mercredi 30 octobre 2013 à 19:21 par

Maurane (Nouvelle Star 10) : « Je ne veux pas voir des moutons de Panurge ! »

La chanteuse Maurane a retrouvé son rôle de jurée dans la saison 10 de la Nouvelle Star, qui débute le 31 octobre à 20h50 sur D8, avec les traditionnels castings. Avec André Manoukian, Sinclair et Olivier Bas, elle a tranché parmi les 10 000 aspirants chanteurs qui se sont présentés à Marseille, Lyon, Paris et Bruxelles. La « maman des candidats » livre ses premières impressions sur cette saison 10, mais aussi sa vision de l’industrie musicale actuelle et ses rapports aux réseaux sociaux.

Maurane (Nouvelle Star 10) : « Je ne veux pas voir des moutons de Panurge ! »
©Darius Salimi/Wekapture/Abacapress 

Marion Olité : Dans quel état d’esprit avez-vous abordé cette saison 10 de Nouvelle Star ?

Maurane : Je ne l’ai pas du tout vécu comme l’année précédente. D’autres couleurs et émotions sont venues. C’est vraiment incomparable. Dans ma tête, dans mon cœur, j’ai reçu les choses tout à fait différemment.

Chaque année, une tendance musicale se dégage dans Nouvelle Star. Est-ce le cas cette saison ?

On perçoit ce que les gens écoutent. Les jeunes par exemple sont vraiment cultivés sur le plan musical grâce à internet. Ça va de Nina Simone aux BB Brunes en passant par des classiques de Georges Gershwin, « La Vie en rose » de Piaf... Je suis toujours étonnée, mais c’est vraiment sympa de voir autant de gens curieux de tout musicalement. Cette année, on a beaucoup entendu Asaf Avidan et Ed Sheeran. La différence des univers proposés m’a vraiment frappé.

Qu’est-ce qui vous séduit le plus dans Nouvelle Star ?

Le fait de ne pas se limiter aux primes, que les rencontres durent au-delà de Nouvelle Star. À chaque fois, je veux qu’il y ait une suite. L’année passée, Florian a fait la première partie de ma tournée par exemple. Plusieurs autres talents de la saison 9, Julie, Timothée et Charles-Henry, vont aussi venir sur scène durant mes concerts. Ce qui m’intéresse avec la Nouvelle Star, c’est l’après, car ils ont besoin d’aide à ce moment-là. Je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas non plus. J’y vais avec mes petits moyens. S’ils me demandent mon avis, je vais leur donner. S’ils ont besoin de moi, je suis là. Et puis, j’ai toujours en tête un jour de créer des ateliers ou une école pour transmettre ce que j’ai appris et les accompagner dans leur passion. Je sais que Sinclair et André ne veulent pas tellement rentrer dans l’affect. Moi, je suis une grande affective, comme Olivier Bas. Ça peut être dangereux, mais pour moi, l’affect est aussi important que le reste. D’ailleurs, les candidats de l’année dernière m’appelaient maman ! Je trouve ça très mignon.

« Il faut être de plus en plus vigilant, car le niveau est de plus en plus haut »

Que pensez-vous du niveau des candidats par rapport aux précédentes années ?

Il faut être de plus en plus vigilant, car le niveau est de plus en plus haut. À côté de ça, vous avez toujours les casseroles, les gens qui pensent vraiment avoir du talent. C’est très dur de trancher parfois. Certains chantent bien, mais ne nous déclenche rien. C’est terrible de devoir dire à quelqu’un : « Tu chantes bien, mais tu nous laisses froid » Cette saison, je peux vous dire qu’on a des identités fortes, et c’est tant mieux puisque c’est ce qu’on recherche.

Quel est le candidat idéal ?

Il doit avoir une voix. Elle peut ne pas être dans le volume. Certains chanteurs n’ont pas une voix chargée de décibels, mais ils dévoilent une vraie profondeur et de l’intensité en tant qu’interprète. La voix peut aussi être dans l’émotion. Après, ça se joue aussi dans l’attitude, la présence, le regard, une certaine gestuelle... Je veux voir une âme. C’est un tout de chanter pour moi. Évidemment, il faut quand même être un peu juste (rires) !

Partie 2 > Des débats houleux pour le choix des finalistes ?


Les débats ont-ils été houleux au théâtre ?

On s’est engueulé, mais il n’y a pas eu de blessés, je vous rassure (rires). C’est bien normal aussi, puisque nous n’avons pas les mêmes goûts, que ce soit avec Olivier ou Sinclair. Mais dans l’ensemble, on arrive à une certaine harmonie au moment des décisions. L’année dernière, je marchais un peu sur des œufs, je ne connaissais pas l’émission. J’ai eu moins peur du désaccord sur cette saison. Sur l’étape des castings, on vit ensemble des journées très denses. On voit une quarantaine de personnes. Parfois, ça va vite, mais on peut aussi s’arrêter une demi-heure sur le cas d’un candidat.

Avez-vous eu des regrets parfois sur des éliminations ?

Beaucoup moins que l’an dernier ! Cette saison, j’étais assez d’accord sur la façon dont on a tranché. Hormis une ou deux personnes, le résultat final (les dix sélectionnés pour le prime, ndlr) est celui que j’attendais. On était assez d’accord les uns avec les autres.

N’avez-vous pas eu peur de subir une déception comme Myriam en 2012 ?

Pour tout avouer, j’ai eu un problème de vue en fait l’année dernière ! On les écoute au théâtre, et on les choisit sur photo. J’ai fait une erreur en confondant Myriam avec une autre, car je suis astigmate. Je vois un peu flou. Il faut avoir des oreilles, mais aussi de bons yeux à Nouvelle Star. Cette année, j’ai mis des lunettes au théâtre !

Avez-vous reçu des consignes de la part de la production de Nouvelle Star ?

Je dirai de petites indications, très légères, mais la condition sine qua non de mon arrivée dans l’émission était de ne rien m’imposer. Les candidats sont assez libres aussi. La production impose seulement le cadre : une chanson a capella, une en français et une anglais, mais ce sont les candidats qui choisissent les titres. D’ailleurs, ils optent parfois pour le mauvais morceau.

« C’est redoutable pour les candidats, comme pour nous »

Quel est le moment de Nouvelle Star le plus compliqué à gérer pour vous ?

L’épreuve la plus difficile pour moi, c’est le théâtre. On se retrouve face à tous les gens choisis lors des castings. Il faut les départager en trois jours. Il y a plein de gens qu’on aime, mais on ne peut pas tous les garder. Le dernier jour est à la fois le plus excitant et celui que je déteste le plus. Il faut être efficace. Il faut trancher vite, on s’engueule... C’est redoutable pour eux comme pour nous.

Partie 3 > Quel ressenti sur son rôle de jury, et Twitter


Au contraire, quelle étape préférez-vous ?

Les primes, c’est du bonheur. On devient presque spectateur. On met des bleus, des rouges, mais on n’est pas là pour casser les gens. Les rouges que l’on met sont des rouges de « boost » pour dire : « Fais attention » ou « Là, c’était faux ». On n’est pas toujours tendre, mais on ne dit pas : « C’était nul ce que tu as fait  », à moins d’une catastrophe. Sur les primes, les gens se dévoilent. Ils passent à la télé, en direct et en public devant mille personnes. On peut avoir de bonnes, comme de mauvaises surprises. On n’est vraiment à l’abri de rien.

Apprend-on des choses sur soi en étant juré dans une émission comme Nouvelle Star ?

Oui. J’ai découvert que j’avais beaucoup de patience, que j’étais aussi très entière, mais ça, je l’ai toujours su. Je garde, malgré ma franchise, un souci de ménagement. Je ne suis désagréable qu’avec les gens qui se la pètent. Ne pas avoir de talent et se la péter, ça fait beaucoup ! Là, je ne fais pas de quartier. En revoyant certains castings de l’année dernière, je me suis trouvée un peu dure. On peut être intransigeant sans être obligé de casser. Je découvre aussi toutes les facettes de la télé que je ne connaissais pas : les discussions avec la production, s’exprimer de façon concise avec les candidats, aller dans une certaine efficacité, penser à ce qui pourrait accrocher les gens, pas seulement nous.

N’avez-vous pas pensé à un moment avoir déjà fait le tour de l’émission avec la saison passée ?

Non, pas du tout ! Il y a plein de choses à découvrir. Ce qui m’intéresse, c’est de reconnaître quelqu’un à partir du moment où il passe à la radio. Sophie Tith, par exemple, a la densité, la légèreté, la profondeur et l’élégance dans sa voix. On ressent un vécu alors qu’elle est toute jeune. Sophie qui passe à la radio, je la reconnaîtrai tout de suite. Beaucoup de chanteurs et de chanteuses se ressemblent, c’est très uniforme. Ça m’agace ce côté « fashion », tout le monde doit ressembler à tout le monde. Moi, je suis touchée par les gens qui ont de l’audace, qui apportent des choses différentes. Je ne veux pas voir des moutons de Panurge !

« Je me suis un peu calmée sur Twitter »

Comment gérez-vous les réactions autour de l’émission, très nombreuses sur le web et parfois violentes ?

Je suis bien présente sur les réseaux sociaux. On se fait beaucoup insulter, mais aussi chouchouter par les twittos et les facebookiens. Je sais que Sinclair et Manoukian ne veulent plus y aller. Olivier continue un peu. Il faut savoir que les gens se projettent sur les réseaux sociaux, donc vous avez le droit à tout. Il faut s’en foutre un peu, avoir du recul. Ça m’intéresse aussi de papoter avec les gens. Je ne me livre pas à 100% mais je suis assez liante. J’ai déjà répondu violemment, mais j’ai appris que ça ne servait à rien ! Je me suis un peu calmée sur Twitter. J’ai, par contre, fait une bêtise cet été en disant que je cherchais l’homme de ma vie ! Les journalistes, en manque d’info, se sont tous jetés dessus comme un seul homme (rires). C’était juste pour rire, je m’amuse aussi sur les réseaux sociaux. J’ai encore 12 ans dans ma tête !



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