Juliette fait de la télé

mardi 19 octobre 2004 à 00:51 |
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« A la télé, ce qui est rouge aujourd’hui peut, avec la même conviction, devenir noir demain, vert après-demain et à nouveau rouge le surlendemain ». C’est ainsi que Catherine Sandner nous décrit les coulisses sulfureuses du petit monde de la production télé à travers son premier roman Juliette fait de la télé.

L’héroïne est chroniqueuse pour la région Alsace-Lorraine dans l’émission En avant la France, comprendre Douce France animée par Christine Bravo en 2002 et diffusée à 18h55 le samedi sur France 2.

300 pages qui vont droit au but. Etape par étape, Juliette nous fait partager son rêve, puis ses désillusions. La plume est légère comme celle d’une chroniqueuse, le verbe est corrosif et les images ciselées.

Le parcours de cette consultante en communication à la recherche du job de rêve est croustillant à souhait. Juliette passe par tous les états : euphorie, déception, doute, excitation, recul, le tout baigné d’un stress immense. Le lecteur se transforme en témoin privilégié des épreuves de casting, de la pêche aux sujets « scotchants », du cirque des réunions de rédac’, du relookage, des ambiances de tournage chauffées à blanc, des coups bas, en bref on se retrouve corps et âme plongés dans l’infantilisme ambiant. L’animatrice vedette, Catherine Lambert, nom donné à Christine Bravo dans l’ouvrage, est entourée d’une équipe de production gratinée, des êtres vils, injustes et irrespectueux à quelques exceptions près.

Notre Juliette bourrée de complexes, pleine de volonté et pourvue d’une bonne dose de talent travaille d’arrache pied dans ce bocal moribond et s’en sort plutôt bien. Chroniqueuse préférée des français, elle se rend indispensable et coiffe l’équipage au poteau par une pirouette. L’émission ne sera pas reconduite, peu l’importe, elle attend un bébé, sous entendu il y a une vie après la télé, celle qu’on appelle la vraie vie, celle des vivants loin de la télé !

L’auteur se confond à Juliette et le jeu de miroir est finement mis au point, tantôt autobiographique tantôt photographique. La fresque sociétale à travers le regard de Juliette est pertinente, elle laisse planer le doute entre réalité et fiction mais éclaire brillamment l’envers du décor. On sent à chaque page que le récit part bien du vécu avec toute l’ironie d’un « toute ressemblance avec la réalité serait fortuite ».

Icare est tombé de haut en volant trop près du soleil, retenez l’image car elle est aussi criante de vérité pour les pérégrinations de Juliette au pays de la boîte de Pandore. Avec le roman de Catherine Sandner, on vous aura prévenu, la télé c’est beaucoup de peine dans un monde de brutes ou comme le dit si bien le titre du dernier chapitre emprunté à un film de Lelouch : « Tout ça pour ça » ! Des heures de travail, une remise en question permanente pour quelques minutes d’antenne, de trac dans une infinie course à l’audimat. Finalement Juliette quittera le navire à temps !




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