jeudi 15 mai 2014 à 19:13 par

Sagamore Stévenin (Falco) « On a pu aller un peu plus loin avec cette saison 2 »

A l’occasion du lancement sur TF1 de la saison 2 de Falco, Sagamore Stévenin évoque ici son implication sur la série, ce personnage, qui l’habite. L’acteur revient également sur sa carrière, ses rôles marquants et ses envies.

Sagamore Stévenin (Falco) « On a pu aller un peu plus loin avec cette saison 2 »
©TF1 

Claire Varin : Vous aviez déclaré avoir eu du mal à quitter le personnage durant le tournage de la saison 1. A-t-il été simple de le retrouver ?

Sagamore Stévenin : Je n’ai même pas eu trop le temps de le perdre parce qu’on a vite enchaîné avec la saison 2. D’abord, avec l’investissement sur l’écriture. Après, c’est l’avantage et l’inconvénient : ça devient du h/24. On ne pense qu’à ça. J’ai été extrêmement connecté avec Alexandre Laurent, un des réalisateurs. On avait deux cerveaux qui fonctionnaient en même temps par rapport à la série. On rentre le soir, on ne pense qu’à la journée du lendemain. On se réveille dans la nuit avec une idée. C’est extrêmement intéressant et jouissif. On aiguise la lame au fur et à mesure et en permanence.

Vous auriez pu être simple interprète. Votre implication sur la série peut sembler étonnante...

Dès le départ, on a choisi de ne pas faire l’adaptation de la série allemande dans laquelle le coma est juste le pitch de départ qui amène sur de la comédie. Les réalisateurs ont vite compris que j’avais plus que des points communs avec le personnage. On a un parcours similaire, même si je n’ai pas fait 22 ans de coma. Après, c’est vrai qu’en règle générale, j’ai besoin de m’investir à fond dans ce que je fais. On essaye de faire en sorte que la série soit de mieux en mieux. Je pense aussi que la chaîne nous a fait un peu plus confiance parce qu’il y a eu le succès de la saison 1. On a pu aller un peu plus loin dans ce que l’on cherchait dans le ton du personnage et de la série en elle-même.

Quelle est la couleur de cette saison 2 ?

C’est un peu une descente aux enfers. Plus Falco se rapproche de la vérité, moins c’est facile pour lui. La dualité du personnage m’intéresse aussi. C’est quelqu’un qui a vraiment de l’empathie pour les gens, qu’ils soient victimes ou bourreaux. Il cherche à comprendre et a, en même temps, une espèce de violence en lui qui peut lui faire peur. Il a peut-être même plus souvent peur de lui-même que des autres. Il a des méthodes de flic à l’ancienne et parfois des pulsions violentes par rapport à l’injustice si bien que sa hiérarchie n’est pas toujours rassurée par ce qu’il fait. Mais je pense que c’est quelqu’un de profondément bon à l’intérieur, qui a besoin de s’ouvrir au monde pour lutter contre cette violence intérieure.

A-t-il fait le deuil de son couple ?

C’est une partie de l’enjeu de la saison 2. sur lequel j’ai un peu poussé. Je pense qu’il fait le deuil parce qu’il comprend que les gens ont fait leur vie, qu’ils peuvent aussi être heureux ensemble et qu’il n’est pas là pour vivre uniquement dans le passé. Il va même aider son ex-femme à recoller les morceaux avec le médecin légiste. Falco, c’est l’empathie et la bonté. Il fait le sacrifice d’une partie de lui pour ne pas aller empiéter sur le jardin des autres.

Jean-François Stévenin, votre père, apparaît dans un épisode de cette saison 2. Pensez-vous renouveler l’expérience avec vos frères et sœur ?

Si ça a un vrai sens, pourquoi pas. Après, il y a des gens avec qui j’ai envie de bosser. C’est un peu délicat parce que ça se boucle en 52 minutes. Alors, on essaie aussi de faire évoluer un peu le format pour que, parfois, ça puisse être une enquête sur deux épisodes. Depuis la diffusion de la saison 1, j’ai eu des messages de potes acteurs ou réalisateurs essentiellement de cinéma et assez connus, qui avaient envie de venir dans la série parce qu’ils avaient trouvé quelque chose de vraiment intéressant dans Falco. C’était un beau compliment.

« J’ai besoin de m’investir à fond dans ce que je fais »

Auriez-vous envie de réaliser un épisode de Falco ?

Je ne suis pas sûr d’avoir envie de devenir un Yves Rénier (rires). La réalisation me titille depuis longtemps. Mais je n’ai pas envie de jouer dans ce que je réalise. J’aime les acteurs et j’ai envie d’être concentré. Réalisateur est un métier très particulier où il faut aimer les gens et pouvoir les porter. Sur Falco, j’ai la chance de pouvoir être totalement impliqué. Mais je ne suis pas là pour être un réalisateur bis. Je suis respectueux de la place de chacun. J’ai besoin que le réalisateur m’emmène plus loin. C’est une émulsion générale. Donc, je ne suis pas sûr d’avoir envie de réaliser du Falco un jour.

Comment voyez-vous l’évolution de la série ?

Je me suis battu pour mettre des choses dans la saison 1 et puis ça ne rentrait pas. On a essayé de les mettre dans la saison 2. Et là, on attaque la saison 3 et j’espère que l’on pourra mettre des choses notamment sur le rapport aux autres, à la société, à la solitude des gens, qui m’intéressent. J’aimerais que Falco puisse être témoin de ça. Parce que ça fait partie des choses qui ont véritablement changé entre les années 90 et aujourd’hui. Dans les années 90, il y avait plus de solidarité. On faisait partie d’un même pays. On ne regardait pas les gens selon leur couleur, leur religion, etc. C’est un truc que Falco a du mal à comprendre.

Partie 2 > Son regard sur sa carrière

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- Falco, chaque jeudi à 20h55 sur TF1





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