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Le Bigdil

Publié sur Toutelatele.com le mercredi 29 avril 2009
Ecrit par Cyril Lefevre


 

Nous sommes le 2 février 1998 et l’heure est grave. Une soucoupe volante pilotée par un extraterrestre dénommé Bill vient de s’écraser sur le studio 107 (studio d’enregistrement d’émissions télé à la Plaine Saint-Denis). Fort heureusement, il n’y aura aucune victime. Vincent Lagaf’, désireux de faire son retour sur le petit écran, sympathise avec cet étrange extraterrestre bleu, originaire de la planète Fricus. De ce fait, il possède dans sa soucoupe une multitude de cadeaux. Les deux acolytes adaptent une émission venue tout droit des Etats-Unis, Let’s Make a deal.

Le Bigdil est né et va s’imposer comme le jeu télévisé phare de la chaîne privée. Une longévité de six ans, près de 6 millions de téléspectateurs à chaque émission, flash back sur ce jeu télévisé à succès.

A son arrivée sur l’antenne, le nouveau programme de divertissement animé par Vincent Lagaf’ fait l’effet d’une bombe. Première nouveauté pour un jeu télévisé, la présence sur le plateau, virtuellement bien entendu, de la fameuse voix-off incarnée par l’extraterrestre Bill. S’ajoute à cela, les performances de Vincent Lagaf’, vêtu de costumes « flashys », qui ne passent pas inaperçus. Diffusé à 19 heures, le divertissement a su bâtir son succès en s’appuyant sur un concept novateur et drôle.

Le déroulement du jeu est simple. Cinq épreuves appelées « Dils » constituent la trame de l’émission. Cinq candidats sont alors tirés au sort dans le public et participent tour à tour à une épreuve. Les trois premiers « dils » se déroulent sur le plateau. Maniement d’une pelleteuse pour gagner des cadeaux ou encore relier des points avec un gros stylo en étant suspendu à un fil, ces petits jeux laissent généralement place à des situations cocasses.

Vient ensuite, la quatrième manche, appelée top 3, également réalisée sur le plateau. Pour ne pas repartir bredouille, l’objectif est de reconnaître des airs de musiques interprétées par le célèbre Ramoutcho et ses jeux de mots, DJ Aspé (dans les dernières années de l’émission) ou encore Loulou Torrès. Le cinquième « dil » se déroule quant à lui, en extérieur et s’avère être assez physique et périlleux.

Pour chaque jeu, le, ou la candidate se voit proposer à deux reprises (au milieu de l’épreuve et à la fin) d’échanger ses gains contre ce qu’il y a derrière le fameux rideau. Mais si, souvenez-vous du public reprenant en cœur : Le rideau ! Le rideau ! Le rideau ! Ainsi, en prenant le risque de troquer ses cadeaux, les candidats peuvent gagner voyages, voitures ou des lots plus petits comme des livres de cuisine ou des charentaises.

A la fin de l’émission, arrive le bouquet final : Le Big deal. Les cinq candidats reviennent tous ensemble sur le plateau classés par ordre croissant, en fonction des gains obtenus durant les 5 « dils ». Chaque participant peut alors échanger une dernière fois son pactole contre l’un des cadeaux proposés par l’un des membres de la famille de Bill. Des défis tout aussi drôles les uns que les autres, une bonne humeur ambiante sur le plateau, Le Bigdil doit aussi son succès à son animateur : Vincent Lagaf’.

 

- Qu’aurait été Le Bigdil sans Vincent Lagaf’ ? Difficile d’y répondre. Toujours est-il que le jeu n’aurait certainement pas eu le même accueil auprès du public. Après L’Or à l’Appel et Drôle de jeu, l’interprète de La Zoubida apporte à l’un des programmes culte de TF1, toute sa joie de vivre et sa gentillesse. Qui dit Lagaf’ dit également les gafettes. Au nombre de quatre, elles étaient présentes à chaque émission apportant une touche féminine au jeu. Un concept novateur, une animation rodée, résultat : La présence du Bigdil sur les petits écrans de 1998 à 2004 !

- Selon TF1, cette émission a connu un succès immédiat. Avec une moyenne de 40% de part de marché, le programme est rapidement devenu leader sur sa tranche horaire (19h/20h). Fort de cet engouement de la part du public, le jeu télévisé est reconduit chaque année jusqu’à la saison 2003/2004, et ce malgré le printemps 2001 difficile en raison de la vague Loft Story. Mais malheureusement pour les fans de Bill et compagnie, la saison 2003/2004 a été fatale à l’émission.

- Pour l’ultime année, Vincent Lagaf’ et son équipe ont pourtant tout tenté en révolutionnant Le Bigdil. Le décor est entièrement changé, le plateau quitte la Plaine Saint-Denis pour Bry-sur-Marne. Pour aller un peu plus loin dans la « déconnade », Vincent Lagaf’ fait installer une piscine sur le plateau, donnant lieu à de nouvelles épreuves. Cette bonne volonté n’a pas semblé suffire à séduire la direction de TF1.

- Le tournant arrive au mois de septembre 2003. Exit la case horaire 19h/20h, pour cause de Star Academy et programmation une heure plus tôt à 18 heures. A l’annonce de cette nouvelle, Vincent Lagaf’ déclarait la chose suivante dans l’hebdomadaire Télé Poche du 27 septembre 2003 : « Cela fait cinq ans qu’on est là, on peut bien laisser quatre mois à ces jeunes chanteurs. »

- Mais l’animateur n’avait certainement pas prévu qu’il ne reviendrait pas du tout à l’antenne après la Star Academy. Pour lui, s’en est trop et il se lâche dans Télé Star du 11 octobre 2003 : « Honnêtement, j’ai les boules. Je ne suis pas furieux, je suis triste. Après six ans, on ne me fait plus confiance. Tout ça parce qu’on a connu un petit moment de faiblesse et que la télé réalité a pris un essor monstrueux. Dites à vos lecteurs qu’ils continuent de hurler et qu’ils ne regardent pas la Star Ac’ ! ».

- Vincent Lagaf’ multiplie les appels du pied pour relancer le jeu. Et il souhaiterait le faire sur TF1 et non pas « un sous Bigdil » sur une chaîne d’un standing inférieur.

 

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