mercredi 13 juin 2018 à 19:20 par

Lorànt Deutsch (Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux, M6) : « Le bonheur passe par des échecs »

Ce mercredi 13 juin à 21 heures, M6 dégaine une nouvelle série, Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?, relatant l’arrivée d’un couple de Parisiens dans les Yvelines en attendant la naissance de leur premier enfant. Lorànt Deutsch, dans le rôle du futur père de famille, a répondu aux questions de Toutelatele sur les contrastes entre les personnages, la vision du couple, tout en évoquant, en dehors de la série, sa passion pour l’histoire.

Lorànt Deutsch (Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux, M6) : « Le bonheur passe par des échecs »
©Emilie DE LA HOSSERAYE / M6 

Joshua Daguenet : Il s’agit de votre premier rôle récurrent dans une série depuis Les intrépides il y a 25 ans. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de retrouver un personnage régulier ?

C’est la première fois que l’on me propose un rôle dans une série. J’ai refusé une seule opportunité il y a sept ou huit ans. Je ne réfléchis pas selon le format mais selon la qualité, l’écriture et les personnages. Or, les situations dans cette série me convenaient et étaient tellement proches de ce que je vis au quotidien… j’ai eu très envie d’y participer. J’ai d’ailleurs dû passer un casting car on ne pensait pas du tout à moi pour le rôle.

Quelles similitudes avez-vous relevées entre votre personnage et vous-même ?

Moi-même, j’ai envie de partir à la campagne, je suis papa de plusieurs enfants en bas âge et je souhaite qu’ils grandissent où j’ai mes plus beaux souvenirs d’enfance, à savoir dans l’Ouest. Tout semblait à notre portée et à notre hauteur, on s’y sentait bien et cela allait moins vite que le monde d’aujourd’hui.

Vous interprétez Romain Corneaux, un psychologue fan de Tintin, aux petits soins avec sa mère et qui n’hésite pas à dormir au ras du sol. Est-ce une vision volontairement stéréotypée du campagnard ?

Tous les traits sont très poussés. Les Parisiens y sont aperçus comme des bobos saupoudrés de choses bien excessives. Cela est amusant et facilitera l’identification. Au théâtre, nous exagérons les sentiments et le public peut mieux se retrouver à travers ces personnages. Ici, c’est le cas pour les Parisiens et les gens de la campagne.

L’amitié est un thème très abordé entre le copain d’enfance Frédéric et l’envahissant Daniel Poireau. Pourquoi ces deux personnages sont-ils aux antipodes dans l’estime de Romain ?

Le premier caractérise le gars dont on n’arrivait pas à se débarrasser à l’école et qui caractérise notre pire cauchemar. Il est l’envahisseur alors que l’autre compte moins sur vous, a ses propres préoccupations et on va davantage le désirer. Il représente l’expression « fuis-moi je te suis, suis-moi, je te fuis ».

« Les traits des Parisiens et des gens de la campagne sont très poussés »

Frédéric, votre meilleur ami, a un comportement de citadin, entre son Hoverboard et son stress omniprésent tranchant avec le calme de Romain. Comment les deux hommes peuvent-ils se comprendre ?

Il n’a pas tant un comportement de citadin mais plutôt un comportement de petit bourgeois de province. Il utilise précisément un Segway, ce qui est complètement obsolète et on n’en voit pas un seul sur Paris. Ils ont ouvert la voie mais ont été là trop tôt. Aujourd’hui, les Segway sont pour les mecs qui veulent avoir l’air mais qui n’ont pas l’air du tout !

Romain ne semble pas autoritaire mais tout et tout le monde tournent autour de lui. Comment expliquer son indispensabilité aux yeux de son entourage ?

Il offre une écoute alors que chacun est tranché sur ses positions. Il est observateur, compatissant, généreux mais un peu mou avec cette lâcheté du gars qui n’ose pas dire non.

Qu’est-ce qui manque aux deux couples pour être heureux, en reprenant titre de la fiction ?

Il ne leur manque pas grand-chose. Ils sont heureux mais arrivent quand même à voir les trois, quatre nuages blancs pour un ciel pourtant bleu. Elle, guette le moment où elle va le mettre devant ses erreurs car elle l’a suivi à contrecœur en Province. Lui, s’accroche à ses espoirs, à ses rêves passés car beaucoup de choses ont changé en 25 ans. Le bonheur passe par des échecs. Quand je fais des visites sur Paris et que je me plante en ayant attendu des heures de découvrir quelque chose, il n y a pas de pain perdu et j’en retiendrai toujours quelque chose.

Ces deux couples créent-ils eux-mêmes des barrières les empêchant d’être épanouis dans leur existence ?

C’est très chrétien de ne pas se demander comment être heureux. On se sacrifie et je repense à ma mère, très pieuse, qui avait positionné une formule au-dessus de mon lit « Partout où il y a un foyer heureux, il y a une mère oublieuse de soi ». Quand vous vivez avec cette culpabilité, ça fait mal, même si j’adore ma mère. Il faut savoir se connaître et s’apprécier pour faire plaisir aux autres, sans être centré sur soi. C‘est en étant heureux que l’on fera du bien.

« Pour jouer, on n’invente rien, on se remémore nos souvenirs »

Votre couple, à l’écran, renvoie à celui de beaucoup de Français…

Oui, c’est volontaire et c’est quelque chose qu’il faut d’ailleurs conserver !

Comment avez-vous abordé les premières scènes avec la comédienne Magali Miniac, pour être crédibles dans le rôle d’un couple soudé et dans l’attente d’un enfant ?

Nous avons confronté nos vies. C’est de la combinaison, on n’invente rien. On a essayé de se remémorer nos souvenirs personnels et puis c’est notre métier. Quand on prend une balle dans le ventre au cinéma, l’arme n’est pas chargée.

Vous étiez déjà très ami avec le personnage de Mathias Mlekuz dans Le Triporteur de Belleville en 2005. Aviez-vous gardé des souvenirs en commun du tournage ?

C’est déjà notre quatrième collaboration après une comédie, L’américain, avec Thierry Lhermitte, et une série pour Canal+ : Kelif et Deutsch à la recherche d’un emploi. Nous sommes très proches, il est témoin de notre existence depuis pas mal de temps et cela marche très bien entre nous.

Seriez-vous partant pour une deuxième saison ?

Bien sûr mais pour beaucoup plus cher ! Il m’est arrivé de jouer des personnages 500 fois où j’ai eu la sensation d’avoir été au bout. Avec ce rôle, il y aurait plein d’autres sujets à aborder comme l’accueil de migrants, la fin des commerces de proximité, les déserts médicaux où différents points de vue pourraient s’affronter. Nous avons des pensées trompeuses car, concernant les déserts médicaux, Paris est plus touchée que la province. Dans cette série, il y a une opposition entre ce dont a rêvé mon personnage et la réalité du monde qui bouge. Elle pose aussi la question du temps qui passe. Le titre sonne aussi comme un chronomètre car tout avance.

« J’aime l’histoire car elle me rend complice de mon présent »

Vous avez effectué de nombreuses sorties sur la politique et votre intérêt pour la religion et la royauté. Êtes-vous un personnage d’une autre époque ?

Je suis bien plus passionné par l’histoire que par la politique car je ne parle politique que si l’on m’interroge et cela n’a de valeur que mon propre jugement, ça n’a pas matière à intéresser grand monde et je ne suis pas engagé. Je suis simplement réfléchi et j’essaie de voir dans quelle mesure la démocratie peut s’exercer au mieux. Ma passion pour l’histoire ne me rend pas obsolète car c’est mon présent qui me la fait aimer, l’observation de ce qui m’entoure. Quand vous voyez le tableau « La Joconde », vous le trouvez beau ou pas beau, mais en vous racontant tous les mystères et toute l’histoire l’entourant, tout d’un coup, il devient incroyable et la beauté, subjective, est dépassée par une autre dimension. J’aime l’histoire car elle me rend complice de mon présent.

Si beaucoup de personnes rêvent de se projeter dans le futur, vous seriez plus intéressé de voyager dans le passé…

Je ne ferais pas 20 mètres dans le passé car les gens ne me comprendraient pas, notre français actuel serait inaudible. En plus, il y avait des maladies, des guerres. L’époque d’aujourd’hui est paisible et davantage pacifiée malgré les drames actuels.

Passionné par l’histoire, vous avez accompagné Stéphane Bern fin mars dans Laissez-vous guider sur France 2. Allez-vous renouveler l’expérience ?

Oui car nous avions été notés qualitativement comme la meilleure émission de divertissement sur France 2 en 2018. La production a été contente et deux autres numéros ont été commandés. Je suis ravi de partager cela avec Stéphane, un partenaire très généreux, compétent, amusant et qualifié. Nous nous rejoignons sur plein de sujets historiques. Nous allons prochainement nous concentrer sur Paris et Lyon devrait-être dans le viseur. Les téléspectateurs sont toujours davantage intrigués par Paris même si Marseille est tout aussi méritante avec des trésors cachés passionnants. Il ne faut pas se priver de ce que nous avons sous les yeux et dénicher les trésors qui nous font face.


M6   SERIES  




comments powered by Disqus
 Le Buzz Toutelatele
 On vous recommande
Lorànt Deutsch (Laissez-vous guider) : « Avec Stéphane Bern, nous n'avons pas étudié l'Histoire, c'est une passion »
MacGyver (M6) : une saison 3 avec une remise en question pour Lucas Till
Prête à tout pour mes enfants (M6) : une histoire vraie dans la prostitution avec Lisa Martinek ?
 Dans l'actu

Equipe - Publicité - Recrutement - Contact - Mentions légales

Audiences TV : Médiamat-Médiamétrie - tous droits réservés Médiamétrie | Hébergement : Oxeva

©Toutelatele.com - tous droits réservés - 1998/2018