mardi 4 décembre 2012 à 20:34 par

Les Revenants : Rencontre avec le créateur Fabrice Gobert

Le 26 novembre 2012, Canal+ a lancé une nouvelle série, Les Revenants. La série fantastique, adaptée du film éponyme, est écrite et réalisée par Fabrice Gobert. Toutelatélé a rencontré le créateur pour évoquer avec lui les thèmes de la série, ses choix narratifs et ses références. Décryptage...

Les Revenants : Rencontre avec le créateur Fabrice Gobert
©Jean-Claude Lother/Haut & Court/Canal+ 

Claire Varin : Le projet, produit par Haut et Court, existe depuis cinq ans, mais votre arrivée sur la série remonte à « seulement » deux ans. Vous a-t-on appelé à la rescousse ?

Fabrice Gobert : Ce n’est pas comme ça que les choses m’ont été présentées. Il y avait un point de départ qui était l’envie de Caroline Benjo et Jimmy Desmarais d’adapter le film Les Revenants, qui était produit par Haut et Court. Ils ont travaillé dans différentes directions. Puis, lorsqu’ils ont vu Simon Werner a disparu, le film que j’ai réalisé, ils ont vu un univers en commun. Ils étaient en train de chercher une nouvelle direction et ils m’ont proposé de réfléchir. J’ai lu ce qui avait été fait et il y avait des éléments hyper intéressants qui avaient été développés, notamment par Céline Sciamma. J’ai pris ce qui m’intéressait vraiment et j’en ai ajouté d’autres. Je les ai développés avec Emmanuel Carrère et Fabien Adda. Le point de départ, le retour des morts, était tellement fort que les personnages sont nés assez vite.

Aviez-vous vu le film de Robin Campillo ?

J’ai vu le film au moment de sa sortie. J’avais vraiment adoré. Quand j’ai entendu parler de cette série, bien avant qu’ils me la proposent, je trouvais déjà l’idée formidable. C’est un très bon point de départ pour une série. J’étais très content de pouvoir faire ça.

La série prend le contre-pied du film, en parlant de l’intime. Pourquoi ce choix ?

Je trouvais plus intéressant de partir de l’intime en allant plus progressivement vers quelque chose d’un peu plus collectif. Mais j’avais le sentiment qu’il fallait prendre le temps de développer chaque trajectoire. La série offre le temps de développer les rapports entre les personnages et de le confronter à ce retour fantastique et extrêmement bouleversant. On peut quasiment raconter les choses heure par heure.

Les Revenants parle du deuil, mais aussi de la misère affective. Est-ce un thème que vous aviez en tête en l’écrivant ?

Oui. Consciemment ou pas, ça parle beaucoup des sentiments et des relations que l’on a avec les gens qui nous entourent. Dans le deuil ou pas dans le deuil. J’ai l’impression que ces personnages sont très seuls. Le personnage de Léna est abandonné par ses parents, qui ne réussissent pas à l’aider. C’est un sujet qui me passionne. La façon dont on gère la douleur et les tragédies, qui traversent nos vies, je trouve ça bouleversant. Le fantastique me permettait de traiter de ces sujets là sans être dans le drame familial.

Dans le film, les revenants avaient une aphasie et une lenteur. Ici, c’est très différent, on a le sentiment que les morts ramènent les vivants à la vie…

Oui, ils sont très vivants parce qu’ils ne savent pas qu’ils sont morts. Notre envie était que ces morts ne soient pas morbides, mais, au contraire, qu’ils aient une soif de vivre. Ils ne dorment pas. Ils ont envie de manger. Ils sont remplis d’envies et de passion. Alors qu’ils sont entourés de personnes dans le deuil, donc tournés vers la mort.

La série répond à un genre plutôt anglo-saxon tout en restant très française. Quelles étaient vos références pour créer cet univers ?

J’ai essayé de trouver des références dans lesquelles le fantastique surgit du réalisme. Il y avait ça dans le film de vampires suédois, Morse. Le réalisateur Tomas Alfredson réussit à faire surgir des vampires dans l’histoire sans que ce soit improbable. On a essayé de créer un univers à la fois réaliste et fantastique, dans lequel on pouvait faire revivre des morts. J’avais aussi des références littéraires, j’ai beaucoup pensé à Bret Easton Ellis, à Philip K. Dick, des auteurs, qui travaillent le fantastique à l’intérieur de quelque chose de réaliste.

Page 1 sur 2 SUIVANT 


  A LIRE AUSSI  

CANAL +   SERIES   CABLE / SATELLITE / ADSL   LES REVENANTS  








comments powered by Disqus

LE BUZZ TOUTELATELE


AUDIENCES TV PRIME TIME
Audiences TV prime (mercredi 14 novembre 2018) : Dix pour cent revient en forte hausse, Le Meilleur pâtissier triomphe avec Ludovic

Audiences TV prime (mercredi 14 novembre 2018) : Dix pour cent revient en forte hausse, Le Meilleur pâtissier triomphe avec Ludovic


AUDIENCES TV ACCESS
Audiences TV access (mercredi 14 novembre 2018) : DNA leader, C à vous et 28 minutes au plus haut, L'info du vrai faible

Audiences TV access (mercredi 14 novembre 2018) : DNA leader, C à vous et 28 minutes au plus haut, L’info du vrai faible


INTERVIEW
Jean-Pascal Lacoste (Perdus au milieu de nulle part, W9) : « Avec Issa Doumbia, on a partagé des expériences difficiles »

Jean-Pascal Lacoste (Perdus au milieu de nulle part, W9) : « Avec Issa Doumbia, on a partagé des expériences difficiles »

ON VOUS RECOMMANDE





Equipe - Publicité - Recrutement - Contact - Mentions légales

Audiences TV : Médiamat-Médiamétrie - tous droits réservés Médiamétrie | Hébergement : Oxeva

©Toutelatele.com - tous droits réservés - 1998/2018