mercredi 12 juin 2019 à 16:42 par

Le Tone (Top Gear, Citroën une histoire française) : « La 2 CV était la Coccinelle d’Adolf Hitler avant l’heure »

Ce mercredi 12 juin, RMC Découverte propose à 21 heures un nouveau numéro de sa collection Les grandes heures de l’automobile française. Le journaliste Le Tone, sévissant dans Top Gear, est parti sur les traces d’André Citroën qui a fondé il y a un siècle la célèbre marque aux chevrons. Pour Toutelatele, Le Tone est revenu sur certains grands moments de Citroën et couvert d’éloges son créateur décédé en 1935.

Le Tone (Top Gear, Citroën une histoire française) : « La 2 CV était la Coccinelle d’Adolf Hitler avant l’heure »
©Capture RMC Découverte 

Joshua Daguenet : Quels adjectifs convient-il d’employer pour décrire ce premier siècle d’existence pour Citroën ?

Le Tone : Je suis né en 1973 et j’ai commencé à m’intéresser à la voiture au début des années 80. Pour moi, cette marque a toujours été dans le paysage visuel de mon histoire. Ces voitures ont toujours été avant-gardistes et différentes en terme de design. Elles ont une grande réputation d’innovation. En m’intéressant à la vie d’André Citroën, j’ai remarqué que son idée était de toujours trouver les meilleures astuces et les meilleures inventions pour les rendre accessibles au plus grand nombre. Il a démocratisé l’automobile.

Les croisières noire et jaune, la 2 CV, l’attentat contre de Gaulle… quel est à vos yeux l’événement le plus marquant de l’histoire de la marque ?

Je serais presque incapable de choisir tant ces événements évoquent pour moi des choses complètements différentes. J’ai la chance dans le documentaire de conduire l’une des voitures de la Croisière jaune. Pour moi, cela a toujours été un rêve d’enfant cette espèce de voiture qui ressemble à un char avec des chenilles, très belle esthétiquement, et qui donne l’impression de pouvoir aller partout. Ma mère avait une 2 CV donc il est difficile pour moi d’être objectif. L’attentat, je n’étais pas né, donc c’est compliqué de l’évoquer. Philippe Lelouche, lui, pourrait… (rires). Je répondrais quand même les croisières car elles sont un avènement marketing, et en même temps, elles sont liées à un exploit réel.

Comment la marque aux chevrons a survécu à une faillite en 1934 puis au décès, un an plus tard, de son fondateur André Citroën ?

Dans le documentaire, plusieurs historiens et journalistes font des rapprochements avec des PDG assez récents comme Steve Jobs ou Elon Musk. Comme l’idée de départ est bonne, elle insuffle une énergie qui se retrouve au bout d’un siècle chez Citroën. Le business plan et la manière de voir et vendre l’automobile par André Citroën ne pouvaient pas ne pas marcher. Ces choix étaient bons sur son temps et les modes de fabrication, quitte à se ruiner lui. Il a perçu le développement de l’industrie automobile comme il s’est déroulé dans les années futures.

En rencontrant les différents passionnés de Citroën, qu’avez-vous appris sur le personnage André Citroën ?

Je connaissais un peu sa vie, adorant l’idée qu’il ait pu avoir une relation amoureuse avec Joséphine Baker. J’aimais ce personnage un peu flamboyant et relativement intéressé par les artistes, la création, le graphisme. Je suis plus proche de ce personnage que les autres PDG de l’automobile. Dans ce documentaire, je me retrouve avec un arrière-petit-fils d’André Citroën au Conservatoire de la marque devant le portrait de son aïeul, et les deux se ressemblent de manière incroyable. Dans son regard, il y a la même lumière que dans celui de son arrière-grand-père.

« Les voitures Citroën ont toujours été avant-gardistes »

Après les 75 ans du débarquement allié en Normandie, il est bon de rappeler que Citroën, contrairement à Peugeot et Renault, n’a pas collaboré avec l’ennemi pendant la Seconde Guerre mondiale…

C’est un très gros point à l’avantage de Citroën et cela résulte de la culture de l’entreprise insufflée par Citroën. Lors de sa mort, sa dépouille a été posée dans l’entreprise et tous les employés sont venus se recueillir plusieurs minutes devant son cercueil. Il était très humain et tourné vers les gens. Dans le documentaire « Les grandes heures de l’automobile française », plus large et moins détaillé que celui sur André Citroën, j’avais eu la chance de conduire une TPV, l’ancêtre de la 2 CV, cachée par les usines Citroën dans un grenier pour que les Allemands ne la découvrent pas. Elle était la Coccinelle d’Adolf Hitler avant l’heure. Pour remercier Citroën de ne pas avoir collaboré l’ennemi, elle a été autorisée après la guerre à produire une voiture grand public et qui a cartonné.

Les 32 véhicules français les plus produits dans l’histoire appartiennent au trio Renault – Peugeot – Citroën. Comment expliquer la longévité homogène de ce trio ?

En France, nous avons une spécificité dans la manière d’aborder les véhicules. Dans les années 30, nous avons abandonné le luxe à la française pour s’orienter vers des véhicules rationnels et abordables. La gestion des trois marques par l’Etat a fait qu’elles se sont pliées à la volonté du public. Aujourd’hui, on mélange la création, l’avant-garde, l’écoute du client - mais pas trop - avec des voitures homogènes sans gros défaut même si elles souffrent toujours de la comparaison avec leurs homologues allemandes. Elles sont sûres, ont toujours des très bons châssis et des moteurs efficients. En rapport qualité / prix, les voitures françaises sont très bien placées.

Le street art, le rap, la musique électro, les belles voitures… laquelle de vos passions a entraîné les autres ?

C’est un mélange de tout. Dès le départ, ces passions ont été intégrées et ce sont les opportunités et les rencontres qui m’ont fait évoluer vers les différents milieux. Quand j’ai commencé à produire de la musique électronique, c’est parce que je faisais du rap depuis cinq ans et que personne ne voulait écouter un rappeur blanc en France avec des textes bizarres et intellos. J’ai envoyé mes instrumentaux à une maison de disque qui les a trouvés supers. À une époque, la musique instrumentale était appréciée, aujourd’hui, il n y a plus vraiment de groupe. Après, des potes journalistes ont changé d’activité et ils m’ont proposé d’intégrer un magazine de voiture. Tout s’est enchaîné et je continue.

« En rapport qualité / prix, les voitures françaises sont très bien placées »

La musique électronique, chère à vos compositions, est d’ailleurs exclusivement utilisée par les publicitaires automobiles depuis de nombreuses années. Pourquoi ?

Connaissant les publicitaires, quand il y a des paroles, cela crée un sens. La musique électronique a le sens qu’on lui donne. Elle est génératrice d’images et de sensations. Elle marche bien avec la publicité parce qu’on ressent bien les choses basiques de l’ordre de la vitesse, la violence, l’oppression, le plaisir… L’absence de parole permet de faire passer un message visuel. J’ai réalisé une campagne publicitaire pour le Ford C-Max, l’Audi A4 et une ou deux marques supplémentaires.

Neuf ans après votre dernier album BAZAR, où en sont vos aspirations musicales ?

J’ai fait un break… BAZAR était un projet en collaboration avec des designers de vaisselle qui s’appellent les Tsé & Tsé Associées. C’était mon dernier disque. J’avais auparavant galéré avec En Inde pour lequel j’avais assuré moi-même la promotion et cela m’avait fatigué. Aujourd’hui, ma fille, Louise Larret, a repris le flambeau et elle prépare son premier album de pop. Elle est super douée. Son deuxième titre est sorti il y a moins de trois semaines.

Quels seront les moments forts de la saison 6 de Top Gear France à laquelle vous participerez ?

Il y a déjà eu des trucs pas mal. Lundi, [10 juin, ndlr] nous avons « destroyé » trois voitures neuves en faisant la course. Nous sommes allés au Vietnam pendant dix jours. C’est assez rigolo car c’est le pays des deux roues. Dans une semaine, nous partirons deux semaines au Monténégro pour un voyage épique. Cette année, j’ai sauté en parachute, je suis monté à 299 km/heure, j’ai fait du Drift en Porsche…

Quels sont les invités prévus ?

Nous n’en avons pas encore accueilli car ils sont prévus après l’été sur les plateaux quand ils viennent faire leur tour de circuit. Vu le succès de la pièce de Philippe Lellouche, [L’invitation, ndlr] ce serait bien qu’on arrive à avoir Gad Elmaleh.



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