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Florence Chalom, co-fondatrice de MCE, Ma Chaine Etudiante

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Directeur de la publication
Publié le 12/07/2010 à 14:12 Mis à jour le 27/05/2022 à 00:42

En octobre 2009, le Paysage Audiovisuel Français a accueilli une nouvelle chaîne MCE. Derrière ces initiales se cachent Ma Chaine Etudiante, un projet initié dès 2008 par Philippe Marcoux et Florence Chalom. A l’occasion de son arrivée sur CanalSat (canal 175) en juin dernier, Toutelatele.com est parti à la rencontre de la Directrice de l’antenne et des productions, Florence Chalom. Aux côtés de Gérard Louvin ou encore de Julien Courbet, cette ancienne directrice commerciale a su faire ses armes en télévision, une de ses véritables passions.

Jérôme Roulet : Comment est venue l’idée de créer MCE, Ma Chaine Etudiante ?

Florence Chalom : Il y a sept ans, avec Philippe Marcoux, nous avons créé un master de production audiovisuelle au sein de l’ESG de Paris. Et nous nous sommes rendu compte que les étudiants et les parents étaient quelque peu perdus dans la jungle de l’orientation. À part les sites internet, rien n’existait comme média pouvant leur apporter un côté ludique et service, qui corresponde à leur statut d’étudiant. Dans un premier temps, on avait donc pensé à vendre des programmes aux grandes chaines, mais ce n’est pas aisé. Donc, j’ai pensé que le mieux était de voir plus grand en créant une chaine. Pendant deux ans, on a monté le projet, la grille et le financement...

Comment a été accueillie celle-ci à sa création ?

On a apparemment répondu à une demande, et c’est très positif. A travers des études Médiamétrie, on a pu découvrir que MCE était dans la première moitié des plus de 300 chaines du PAF. Nous sommes sur toutes les box ADSL. Cependant, dans ce milieu, il y a non seulement les étudiants, mais aussi leurs parents et le corps d’enseignants, qui ne sont pas forcement sur l’ADSL. Il fallait donc élargir notre périmètre, pour intéresser les annonceurs. Nous sommes donc sur le canal 175 de CanalSat depuis le 8 juin.

Que vous apporte concrètement votre arrivée sur le bouquet CanalSat ?

La visibilité est plus grande, donc CanalSat nous apporte l’élargissement de notre cible, et un intérêt plus important des annonceurs. C’était essentiel pour MCE qui ne vit que de la publicité ou du sponsoring. Nous touchons ainsi désormais 30 millions de téléspectateurs potentiels. Maintenant, notre cible doit être élargie, notre capacité d’audience doit être multipliée et nous allons être mesurés par les études Médiamétrie, adossés au satellite et au câble. Cela va rassurer les annonceurs et donner une autre dimension à la chaîne.

Une arrivée sur CanalSat est un grand espoir pour de nombreuses chaines. Était-ce un événement attendu depuis le lancement de MCE ?

A notre échelle, c’est un gros événement, et un énorme effort financier que nous faisons. La discussion a été très longue. On avait vu CanalSat au tout début avant le lancement de MCE. Ils étaient intéressés, mais monter sur CanalSat engendre un coût non négligeable. MCE est une chaine gratuite, proposée en non-exclusivité, et ne perçoit donc pas de redevance de leur part. Mais on s’est rendu compte que c’était nécessaire.

Cette nouvelle visibilité va-t-elle s’accompagner d’une évolution de la grille de programmes ?

La grille va évoluer à la rentrée. On va proposer plus de débats et de talk-show pour donner, encore plus, la parole aux étudiants. On a fait un test d’une émission de libre antenne en donnant la parole aux étudiants qui deviennent rédacteurs en chef et présentateurs. Isabelle Brès sera aux commandes d’une nouvelle émission de société. Laurent Artufel et Astrid Amon présenteront, quant à eux, un magazine sur la sexualité.

Divertissements, magazines, séries, films... On a l’impression que les programmes de MCE ont été pensés comme ceux d’une grande chaine hertzienne.

Notre souhait est d’être une mini-généraliste au service des étudiants. MCE n’est pas une chaine éducative, mais elle essaye ainsi de répondre à toutes les problématiques de la vie d’un lycée et d’un étudiant. Mais cela ne s’arrête pas là, sinon nous n’aurions pas longue vie. On doit proposer de nombreux programmes que les étudiants peuvent picorer. Car ils ne sont pas des téléspectateurs assidus comme peuvent l’être les ménagères de moins de 50 ans...

Vous annonciez, à votre lancement, quatre séries et un film par semaine. Allez-vous poursuive sur cette voie ?

Nous continuons la diffusion de films. On fait un peu moins d’achats de séries, que l’on compense cependant par des programmes courts réalisés par des étudiants. On sélectionne les meilleurs vidéos qu’ils nous proposent pour les diffuser sur le site internet et l’antenne de MCE. Ils ont ainsi une fenêtre ouverte. C’est encore un peu timide en France mais ça marche très bien aux États-Unis.


La Quotidienne, menée par Isabelle Brès, va-t-elle restée l’émission vitrine de MCE à la rentrée ?

Oui, mais elle sera entourée de bon nombre de nouveautés. Face aux jeunes, où les étudiants posent des questions sans langue de bois aux politiques, fonctionne très bien et va continuer. N’oublie pas ton passeport a également trouvé son public. Un étudiant est choisi pour s’envoler vers une destination à l’étranger. Pendant dix jours, on le suit à la rencontre de la culture du pays, des modes de vie, et des étudiants locaux...

Est-ce nécessaire de faire appel à des visages familiers du grand public pour séduire les jeunes ?

Oui c’est nécessaire. Il se trouve en plus qu’on a une certaine expérience en télé, et j’ai noué des amitiés avec certaines personnes. Je pense à Isabelle Brès ou Laurent Artufel. Ils se sont tout de suite impliqués. C’est important de faire porter des projets par des gens qui connaissent bien le métier. Il faut des professionnels, mais en même temps on veut aussi former de nouveaux animateurs. Quand des chroniqueurs sont bons, on les fait progresser, c’est aussi notre vocation.

Dans un paysage audiovisuel en pleine mutation, comment une chaine comme MCE peut vivre ?

Nous avons un budget de près de 4 millions d’euros, MCE ne dépend de personne et ne vit que de la publicité. On doit donc se battre. Il faut montrer aux écoles et universités, l’intérêt de travailler avec nous. On crée, entre autres, des partenariats et des visibilités. C’est important pour eux d’être présent sur une chaine qui défend les étudiants. La cible des 15/24 ans est également une cible d’avenir.

Au lancement de MCE vous avez indiqué que vous seriez candidate pour être sur la TNT. Est-ce toujours d’actualité ?

Être sur la TNT nous semble logique. MCE est aussi une chaine de service pour aider et orienter les étudiants. Après, on faire ça petit à petit, sans brûler les étapes. Montrons déjà que nous avons une utilité, essayons de trouver ce qu’on peut faire de mieux, et après, j’espère que les choses découleront d’elles-mêmes...

Dans votre DDP il est indiqué que MCE L’ambition de MCE est de devenir la première plate-forme d’échanges inter-universitaires de France et le média communautaire de référence des étudiants français. Est-ce le cas aujourd’hui ?

Ça en prend bien le pas. C’est un peu plus difficile avec les universités, car c’est un gros dinosaure. On ne désespère pas. Mais ce sera plus long, car plus institutionnel...

Avez-vous vocation, à terme, à être diffusé dans les Universités ?

Nous y travaillons actuellement. Mais chaque université est aujourd’hui indépendante donc c’est un travail de longue haleine.

Vous avez participé aux grandes heures des divertissements de TF1. Que retenez-vous de cette aventure ?

J’ai commencé tout en bas de l’échelle. Je suis du monde de la mode au départ, et je suis rentré chez Glem en tant que styliste. Puis ensuite, j’ai été assistante de production. C’est un métier que je ne connaissais pas et qui m’a passionné. Quand on est passionnée, on apprend vite. Gérard Louvin m’a donné cette opportunité. J’y ai rencontré Julien Courbet, je me suis occupé de Sans Aucun Doute etc... Quand Julien a créé Quai Sud, je l’ai rejoint avec plaisir pour produire ses émissions. J’ai beaucoup appris dans tous les domaines, et je continue d’apprendre tous les jours.