez-vous ces audiences variables pour des prime times documentaires évènementiels ?

Nous ne sommes pas uniquement focalisés sur l’audience mesurée. Quand on voit les audiences de La Ve République au cœur du pouvoir, on peut nous dire que l’on a fait 10% de part de marché. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Notre note qualitative des téléspectateurs a été de 8,5/10. Avec Histoires d’une nation [2,32 millions de téléspectateurs / 10% de part de marché sur la première partie, ndlr], on était à 9/10. On voit bien que si on veut rester le service public, il faut continuer. Le samedi soir, en offrant des grands films animaliers qui s’adressent à tous, on est à fond dans notre mission et c’est divertissant visuellement et dans la façon dont on le raconte. Je souhaite qu’il y ait des propositions fortes pour chacune des chaînes tout en restant de la télévision.

La case Grandeurs Nature est vouée à disparaître sur France 2. N’est-ce pas une façon de clarifier l’offre de France Télévisions alors que ces documentaires pouvaient également être vus sur France 5 ?

Le but de la transformation de notre organisation c’est aussi la complémentarité des chaînes. France 2 c’est la chaîne de l’évènement. En créant de l’évènement avec du documentaire c’est effectivement là où on se clarifie. Mieux vaut avoir de grands documentaires d’histoire naturelle en prime time, et en revanche avoir une offre sur France 5 renforcée. On ne s’adresse pas aux mêmes publics et on veut le remettre au centre de chaque chaîne.

« Quand on coproduit avec la BBC, on est protégé un certain nombre d’années face à Netflix »

Il y a plus de 1500 heures de documentaire sur France Télévisions. Comment gérez-vous ce portefeuille ?

C’est un travail lourd. On travaille beaucoup et c’est compliqué. C’est pour ça qu’on est heureux quand on fait de l’évènement, car c’est presque plus simple que d’avoir plein de petits documentaires qui finalement se noient. La gestion est énorme. Quand on travaille avec des producteurs français avec des documentaires qu’on préachète, on est sur une durée de trois à quatre ans de droit. La difficulté aussi de France 2 est que c’est la chaîne de l’inédit et on ne rediffuse que très rarement. Quand on le fait, le public ne s’y retrouve pas. Sur France 5, c’est différent, c’est une autre gestion. C’est une gymnastique insensée.

France Télévisions veut aujourd’hui protéger ses contenus pour qu’ils n’atterrissent pas sur des plateformes numériques comme Netflix ou Amazon Prime. Comment comptez-vous agir quand vous êtes coproducteur ?

Quand on coproduit, et que l’on n’est pas producteur principal, on a quand même des contrats qui nous protège sur notre territoire. Quand on coproduit avec la BBC, on est protégé un certain nombre d’années, car on est déterminant pour le montage financier, mais seulement sur nos territoires. Quand les Anglais décident de mettre Planète Bleue très rapidement sur Netflix, on ne peut que se protéger en France où l’on a notre propre version. On n’est pas protégé de la version de cinquante-deux minutes. On s’organise aujourd’hui pour pallier à tout cela.

« L’idée est un peu de se dire, soit on fait du Mc Do’ et tout le monde a le même burger, soit on va contre cette idée »

Vous parlez de version selon les territoires. Peut-on imaginer aujourd’hui que vous achetiez les rushs d’un documentaire dont vous n’êtes pas coproducteur pour écrire votre propre documentaire à partir d’images existantes ?

Absolument, mais c’est compliqué. Quand on est coproducteur, c’est ce que l’on fait aujourd’hui. L’idée est un peu de se dire, soit on fait du « Mc Do’ » et tout le monde a le même burger, soit on va contre cette idée. C’est ce que l’on a fait avec Chimpanzés : le combat des chefs qui arrivera prochainement à l’antenne et c’était super. Il y a quand même une structure, mais c’est génial d’aller fouiller dans les rushs pour rendre l’histoire plus complète et plus folle. On l’a fait en collaboration avec les producteurs.

Est-ce envisageable qu’à partir d’un documentaire évènement sur France 2, vous décliniez le contenu en série documentaire sur France 5 à l’heure où on vous demande de pérenniser les coûts sur le service public ?

C’est totalement possible. Ça ne se faisait pas avant. C’est la première qu’on l’a fait avec Chimpanzés : le combat des chefs. Il faut qu’il y ait de la matière dans les rushs. C’est intéressant au niveau budgétaire. On est dans la maîtrise des coûts financiers. C’est gagnant pour le public aussi, car il redécouvre un documentaire inédit.



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