lundi 18 décembre 2006 à 01:11 par ,

Commander in chief : l’inévitable échec de M6 ?

Commander in chief : l’inévitable échec de M6 ?
©DR 

« C’est dur d’avoir une vie privée quand on a 295 millions d’employeurs ». Tels sont les mots prononcés par Mackenzie Allen, le 16 décembre dernier sur M6 dans Commander in Chief. Mais ce qui est d’autant plus difficile, c’est d’avoir tout simplement une vie quand on peut compter sur moins de 3 millions de téléspectateurs. Ainsi, la première Présidente des Etats-Unis voit son mandat écourté. Avec une audience en baisse chaque semaine, le jugement de la chaîne privée est sans appel : la série événement de cette fin d’année est retirée de l’antenne.

Pourtant très tôt M6 était parti en campagne : une projection de trois séries phares au printemps dernier avec Prison Break et Bones (diffusée en début d’année 2007), un nombre important de bandes-annonces à l’antenne, une seconde projection presse à la rentrée mais surtout un thème dans l’air du temps : une femme présidente.

Le 2 décembre, la Présidente des Etats-Unis s’est donc tranquillement installée sur l’antenne de la chaîne privée. Charmed ayant rendu l’antenne après huit saisons, M6 en profite alors pour relancer sa Trilogie avec la première et unique saison de Commander In Chief. La série - créée par le réalisateur du thriller politique Manipulations, Rob Lurie, - s’intéresse au parcours de Mackenzie Allen, vice-présidente propulsée aux plus hautes fonctions après le décès du chef de l’Etat, Terry Bridges. Egalement épouse et mère de famille, elle affronte des situations inattendues tout en répondant à une opposition acerbe dans l’exercice de ses fonctions.

Commander in Chief n’est pas le premier show télévisé à traiter de politique américaine. Il s’inspire d’ailleurs ouvertement d’A la maison Blanche, où Martin Sheen bénéficie cette fois du rôle de chef d’Etat. Néanmoins, la vie privée et mouvementée des protagonistes est davantage mise en valeur dans Commander in Chief, et le fait qu’une femme soit en charge des plus hautes fonctions constitue une nouveauté considérable.

Cependant, les téléspectateurs français n’ont guère été séduits par les péripéties de Geena Davis. Le premier épisode a rassemblé 2.86 millions de téléspectateurs pour 12.5% de part de marché. Un score bien décevant pour une nouveauté. 45 minutes plus tard, le second épisode a du se résoudre à abandonner près de 200 000 fidèles. Et c’est la lente érosion de l’audience qui va contraindre M6 a mettre au placard Commander in Chief plus rapidement que prévu. Une semaine plus tard, chaque épisode diffusé perd plus de 100 000 téléspectateurs. Et samedi dernier, rien n’a enrayé la chute. 2.3 millions de téléspectateurs sont au rendez-vous de « Une présidence volée », soit 10.4% de part de marché. A 21h40, 6 000 fidèles désertent (10.5% de part de marché). Le dernier épisode de la soirée est suivi par 2.13 millions de personnes, soit 12% de part de marché.

Il est rare de voir la Trilogie du samedi pareillement boudée sur le plan de l’audience. Commander in chief ne semble donc pas correspondre aux attentes du public de M6. La chaîne privée l’a bien compris et profite des fêtes de Noël pour arrêter les frais. Les inconditionnels de la série devront alors zapper sur la chaîne Téva pour espérer voir la fin de leur série. En effet, à compter du 29 décembre, la chaîne du câble et du satellite - qui appartient à 100% à M6 - prendra le relais avec la diffusion des six épisodes restant, chaque mardi.

S’il est difficile de savoir si un programme va rencontrer ou non son public, deux signes annonciateurs n’ont sans doute pas échappé à M6 : les difficultés d’audience de Commander in chief aux Etats-Unis qui ont mené à sa suppression et l’échec de son clone français L’état de Grâce sur France 2.


Outre-atlantique, la série était également très attendue par le public avant sa première diffusion sur ABC, le 27 septembre 2005. Elle enregistre d’ailleurs un véritable raz de marée sur l’audience, en rassemblant plus de 16 millions de téléspectateurs. Le plébiscite se confirme la semaine suivante avec 16,8 millions d’américains intrigués par le personnage de Mackenzie Allen. La presse parle alors de série évènement, portée par un casting étincelant à l’image de Geena Davis, détentrice du rôle principale, qui remporte le Golden Globe 2006 de la meilleure actrice dans une série TV. Le président de la Chambre des représentants et ennemi juré de la Présidente, Nathan Templeton est interprété par Donald Sutherland qui apparaît pour la première fois dans une série télévisée, tandis que Harry J. Lennix (Matrix 2 et 3) campe Jim Gardner, le chef de Cabinet.

Si le succès de Commander in Chief est indiscutable à la rentrée 2005, une gestion instable de sa première saison conduit à son annulation prématurée au 18ème épisode. Le créateur, scénariste et producteur Rob Lurie quitte ses fonctions dès le huitième épisode, et confie son poste à Steven Bochco, à peine remis de l’échec d’Over There. Après des remaniements variés (nouveaux scénaristes, intrigues remaniées...) et un retard important concédé dans la réalisation des épisodes, la diffusion de la série est suspendue pour une durée indéterminée. Peu de temps après, Dee Johnson remplace Steven Bochco à la production de Commander in Chief.

Pour son grand retour, la Présidente bénéficie d’une nouvelle case horaire mais n’intéresse plus des téléspectateurs lassés par les passages tronqués de la série à l’antenne de ABC. Et pour cause, le 16ème épisode réunissait seulement 5.37 millions de téléspectateurs. Le mandat de Mackenzie Allen n’est pas clos pour autant, puisqu’un téléfilm sur ses péripéties pourrait voir le jour. Son créateur original Rob Lurie serait actuellement en discutions avec ABC pour permettre à la Présidente de continuer à diriger le pays.

Malgré ces difficultés outre-atlantique, M6 a misé sur la Présidente américaine pour fédérer les téléspectateurs du samedi soir. Ainsi, les femmes au pouvoir sont à l’honneur depuis la rentrée. Le 27 septembre dernier, France 2 lançait le premier épisode de L’Etat de Grâce qui met en scène Grâce Bellanger, première femme Présidente de la République française, et future mère de famille. En dépit de la confiance que la chaîne du service public portait à sa production, L’Etat de Grâce ne séduit pas le nombre de téléspectateurs escomptés. Pour son premier épisode, 3,1 millions de français s’intéressent aux aventures de la Présidente, soit 12,9% de part de marché. Quant aux deux derniers épisodes, ils ont bien eu du mal à dépasser les 2 millions de téléspectateurs. Face à ce sérieux revers, la direction de France 2 a demandé une étude poussée pour mieux connaître les raisons du rejet des téléspectateurs.

Que ce soit aux Etats-Unis ou en France, ces résultats ne semblent pas avoir inquiété M6 qui a toutefois retardé la programmation de Commander in Chief, prévue initialement pour novembre. Les primaires du parti socialiste et la désignation de Ségolène Royal comme candidate à la présidence de 2007 ont amené la chaîne privée à reculer la grande première de sa nouvelle série. En vain. Après L’état de grâce, Commander in chief vient rallonger la liste des échecs des productions mettant en scène une femme présidente. Reste maintenant à savoir s’il s’agit d’un signe annonciateur pour les prochaines élections...



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