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Laurent Gerra dégaine son arme contre les Zenvahisseurs du PAF

Katia Blétry
Publié le 08/10/2007 à 00:40 Mis à jour le 13/10/2007 à 23:22

Laurent Gerra signe, avec ses compères Frédéric Marniquet et Philippe Chanoinat, une bande dessinée au titre évocateur, Les Zenvahisseurs aux éditions Albin Michel. L’humoriste et imitateur n’en n’est pas à son premier essai. En effet, il devient, en 2004, le scénariste de la BD Lucky Luke pour laquelle il a écrit deux tomes. Il renouvelle donc l’expérience en offrant aux mordus du genre, une œuvre à l’humour corrosif où il descend les animateurs vedettes du PAF en 46 pages. A l’instar de son dernier spectacle, Laurent Gerra flingue la télé, l’imitateur exprime, ici, son dégoût d’une télévision qu’il juge de mauvais goût : « J’adore regarder la télé, ce que je n’aime pas, je le mets dans mes sketchs ». Le ton est donné.

En converture, quatre animateurs bien connus du grand public : Laurent Ruquier au garde à vous, Thierry Ardisson en tenue de Dark Vador, Marc-Olivier Fogiel armé d’un sèche-cheveux rose bonbon et Patrick Sébastien apparaissant dans un poste de télévision. Leurs traits sont creusés et leurs oreilles pointues comme celles des protagonistes de Star Trek. En arrière fond, la Tour Eiffel est en flamme derrière un nuage de fumée et des explosions. Le titre Les Zenvahisseurs apparaît en jaune vif au premier plan. Les auteurs ont dès le départ donner le ton : des présentateurs télé venus d’un autre monde dans le but de « nous rendre encore plus cons ».

Dès les premières pages, les lecteurs entrent dans le vif du sujet. Le héros, David Vinsang, tombe nez à nez sur un vaisseau spatial et leurs « effrayants occupants » tout droit sortis de la planète Zétronus. Ses habitants, « les Zétroniens ont été élevés au plasma et au filtre magique de la redevance audiovisuelle, le résultat ne se fit pas attendre, l’endroit devint très vite une usine à conneries ». Parmi eux, « Darkisson », le « chevalier Rouquette », « Marco Fauderche », le « professeur Millerusse » ou « Steevy Brator ». Laurent Gerra use de sa marque de fabrique : un humour acerbe et acide.

Très tôt, une résistance va se former autour de David Vinsang. Pour les neutraliser, des personnages tout droit sortis des séries cultes vont s’en charger. Ainsi, au fil de l’histoire, les lecteurs pourront reconnaître, Charles Ingalls, Thierry la Fronde, John Steed ou Brett Sinclair organisant la contre-attaque aux quatre coins du monde avec pour armes des CD de Brel ou de Brassens. Les Zétroniens ont besoin, quant à eux, pour se régénérer d’écouter des chansons de Diam’s alias Miam’s.

Les scénaristes rendent donc un bel hommage aux séries cultes de notre enfance mais ont tendance à trop idéaliser cette époque révolue et de critiquer ce qui se fait actuellement. Même si la BD demeure sans conteste une parodie, les textes sombrent trop rapidement dans les clichés. Les critiques des scénaristes à l’égard de ces animateurs semblent aussi quelque peu faciles. Toutefois, certaines répliques sont particulièrement truculentes. Le point fort : les dessins colorés et attrayants.

Les fidèles de Laurent Gerra retrouveront donc son sens de la formule incisive. L’humoriste n’en n’a d’ailleurs pas fini de taper sur les stars du petit écran. Lors de la conférence de presse consacrée à la sortie des Zenvahisseurs, il a confié aux journalistes qu’il aimerait bien parodier Secret Story où Benjamin Castaldi aura toute sa place...