Marie-Ange Casalta : « Enquête d’action a un ton que n’ont pas les autres magazines d’information »

Marie-Ange Casalta est un des visages qui compte chez W9. À la tête du magazine Enquête d’action qui ne cesse de surpasser la concurrence, la présentatrice aux multiples facettes accepte de se livrer sans concession et de revenir sur son parcours. Entretien.

Publié le vendredi 4 avril 2014 à 18:59
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Marie-Ange Casalta : « Enquête d’action a un ton que n’ont pas les autres magazines d’information »
©W9 

Clément Gauthier : Comment expliquez-vous le succès d’Enquête d’action que ce soit le vendredi, en inédit, ou le mardi en rediffusion sur W9 ?

Marie-Ange Casalta : Les chiffres sont très bons et chaque nouvelle saison est meilleure que la précédente. Avec la concurrence d’aujourd’hui, c’est un vrai challenge. On arrive à avoir des moyennes autour de 800 000 téléspectateurs. Le mardi, on fait mieux que 90’ Enquêtes qui est en inédit (sur TMC, ndlr). Comme c’est le magazine le plus ancien de la TNT, on a l’expérience et un réseau de journalistes que les autres n’ont pas. Et il n’y a pas de bon reportage sans un bon réseau. Et puis, on a aussi su se renouveler et évoluer avec, notamment, la séquence qui s’appelait Encore + d’action avec une partie décryptage en plateau. On reste fidèles au titre, à la promesse. Enquête d’action a un ton que n’ont pas les autres magazines d’information. Il y a un côté rentre-dedans, sans concession, et une indépendance et une liberté éditoriale rares à la télé.

Enquête d’action remporte effectivement un joli succès face à 90’ Enquêtes. Quelle est, selon vous, la différence fondamentale entre les deux magazines ?

C’est très rare en télévision de mettre deux magazines en face à face et qu’une rediffusion fonctionne mieux qu’un inédit concurrent. Le résultat est flagrant. Ça prouve que les équipes font du bon boulot et qu’il faut garder cette dynamique. Ce n’est pas non plus la guerre. On essaie de faire mieux que les autres en terme d’audiences, mais aussi en terme de qualité de reportage.

Avec 90’ Enquêtes, Au cœur de l’enquête, En quête d’actualité et donc Enquête d’action, le téléspectateur peut se sentir perdu. A-t-il été question de changer de titre pour vous démarquer encore plus ?

Les mots de notre titre ne sont pas là par hasard. C’est aussi la promesse de l’émission, car on suit les métiers qui sont au cœur de l’action. On a été le premier magazine de la TNT. On a installé une marque et créé un rendez-vous. La formule a bien marché et on a été un peu copiés. Il y a beaucoup de nouvelles émissions sur la TNT qui se sont inspirées de nous. J’aime bien dire qu’ils sont « en quête d’inspiration ».

Comment les thématiques dominantes sont-elles choisies ?

On travaille sous la direction de Jean-Marie Tricot, le rédacteur en chef de l’émission. On choisit tout ensemble, la rédaction et la chaîne. Cette dernière peut nous suggérer une thématique ou la réactualisation d’un sujet déjà exploité. On peut leur proposer des idées avec nos contacts et nos journalistes.

Enquête d’action avait été pointé du doigt en étant montré comme le recyclage d’Enquête Exclusive. Est-ce une solution, dans certains cas, de prendre un sujet d’une même chaîne pour le remanier ?

Au début de la TNT, il n’y avait pas de budget donc, les magazines se sont lancés de cette matière. W9 piochait dans les meilleurs reportages diffusés sur M6. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas. Ça nous arrive éventuellement de prendre des séquences d’un reportage d’Enquête Exclusive, ce qu’on appelle le « reboutiquage », pour les insérer dans un nouveau reportage. Mais il faut vraiment que la séquence soit très forte et très récente. Aujourd’hui, Enquête d’action est quasiment à 100 % en inédit. Et puis, les deux magazines n’ont plus la même ligne éditoriale : Enquête exclusive est plus portée sur l’international et Enquête d’action, sur la France.

« Enquête d’action a une indépendance et une liberté éditoriale rares à la télé »

Vous retrouvez-vous encore fréquemment sur le terrain ?

On a tourné l’émission sur le terrain pendant deux ans avec des séquences en immersion. On était à mi-chemin entre l’interview et le reportage. Pendant deux ans, j’ai vécu dans ma valise et aujourd’hui, on est revenus en plateau. Mais nous irons sur le terrain pour des émissions spéciales. On cherche toujours à se renouveler, même dans le traitement de l’information, dans la forme, dans la façon de filmer et dans l’écriture d’un reportage. C’est une évolution constante, tout en restant fidèle à la ligne éditoriale très précise de l’émission.

Un numéro d’Enquête d’action vous a-t-il laissé un souvenir particulier ?

En 2010, on avait fait une émission consacrée à la sécurité routière et, à l’époque, il y avait des intervenants en plateau, dont une maman qui avait perdu son fils adolescent dans un accident de la route, quelques mois auparavant. Au moment de commencer l’interview, trop émue et bouleversée, elle avait l’impression de ne pas être à sa place et qu’il y avait un côté voyeuriste. Elle ne voulait plus être interviewée. Elle était accompagnée par une dame d’une association qui l’a encouragée pour que des témoignages comme le sien servent. Du coup, elle a pris son courage à deux mains et elle l’a fait pour les autres enfants et adolescents. On était tous bouleversés sur le plateau. C’était triste et fort à la fois.

Partie 2 > Retour sur son parcours


Après plusieurs années d’Enquête d’Action, n’avez-vous jamais ressenti une quelconque lassitude ?

Je suis arrivée dans le groupe M6 en 2008. J’ai rejoint Enquête d’action en 2009. Je n’ai jamais pensé à arrêter, car c’est une émission qui se renouvelle constamment comme on suit l’actualité. C’est toujours aussi intéressant et enrichissant. Tant que je continuerais à apprendre des choses et qu’il y a aura de nouvelles informations à apporter au public, je le ferais avec plaisir.

Pourquoi C’est positif, le magazine d’information de l’été 2009 que vous avez présenté sur M6, n’est-il pas revenu à l’antenne ?

Il a été lancé comme un magazine d’été. On savait que ça n’allait pas durer. Ça aurait peut-être pu s’il avait fait un carton d’audience monumental.

En novembre dernier, vous avez soutenu, comme plusieurs animateurs du groupe M6, la semaine pour l’emploi des personnes handicapées, en rencontrant Christophe Durand, multimédaillé aux jeux paralympiques. Vous avez dit en voix off qu’il vous a donné une « leçon de vie ». Que retenez-vous de cette rencontre ?

C’était génial, car il avait du courage, de la détermination et de l’humour. C’était une très belle rencontre. En plus, tous les gens qui ont filmé la séquence, où j’ai joué au ping-pong avec lui, étaient handicapés des caméramans aux ingénieurs du son. J’étais la seule qui n’avait pas un handicap donc, ça m’a fait voir les choses différemment, avec une nouvelle perspective. Ils m’ont tous donné une leçon de vie. Humainement, la rencontre m’a bouleversée et l’expérience du déplacement en fauteuil a changé la vision que j’avais et m’a permis de l’expliquer à d’autres. Ça m’a vraiment sensibilisé.

Vous avez eu, au début de votre carrière, une expérience comme journaliste à CNN. En quoi cela vous aide t-il aujourd’hui ?

J’ai fait mon master de journalisme à New York. Ensuite, je suis revenue en France faire mon DESS de journalisme bilingue à Paris, à la Sorbonne. J’avais toujours cette volonté de travailler à l’étranger. Entre 20 et 30 ans, je ne pouvais pas concevoir ma jeunesse sans les voyages. Du coup, j’ai travaillé pour CNN à Miami dans les bureaux qui couvrent toute l’activité de la Floride. C’était incroyable, car CNN était mythique. Au départ, j’étais toute timide. Dans la façon de travailler aux États-Unis, même quand au début, on donne de grosses responsabilités. Ça passe ou ça casse et si vous n’êtes pas bon, on vous recale. On va vous donner votre indépendance et votre chance. On vous envoie sur le front. Je suis partie avec un cadreur en reportage au bout de deux mois. J’ai aussi travaillé à New York, à Amsterdam dans une agence de presse et j’ai touché à tous les médias. J’ai fait huit ans à l’étranger. C’était le prolongement naturel de mes études. J’ai aussi vécu en Thaïlande pendant quelques mois. Je suis partie enseigner l’anglais dans les orphelinats et j’ai travaillé dans les prisons pour femmes. Il faut saisir les opportunités.

« On ne peut pas tout faire dans la vie et parfois, il faut se consacrer à une seule chose à la fois »

N’êtes-vous pas tentée par la radio ?

J’ai travaillé pour tous les médias, sauf la radio, mais je suis encore jeune. Il ne faut jamais dire jamais. J’ai déjà eu une opportunité, mais ce n’était pas compatible avec mon emploi du temps de l’époque. Mais pourquoi pas, ça serait avec plaisir pour une émission d’actualité ou un magazine de société avec des interviews et du fond. Mais il faut prendre son temps. On ne peut pas tout faire dans la vie et parfois, il faut se consacrer à une seule chose à la fois.

Quels sont les projets de votre société de production, Avenue 14 ?

Je travaille sur des projets de documentaire qui me tiennent à cœur. Pour l’instant, ils ne sont pas signés ni vendus donc c’est trop tôt pour en parler. Ça avance et on travaille dur.

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