INTERVIEW
samedi 23 février 2013 à 17:02 par

Redha danse autour du monde

Redha danse autour du monde
©Escales 

Clément Gauthier : Comment en êtes-vous arrivé à participer à cette émission ?

Redha : Je suis auteur de l’émission. J’ai vraiment mené le projet depuis le début, il y a trois ans. Il était nécessaire que je connaisse le monde de l’audiovisuel donc j’ai fait un peu de réalisation, de comédie et bien sûr de la danse. J’ai décidé de prendre un cadreur avec moi et on est parti à Cuba pour faire un pilote autoproduit. Il a été ensuite revendu à plusieurs producteurs avant de terminer sur Escales. Les diffuseurs n’étaient pas vraiment prêts pour la danse, mais à travers ce reportage, on peut concilier ceux qui sont attirés par la danse et ceux qui le sont par les voyages. C’était un sacré challenge

Était-ce une suite logique à votre parcours ?

Plutôt oui. J’ai débuté par une pièce à Avignon, j’ai fait des cours-métrages et ai intégré une école de comédie. Pour voyager, j’ai sacrifié mes week-ends en travaillant comme fleuriste. Ça m’a permis de faire le tour du monde et d’élargir mon panorama. La danse est plus une passion qu’un métier.

Cuba est votre 2e destination. Que retenez-vous de ce voyage ?

Cuba commence à s’ouvrir au monde. Là-bas, la danse de rue est intrigante, il suffit de marcher pour le constater. Nous y sommes allés avec le réalisateur, sans préparer le terrain. Pour faire un documentaire de 52 minutes en deux semaines, sur la danse, sans fixeur sur place, ça demande beaucoup de savoir-faire. Je parle, par exemple, espagnol. Ça a facilité mon intégration à la population locale et ça m’a permis de me rapprocher pour leur dispenser des cours. La culture du pays m’est offerte. J’ai été impressionné par l’omniprésence de la musique et de la danse. Les jeunes dansent avec les vieux, tout le monde s’y met.

La danse est-elle un alibi pour découvrir de nouvelles cultures ?

Complètement ! Parmi toutes les émissions que l’on voit, par exemple Les nouveaux explorateurs, Explô ou Faut pas rêver, le thème seul permet de passer les frontières et de tout de suite se connecter avec les gens pour voir leur quotidien. J’essaie de ne pas rendre la danse excluante. Elle s’apprend comme un cours de cuisine à la télé. Même si nous ne sommes pas adeptes du concept de départ, on se laisse prendre au jeu. Comprendre l’histoire de la danse, la culture et à travers ça, les sources d’inspirations de la personne qui danse. L’Afrique du Sud, par exemple, est un pays où la danse est un moyen de contestation. Au Cameroun, c’est un moyen spirituel de se reconnecter avec les traditions. À Cuba, c’est un moyen social, de draguer. Chaque pays a son histoire à travers la danse.

« La danse c’est d’abord un outil de communication, c’est flasher sur la musique »

Avez-vous été marqué par une danse en particulier ?

J’ai bien aimé le riel dance, une danse des Khoisans, un des plus vieux peuples d’Afrique du Sud. C’est complètement dépaysant, car elle est accompagnée d’une sorte de musique Afrikan qui ressemble à de la country. Cette danse est l’ancêtre du Tap dance, voire de certains pas de salsa. Pour ma part, je n’ai pas spécialité. Je suis tenté par la nouveauté et la découverte.

Au cours de vos périples, avez-vous acquis de nouvelles spécificités liées à la danse ?

J’en apprends toujours. Danser, c’est comme les langues. Une fois qu’on a la grammaire et un peu de vocabulaire, on se perfectionne sans cesse. De la même manière, lorsqu’on sait danser en couple puis tout seul, on peut s’essayer à d’autres genres de danse. D’ailleurs, il n’y a pas 15 000 écoles, il y a l’école africaine comme socle de toute danse. Il y a des danses qui ont été totalement nouvelles pour moi, notamment celle du Cameroun, le Pinguiss. Je ne connaissais pas du tout, j’ai donc appris sur le tas sans m’être entraîné avant.

Auriez-vous aimé participer à une émission comme Danse avec les Stars ?

Pas du tout. Mon but est de promouvoir la danse et le documentaire, en passant par la télévision. J’ai comme objectif de démontrer que la danse est ouverte au plus grand nombre. Quand je regarde Danse avec les stars, je vois une performance, mais je n’arrive pas à me projeter. La danse c’est d’abord un outil de communication, c’est flasher sur la musique. Ce qui m’intéresse c’est une mère de famille qui galère entre son emploi et ses enfants et qui, le soir, pour se reconnecter avec elle-même, va faire du flamenco.


- Danse autour du Monde, dimanche 24 février à 20h30 sur Escales




  
 


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