dimanche 15 avril 2018 à 14:43 par

Richard Armitage (Berlin Station) : « Daniel Miller n’a rien d’un espion romantique à la Roger Moore »

Ce dimanche 15 avril, 13e Rue donne le coup d’envoi de Berlin Station, série mêlant espionnage et politique, dont les deux premières saisons seront programmées sans interruption. Pour l’occasion, Richard Armitage, interprète du héros Daniel Miller et célèbre pour avoir campé Thorin dans la trilogie du Hobbit, s’est entretenu avec Toutelatele. L’univers de l’espionnage, son parcours et les événements politiques dans le monde ont été évoqués.

Richard Armitage (Berlin Station) : « Daniel Miller n’a rien d’un espion romantique à la Roger Moore »
©DR 

Joshua Daguenet : Récemment, le public vous a retrouvé dans Hannibal, Alice, The Hobbit à travers des rôles secondaires. Vous êtes-vous préparé différemment pour ce rôle principal dans Berlin Station ?

Richard Armitage : Je garde les mêmes étapes pour construire un personnage. J’ai l’habitude de m’inspirer de la littérature et réfléchir à comment le faire grandir dès la lecture du scripte. Je regarde les premières photographies et écoute la bande-son. Ensuite, je visionne quelques films et m’en inspire et je m’organise de longs périples pour être prêt physiquement.

Pourquoi avoir choisi une fiction aussi réaliste après avoir participé à plusieurs univers fantastiques ?

Je souhaitais jouer dans un univers contemporain, qui se passe aujourd’hui avec une partie politique et une histoire intrigante et pertinente. J’ai été d’autant plus intéressé de jouer dans ce type de série que je ne l’avais pas fait auparavant. On peut voir comment en l’espace de quelques instants, la vie de tant de gens peut-être affectée. C’est un plaisir de prendre part à ce genre de fiction.

Dans Hannibal, vous avez incarné le Dragon Rouge, sous le nom de Francis Dolarhyde, un personnage torturé. Daniel Miller, dans la série, combat pour le bien mais il semble aussi avoir une double personnalité…

Oui, et possiblement plus que deux… Ce genre de personnes se demandent souvent s’ils doivent perdent leur loyauté à tout prix. Daniel, pour sa carrière, va devoir adopter plusieurs personnalités pour obtenir ses informations. Mais il va prendre le risque de se perdre lui-même.

Les séries d’espionnage sont peu fréquentes à la télévision. Pensez-vous qu’il est aventureux de produire ou de jouer dans ce genre de séries ?

Oui. Toute sorte de nouvelle histoire a de belles choses à offrir. Nous souhaitions présenter un groupe de personnes très ordinaires et non des super-héros, avec des compétences tout à fait classiques. Des personnes confrontées aux doutes et aux interrogations mais avec des conséquences extraordinaires.

« Cette série montre comment, en quelques instants, la vie de tant de personnes peut-être affectée »

Berlin Station traite de sujets modernes : Daesh, Wikileaks. Considérez-vous la comme une sorte de James Bond moderne ?

J’adore James Bond mais c’est une série de films très glamour avec une histoire raffinée et une vision très romantique de l’espionnage. Ian Fleming a écrit les aventures de James Bond dans un Monde qui n’a rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Maintenant, les gens forment une grande communauté où l’on correspond énormément. Cela ne peut-être une vision d’un seul homme qui sauve le Monde. Dans Berlin Station, il est question d’une équipe de gens très ordinaires dans un environnement ordinaire. Je ne pense pas non plus pouvoir comparer James Bond à Daniel Miller car il n’est pas vraiment un héros.

Malgré tout, Daniel Miller est un espion comme James Bond et il tombe amoureux d’une femme qui le trahit. Est-il plus proche de la froideur d’un Daniel Craig ou du romantisme de Roger Moore ?

Il n’est sûrement pas le romantique James Bond incarné par Roger Moore car Daniel est un homme pragmatique. Il est aussi vulnérable et on ne peut pas être sûr qu’il soit franc dans ses agissements. Il est plus proche de Daniel Craig.

Berlin Station est-elle davantage une série politique à la House of Cards ou alors une série d’action et de divertissement ?

Elle est davantage une série politique plutôt qu’une série d’action. On y retrouve des éléments dans chacun de ces registres mais la saison 1 autour de Thomas Shaw est particulièrement politisée.

Dans cette série, tous les personnages semblent bien seuls…

Oui, il y a une part de solitude dans chacun parce que s’ils travaillent dans une équipe, ils ont des trajectoires et un agenda différents. Et on peut voir dès le premier épisode, quand l’un d’eux se retrouve en grand danger, il n’y a rien à faire pour l’aider. On le voit seul et on voit rapidement qu’il faut être capable de se protéger soi car cet univers est aussi un univers d’égoïsme.

« L’élection de Trump et la montée de l’extrême-droite seront au centre de la saison 2 »

À la fin de la première saison, Thomas Shaw explique avoir ruiné la vie de beaucoup de personnes, que sa poursuite par la CIA a causé de nombreuses morts et de la destruction. Mais il a ajouté : « Nous savons tous que quelque chose ne va pas mais nous n’agissons pas ». Quelle est donc la morale ?

C’est un très bon discours. Daniel est totalement compréhensif vis-à-vis des agissements de Thomas Shaw parce qu’il a agi pour la vérité. Mais le prix de celle-ci est souvent la mort de beaucoup de personnes donc c’est une décision individuelle extrêmement dure à prendre. Daniel s’est dit que le peuple avait le droit de connaître cette vérité pour maintenir l’ordre et la sécurité de la nation.

Pourquoi avoir choisi, comme générique, le titre « I’m afraid of Americans » de David Bowie ?

David Bowie a une très forte histoire avec Berlin. Il a quitté la ville il y a un long moment et un des personnages de la série est inspiré de l’artiste. Je ne savais pas que cette musique serait utilisée pour le générique de début mais c’est un résumé intéressant de la série. Cela suggère le tout début d’une romantique et patriote vision de la présence américaine en Europe. Avoir un tel titre offre un véritable challenge et en fait un excellent choix de chanson.

À quoi doit-on s’attendre pour la deuxième saison ?

Nous allons évidemment parler de l’élection de Trump, mais aussi des élections en France et en Allemagne. La deuxième saison se concentre sur la montée de l’extrême-droite et plus particulièrement en Allemagne. Daniel va découvrir un complot monté à l’occasion de ces élections dans le contexte terroriste, qui complique sa mission.

À présent, préféreriez-vous continuer de pourchasser les rôles principaux ou plutôt de continuer les rôles secondaires dans des superproductions ?

J’aimerais faire les deux si j’ai le temps ! Je suis heureux de jouer dans ces rôles secondaires car je crois que ce sont de grosses responsabilités et ce sont des tournages très forts. J’aime avoir la possibilité de créer quelque chose d’inhabituel. Par exemple, dans Hannibal, ce rôle m’a permis de créer quelque chose d’inattendu.


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