lundi 12 mai 2014 à 19:50 par

Gérard Krawczyk (Taxi Brooklyn) : « J’ai un attachement très affectif pour les films Taxi »

Après le quatrième opus de Taxi, en 2007, Gérard Krawczyk a pris du recul. « J’ai fait une sorte de point et j’ai beaucoup écrit. J’ai voulu retrouver un peu de fond dans les histoires que je voulais raconter », se souvient-il. Mais quand Luc Besson l’appelle pour lui proposer de mettre en scène deux épisodes de la série télévisée adaptée de ses films, le réalisateur relève le challenge. Occupé sur le montage d’un documentaire pour France 3, ce dernier accepte malgré tout de répondre à nos questions à l’occasion de la fin de la saison 1 de Taxi Brooklyn sur TF1.

Gérard Krawczyk (Taxi Brooklyn) : « J’ai un attachement très affectif pour les films Taxi »
©L.Thompson/Europacorp Television/TF1 

Tony Cotte : Vous attendiez-vous, sept ans après la fin de la saga Taxi, a assuré aujourd’hui la promotion de son adaptation télévisuelle ?

Gérard Krawczyk : Absolument pas. C’est une surprise. J’ai appris assez tardivement l’existence de ce projet, mais j’ai trouvé l’idée d’aller sur l’autre continent intéressante ; de passer du taxi blanc au taxi jaune. Cette série télévisée est adaptée très librement et est très éloignée des films que j’ai pu faire. Mais j’ai été curieux de découvrir le processus de fabrication d’une série américaine. C’est un format que je n’avais jamais fait.

Appréhendiez-vous cet exercice ?

Oui, pour deux raisons. J’ai un attachement très affectif pour les films Taxi et je n’avais pas envie qu’il y ait une trahison qui aurait été gênante. J’appréhendais également de tourner dans une langue qui n’est pas la mienne. J’accorde beaucoup d’importance à la communication avec les acteurs. En arrivant à la fin de la saison, ils connaissaient mieux les personnages que moi.

Quel aspect d’une production américaine vous a le plus surpris ?

Curieusement, ça a été la qualité des acteurs. Du plus petit rôle aux principaux, il y a un professionnalisme et une réelle volonté de bien faire. Tout le monde connait son texte et son rôle. Les comédiens accordent une importance à chaque réplique, ce qui existe moins en France.

La ville de New York est considérée comme un personnage à part entière. Quel regard portez-vous sur cet environnement ?

On a tous essayé de mettre en avant New York et y apporter notre regard. En tant que Français, je ne l’ai pas filmée de la même façon qu’un metteur en scène américain. La réciproque est vraie avec Paris. Pour mes épisodes, ma proposition de décor était totalement différente de celle du showrunner (Gary Scott Thompson, ndlr). C’est important d’avoir le choix.

« Les comédiens accordent une importance à chaque réplique, ce qui existe moins en France »

A-t-on suffisamment d’autonomie en arrivant sur les deux derniers épisodes d’une série qui exige un important cahier des charges ?

On a toujours une autonomie, même sur des films publicitaires. Certes, elle est plus ou moins importante. Je crois qu’on a tous fait des propositions. Le but était d’utiliser notre savoir-faire au service d’une histoire que vous n’avez pas écrite et qui se déroule sur 12 épisodes. Mais en étant présent, j’ai pu choisir la façon dont je voulais mettre en scène les acteurs. Je l’ai vécu comme un exercice intéressant avec pour objectif d’intervenir pour le bien de l’histoire. Je ne me suis jamais mis dans la position d’une personne présente pour faire un film d’auteur.

Dans le dernier épisode de la saison, certaines scènes sont tournées à Marseille. Avez-vous ressenti un peu de nostalgie ?

Il n’y avait pas de nostalgie, mais j’aurais aimé aller plus loin. D’autant plus que je prépare un documentaire sur le sujet. C’est une ville pour laquelle j’ai une affinité particulière et le lien avec New York est évident. Elles sont toutes les deux des réacteurs d’intégration. Quand je me suis retrouvé à Marseille, il fallait aller très vite. Si le showrunner avait été un peu plus complice dans son écriture, nous aurions pu aller plus en profondeur. Mais ce n’est pas très gênant pour le téléspectateur.

Partie 2 > Les critiques sur Taxi et la ville de Marseille


En 2003, vous affirmiez à LCI que les critiques catégorisaient trop les films et n’acceptaient pas le divertissement pur. Dix ans après, y a-t-il eu une évolution ?

J’ai entendu pour la première fois hier, dans Le masque et la plume (émission de France Inter, ndlr), Michel Simon dire que la comédie n’était pas traitée à sa juste valeur. Il condamnait notamment l’absence du genre au Festival de Cannes. Je n’ai évidemment pas changé d’avis sur cette question. Pour moi, il n’y a pas de genre mineur ou majeur. On pourrait bien donner un prix Goncourt à un polar, comme certaines comédies « commerciales » méritent d’être distinguées pour être emblématiques, rester dans l’esprit des gens et faire écho.

En cas de succès de Taxi Brooklyn sur NBC, et compte tenu de la notoriété de Marion Cotillard aux États-Unis, pensez-vous qu’il va y avoir une curiosité particulière pour votre saga cinématographique ?

Je ne pense pas. Elle a fait l’objet d’un remake américain avec Queen Latifah et n’a pas été un énorme succès. Il y a malheureusement beaucoup de remakes qui n’ont pas été formidables. Si on prend La Femme Nikita, c’était même un désastre. Et puis Taxi Brooklyn est tellement éloignée de l’esprit des films...

Vous évoquiez votre projet de documentaire sur la ville de Marseille. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

C’est un documentaire de 110 minutes, sans voix off, en suivant différentes personnes. L’ambition est de faire un film très humain, pour aller au-delà des règlements de comptes et de la kalachnikov. C’est uniquement basé sur des Marseillais de tout âge qui, au travers de leur métier, parle de leur ville. Ça m’a passionné. Je suis allé filmer ça tout seul avec une caméra et un ingénieur du son.

« Taxi a été un tel succès que l’image que j’avais était celle d’avoir réalisé des comédies d’action »

La représentation de la ville n’a-t-elle pas changé de visage avec une série comme Plus belle la vie, diffusée au quotidien ?

Je dirais que Plus belle la vie a participé à une certaine notoriété de Marseille, mais je ne crois pas que les téléspectateurs ont changé leur regard grâce à elle. Les clichés ont la peau dure et sont entretenus avec tous ces sujets dans lesquels on défonce la porte d’un dealer à 6 heures du matin avec la BAC. Bien sûr ces images existent, mais il n’y a pas que ça. C’est un miroir grossissant dans ce pays. Il faut aussi voir ce qu’il y a derrière...

Votre dernier long-métrage remonte à 2007. Y a-t-il une raison particulière à cette « pause » ?

Taxi a été un tel succès que l’image que j’avais, et peut être toujours, était celle d’avoir réalisé des comédies d’action. Mais avant ça j’avais fait d’autres choses très différentes. J’ai donc écrit des scénarios et j’ai mis un certain temps pour me retrouver. J’ai plusieurs scripts achevés. J’espère que d’ici la fin de l’année, ils vont pouvoir se concrétiser.



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