dimanche 25 novembre 2012 à 12:00 par

Nathalie Drouaire (Numéro 23) : « Trouver de belles séries a été un vrai combat »

L’histoire de Nathalie Drouaire est digne des meilleures séries télévisées. Engagée à seulement 24 ans, sans expérience mais avec du bagout, pour acheter les séries de la nouvelle chaîne M6, la jeune femme multiplie les succès. X-Files, Ally McBeal ou encore Sex and the City, c’est elle. Après avoir rejoint Canal + en 2004 (Desperate Housewives, c’est elle aussi), elle quitte le domaine des achats de séries pour créer sa propre société Zen Productions. En 2010, elle devient consultante pour Fremantle, avant de se lancer en 2012 dans l’aventure Numéro 23.

Nathalie Drouaire (Numéro 23) : « Trouver de belles séries a été un vrai combat »
©Starface / Manuelle Toussaint 

Dans la nouvelle saison aux US, qu’aimeriez-vous dans le futur pouvoir programmer sur Numéro 23 ?

Les séries qui m’ont marqué récemment n’ont pas forcément leur place sur Numéro 23. Personnellement, j’adore Homeland. Mais pour l’instant dans la grille qu’on met en place pour le lancement de Numéro 23, on n’a eu les « must have » qu’on voulait avoir. Je suis contente des séries qu’on amène, qui traitent de problématiques liées à la diversité et qui sont vraiment des séries « premium ».

Vous allez proposer la série Community par salve de quatre épisodes. Il est toujours difficile pour les diffuseurs français de programmer des sitcoms au vu de la configuration de notre prime time. N’avez-vous tout de même pas envisagé la création d’un « carré sitcom » comme on peut le voir à l’étranger avec un enchainement de plusieurs comédies ?

On s’est posé la question et c’est vrai qu’on a eu envie d’oser, car personne n’a jamais enchainé des sitcoms en montant en puissance. Sachant que c’est quelque chose de très risqué, car il suffit que les téléspectateurs n’aiment pas une seule sitcom du bloc pour qu’ils zappent. Mais le problème dans notre cas est économique : en programmer plusieurs, cela signifie en acheter plusieurs, et on a des budgets qui sont à l’économie de la TNT pas encore initialisée nationalement. Après, pourquoi pas à terme. Mais Community est une série qu’on aime tellement, qui est formidable et qui a un tel potentiel qu’on s’est dit qu’avec quatre épisodes, les gens ne s’en lasseraient pas. Quand j’ai vu que mon fils de 10 ans était fan de la série, j’étais effarée ! Même si on ne doit pas rire aux mêmes répliques, ça montre bien que Community peut plaire à tout le monde. Et puis, cette série est en cours de diffusion de sa 4e saison, donc on a beaucoup d’épisodes en stock.

Aux États-Unis, Community a du mal à séduire un large public. Plus globalement, la diversité n’est-elle pas condamnée à ne pas faire d’audience ?

J’espère que non (rires) ! Pour Community, je ne pense pas que c’est son aspect « diversité » qui a provoqué ces audiences, mais plus l’adéquation avec la chaîne de diffusion, NBC, qui est un network traditionnel. Elle serait sur Showtime, elle aurait beaucoup plus de succès à mon sens. Elle est différente des autres, très intelligente et percutante, elle n’est pas conventionnelle. Et puis malgré ces audiences pas toujours formidables, elle reste à l’antenne, car elle est culte et emblématique pour beaucoup.

Côté séries, Numéro 23 débutera la diffusion de Community le 13 décembre prochain. Vous avez annoncé qu’aucune Version Multilingue n’était prévue, avant d’assurer que celle-ci arriverait en cours de route. Qu’en est-il vraiment ?

Community nous tient particulièrement à cœur. On a déjà extrêmement soigné les doublages. En 20 ans de carrière, j’ai travaillé sur beaucoup de doublages, comme ceux de X Files, Ally McBeal, Une Nounou d’enfer ou Desperate Housewives. Je me souviens même de la difficulté qu’on avait eue à trouver la bonne voix pour Mary-Alice afin de faire rentrer les téléspectateurs dans la « bulle magique » en début d’épisodes. Community, c’est un doublage auquel on a apporté une vraie attention, car on savait que la série était déjà culte chez les internautes, qu’ils l’avaient dévoré en version originale et que le doublage français serait regardé de très près. Pour ce qui est de la version sous-titrée, nous souhaitons pouvoir aussi l’offrir aux téléspectateurs, c’est en cours, nous travaillons dessus.

« Christophe Hondelatte est haut en couleur, c’est quelqu’un de bouillonnant, mais c’est aussi pour ça qu’on l’a choisi »

Prévoyez-vous d’investir dans la fiction française, voir dans des « scripted reality » ?

Pas pour l’instant. Pourquoi pas à un moment donné, mais ce n’est pas à l’ordre du jour. L’argent de nos productions va pour l’instant dans les magazines, talk-show et dans La 23e dimension.

Christophe Hondelatte n’en finit plus de faire le « buzz » entre une dispute lundi avec Dave sur Paris Première et un clash par médias interposés avec Cyril Hanouna. Ne regrettez-vous pas déjà de l’avoir choisi pour incarner votre talk-show de prime time ?

Non ! Christophe est haut en couleur, c’est quelqu’un de bouillonnant, mais c’est aussi pour ça qu’on l’a choisi, car il n’est pas dans la langue de bois. Entouré de sa bande de chroniqueurs, ça va déménager, au moins il va se passer quelque chose et on ne restera pas dans le politiquement correct. On est confiant et Christophe est à fond, il y met beaucoup de sa personne.

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NUMERO 23  




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