mardi 22 juillet 2008 à 12:52 par

Heroes > Jimmy Jean-Louis, l’haïtien de la série, se dévoile

A l’occasion du Festival du film Jules Verne, Jimmy Jean-Louis, l’interprète de l’énigmatique Haïtien d’Heroes, a fait une halte à Paris. L’occasion rêvée pour Toutelatele.com de tenter de percer à jour cet étonnant caméléon, aussi bavard et extraverti que son personnage est silencieux et sombre. Entre deux éclats d’un rire tonitruant et franc, l’ex-mannequin revient sur une carrière atypique, l’ayant mené d’Haïti à Los Angeles, en passant par Créteil, Soissy sous Montmorency ou encore Barcelone...avant de devenir le « heroe » de millions de téléspectateur à travers le monde !

Heroes > Jimmy Jean-Louis, l’haïtien de la série, se dévoile
©TF1/DR 

Emilie Lopez : Vous êtes un des héros d’une série à succès mondial, Heroes. Comment un jeune garçon ayant grandi dans la banlieue parisienne devient-il une star mondialement connue ?

Jimmy Jean-Louis : Lorsque j’habitais encore à Paris, après avoir écumé les boites de nuit, j’ai pu, grâce à une rencontre, intégrer l’Académie Internationale de Danse. J’y ai pris des cours de danse, de théâtre et de musique. Ça m’a donné une petite base, qui m’a permis d’obtenir un rôle dans un « théâtre musical » en Espagne, « La belle époque ». Puis je suis parti en Italie, et c’est là que j’ai commencé le mannequinat : en Afrique du Sud, en Angleterre, et aux États-Unis.

Emilie Lopez : C’est alors que votre carrière d’acteur a commencé...

Jimmy Jean-Louis : J’ai d’abord tourné pas mal de petits films d’étudiants ou indépendants, pour me « rôder », comme on dit. Petit à petit, j’ai commencé à avoir des rôles un peu plus intéressants... J’ai d’ailleurs failli jouer dans Lost ! Au tout début, lorsqu’ils ont créé la série, j’ai rencontré J.J. Abrams, le créateur, pour deux rôles : Michaël et Sawyer. Et un an plus tard, ils m’ont rappelé pour le rôle de Monsieur Echo... J’étais à deux doigts de l’avoir !

Emilie Lopez : C’est un mal pour un bien, puisqu’au final, vous avez obtenu le rôle de l’Haïtien !

Jimmy Jean-Louis : Oui, et j’en suis content, car je pense qu’Heroes marquera plus les esprits et restera dans l’histoire de la télévision américaine, voire mondiale, comme Star Trek. Le concept est génial, et j’aime le personnage que je joue, notamment parce que je représente Haïti.

Emilie Lopez : Comment êtes-vous arrivé dans ce projet ?

Jimmy Jean-Louis : Par un casting tout ce qu’il y a de plus normal, sauf que je voulais le rôle de D.L., le père de Micah. Ils m’ont rappelé à deux reprises, donc j’ai fait le casting trois fois, sans avoir le rôle ! Et quelques mois plus tard, ils m’ont proposé le rôle de l’Haïtien. D’ailleurs, à la base, mon personnage ne devait pas être Haïtien, mais Néo-Zélandais ! Je ne sais pas pourquoi ils m’ont pris moi, mais c’est à partir de là qu’ils ont commencé à appeler mon personnage « L’Haïtien »...

Emilie Lopez : Regrettez-vous de ne pas avoir obtenu le rôle de D.L. ?

Jimmy Jean-Louis : Non, dans un sens je préfère l’Haïtien. Pour plusieurs raisons : il est très mystérieux ; il me permet de représenter Haïti ; et je pense que le rôle est très bien écrit, parce qu’après deux ans, on ne sait pas avec certitude s’il est bon ou mauvais !


Emilie Lopez : Cela ne vous complique-t-il pas la vie pour pouvoir appréhender le rôle ?

Jimmy Jean-Louis : C’est vrai que c’est un peu plus dur, car on ne sait pas où on va... Mais le fait d’avoir été danseur me permet de jouer avec l’expression corporelle et de nuancer. Surtout qu’au départ, il ne parlait pas, donc tout était dans son comportement, son regard, la manière de marcher ou de se tenir debout. Mais j’aime ce challenge !

Emilie Lopez : Vous avouez être quelqu’un de très bavard, et vous êtes, de plus, extrêmement souriant. En définitive, Jimmy Jean-Louis est l’antithèse de l’Haïtien !

Jimmy Jean-Louis : C’est une bonne chose ça, non ? (rires) C’est vrai qu’on me le dit souvent... Je l’accepte comme un compliment, si cela en est un ! Parfois, en tant qu’acteur, il faut savoir puiser des choses qu’on n’a pas naturellement.

Emilie Lopez : En acceptant un rôle dans une série fantastique, n’aviez-vous pas peur d’être catalogué dans ce genre très spécifique ?

Jimmy Jean-Louis : Non parce que je ne savais pas que le succès d’Heroes allait être aussi important. D’un autre côté, si je devais être bloqué, ça ne me dérange pas de l’être dans une série telle que celle-là. Elle est vraiment bien écrite, et le public et les professionnels la respectent. C’est un privilège de pouvoir être associé à Heroes !

Emilie Lopez : Comment expliquez-vous le succès rencontré par la série ?

Jimmy Jean-Louis : On a tous un petit côté rêveur, à se demander « Et si on pouvait voler ? Et si on pouvait effacer la mémoire des gens ? ». On peut donc tous se retrouver dans les différents personnages. De plus, on a de tout : un Indien, un Japonais, un Haïtien, un Latino... C’est logique que ça cartonne sur tous les continents !

Emilie Lopez : Aux États-Unis, la saison 2 a connu cependant quelques difficultés en terme d’audience. Pour quelles raisons, selon vous ?

Jimmy Jean-Louis : Je pense qu’ils ont voulu introduire trop de personnages rapidement. Le public était habitué et attaché à ses Heroes, qui tentaient de sauver le monde et de battre le méchant, Sylar. Et d’un coup arrivent Alexandro, Maria, et beaucoup d’autres ! Alors les gens se demandent « Mais c’est qui ceux-là ? Qu’est-ce qui font là ? Pourquoi ils parlent Espagnols ? On ne comprend rien ! » (rires). En plus, Hiro se perd au Japon, et y reste beaucoup trop longtemps ! Tous ces éléments ont fait qu’on a perdu pas mal de téléspectateurs. Heureusement, Tim Kring, le créateur, a tout de suite compris que la direction n’était pas bonne, et a rattrapé le coup avec les trois derniers épisodes. Je sais que la troisième saison va être fantastique, car ils ont retenu la leçon, et ils ont mis le paquet pour qu’elle soit réussie.


Emilie Lopez : Lorsqu’une série connaît un succès fulgurant, quelques tensions se font souvent ressentir sur le tournage, pour cause d’égo surdimensionné... Est-ce le cas pour Heroes ?

Jimmy Jean-Louis : Pour le moment non. Mais je pense que la troisième année risque d’être plus difficile. Lorsqu’une série marche autant, la première année, on s’accepte tous, pendant la deuxième, quelques-uns commencent à prendre le dessus... Alors, il faudra attendre la troisième, car beaucoup d’entre nous ont fait des films, donc on va voir quel genre d’ego va se dégager. Mais on a du mal à s’embrouiller, car on ne joue presque jamais tous ensemble ! Et puis, le tournage est tellement pro qu’on n’a pas le temps de s’embrouiller : on arrive, on fait notre scène, et on se casse ! (rires)

Emilie Lopez : Après la grève des scénaristes, Hollywood pourrait connaître une grève des acteurs...

Jimmy Jean-Louis : Ce serait le bordel ! (rires) Je continuerai à vivre, et si je ne tourne pas Heroes, ça me permettra de tourner d’autres choses aux États-Unis, en Angleterre ou en France... Je garde la tête et l’esprit très ouverts, je ne suis pas planté à Los Angeles.

Emilie Lopez : Vous avez d’ailleurs avoué dans de nombreuses interviews votre désir de tourner en France...

Jimmy Jean-Louis : En fait, j’aimerais bien faire des films partout dans le monde ! Ce serait une expérience géniale. Là, j’en ai fait un à Bali (The Ball is round), ce qui m’ouvrira la porte du côté asiatique. Je souhaiterais faire un film en Inde, et travailler, c’est vrai, plus en France. D’ailleurs, j’ai tourné récemment une saga avec Brigitte Fossey pour la France, Le Mystère Joséphine, qui devrait sortir prochainement...

Emilie Lopez : Le fait de vivre aux États-Unis ne doit pas vous permettre de voir beaucoup de films français...

Jimmy Jean-Louis : Les trois derniers étaient Roman de Gare, Paris et Bienvenue chez les Ch’tis, pendant le festival du film français. Et les chtis m’ont bien fait rire ! C’est rafraîchissant. Les deux autres ont plus de profondeur... Et j’ai eu l’occasion de rencontrer Claude Lelouch pour Roman de Gare. On ne sait jamais ce que ça peut donner ! (rires)

Emilie Lopez : Au final, vous sentez-vous Haïtien, Français ou Américain ?

Jimmy Jean-Louis : Je ne sais plus ! J’ai gardé le passeport haïtien, mais j’ai beaucoup souffert du fait que certains, parce qu’ils sont nés sur tel ou tel sol, bénéficient d’avantages que d’autres n’ont pas... J’ai tendance à me dire plus Haïtien qu’autre chose, mais ma vie a été un peu partout. J’ai passé plus de temps en France que là-bas ! Et je vais sûrement passer plus de temps aux États-Unis qu’en France ! La réponse sera donc « je suis qui je suis, et voilà ! ».



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