Éric Naulleau (Ça balance à Paris) : « Avec Zemmour, on ne marche pas sur des œufs, on les écrase »

Dix jours après avoir inauguré la 9e saison de Zemmour & Naulleau, Éric Naulleau entame la 15e saison du talk-show de Paris Première, Ça balance sur Paris, ce samedi 13 octobre à 19h40. Pour Toutelatele, l’animateur et chroniqueur a évoqué sa liberté de parole, son association avec Eric Zemmour et celle, toute neuve, avec Cyril Hanouna sur C8.

Publié le vendredi 12 octobre 2018 à 16:15
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Éric Naulleau (Ça balance à Paris) : « Avec Zemmour, on ne marche pas sur des œufs, on les écrase »
©Capture Paris Première 

Joshua Daguenet : Ça balance à Paris entre déjà dans sa 15e saison. Quelles sont vos attentes pour cette nouvelle rentrée ?

Éric Naulleau : Elles sont très égoïstes car je m’attends à prendre autant de plaisir pour cette saison que les précédentes. J’ai un rapport affectif très particulier à cette émission car j’y ai débuté à la télévision en tant que chroniqueur puis animateur. J’espère que ce plaisir sera communicatif car il y a des téléspectateurs très attachés à l’émission, aux chroniqueurs et au principe de la critique libre.

Hormis Camille Diao, les nouveaux chroniqueurs travaillant à la radio officient pour Radio France. Pourquoi avoir autant recruté dans le service public ?

Le recrutement vient d’horizons assez divers. On a un petit jeune, Guillaume Benech, Eric Neuhoff qui vient de la presse écrite... Nous avons essayé de varier les profils, les âges, les parcours et les expériences à la télévision pour avoir une confrontation de points de vue. Entre les piliers qui restent et les entrants, tout va se passer harmonieusement.

La littérature et le cinéma vous tiennent particulièrement à cœur. Quels livres et films consommés dernièrement conseillerez-vous ?

J’ai lu pas mal de livres étonnants dont « Lehman Brothers » de Stefano Massini. Il raconte la crise économique suite à l’effondrement de la banque mais non pas par le petit prisme journalistique mais en narrant toute la saga des Lehman, des Allemands immigrés aux Etats-Unis en 1844. L’auteur choisit une forme variant entre le poème et le roman. Pour la littérature française, j’ai lu « François, portrait d’un absent » de Michael Ferrier. C’est une évocation par l’auteur de l’un de ses amis mort noyé sur une plage exotique et c’est l’un des plus beaux morceaux de la langue française que j’ai pu lire en cette rentrée. Côté films, je n’ai pas d’illumination particulière.

« Quand vous n’êtes pas corseté ni formaté, la lassitude ne s’installe pas »

Zemmour & Naulleau a entamé, quant à elle, sa huitième saison sur Paris Première. Quelles sont les clés d’une telle longévité ?

La liberté de ton est l’explication principale. Quand vous n’êtes pas corseté ni formaté, la lassitude ne s’installe pas. Ce qui est lassant est de devoir tenir des discours convenus, politiquement correct où l’on marche sur des œufs. Dans Ça balance à Paris et Zemmour & Naulleau, on a plus tendance à écraser les œufs qu’à marcher dessus.

Est-ce plus facile de parler librement de culture plutôt que d’actualité chaude et de politique ?

Non et c’est l’un des grands paradoxes que j’ai découvert. C’est plus difficile de parler librement de culture que de politique. C’est un milieu beaucoup plus violent où les gens sont habitués à être traités uniquement sous le mode promotionnel alors qu’en politique, ils ont l’habitude de prendre des coups et ils ont le cuir très épais. Dans le milieu culturel, ils supportent mal la critique et vous le font savoir en vous rendant la monnaie de votre pièce dès qu’ils en ont l’occasion.

Vous avez échangé avec Hapsatou Sy sur Éric Zemmour avant le clash dans Les Terriens du samedi. Avez-vous envisagé une telle polémique entre eux deux sur le plateau ?

Hapsatou Sy a fait exactement tout le contraire de ce que je préconisais. Donc, la première conclusion que je tire de cet épisode est que je suis un coach lamentable. Et non, je n’imaginais pas qu’il se passerait un tel événement sur le plateau. Ce qui est un peu dommage est que le livre d’Éric est beaucoup plus stimulant et moins caricatural que ça. Après, je suis en total désaccord avec ce qu’a dit Zemmour sur cette histoire de prénom. Je le lui ai dit en privé et en public donc je n’ai aucun problème à le redire.

« Je m’attends toujours à ce que Charles Consigny traduise au fur-et-à-mesure les propos de Christine Angot »

Vous tournez les deux émissions de Paris Première en une journée. Chroniqueur le matin et animateur l’après-midi, quel rôle vous sied davantage ?

J’ai longtemps été animateur de Zemmour & Naulleau et c’est très difficile d’animer et débattre à la fois. Paris Première a trouvé la solution de mettre l’animatrice Anaïs Bouton entre nous et je préfère comme ça. Nous avons un rôle de co-animateur, l’émission porte notre nom donc notre statut avec Zemmour est intermédiaire entre chroniqueur et animateur.

Après Ça balance à Paris, vous voici dans Balance ton post sur C8. Vous n’allez pas de sitôt effacer l’image du sniper acquise dans On n’est pas couché...

Sniper un jour, sniper toujours... Dans Balance ton post, je ne suis pas vraiment sniper. Les débats sont sérieux mais pas gratuits. La plupart ayant été mis en scène correspondent à des vrais sujets de société même si le tout est à la sauce Hanouna et qu’on ne reste pas une heure sur chacun des sujets.

Vous pensiez il y a encore deux, trois ans, être chroniqueur pour Cyril Hanouna ?

Je conçois la vie comme une suite de surprises. Il était étonnant qu’un dirigeant d’une petite maison d’édition de littérature se retrouve dans On n’est pas couché. J’ai sorti il y a quelques mois un livre sur la littérature et le football et on m’a dit qu’il était étonnant d’être passionné par ces deux domaines. Ce qui importe pour moi est le contact humain. Je suis ami avec Cyril depuis plusieurs années et j’ai beaucoup d’admiration pour sa technique d’animateur et son succès car Touche pas à mon poste, que l’on aime ou pas, est l’un des plus fulgurantes réussites de ces dernières années. À partir de là, je ne me pose pas de question et je saute dans le bateau.

Vous aviez défini Christine Angot comme « une langue étrangère ». Son association à Charles Consigny chez Laurent Ruquier, lui a-t-elle, à vos yeux, apporté quelques touches de français ?

Je m’attends toujours à ce que Charles Consigny traduise au fur-et-à-mesure les propos de Christine Angot. J’ai cru qu’ils avaient engagé un interprète mais apparemment c’est un autre chroniqueur. Et bien je continue à subir la langue étrangère de Christine Angot, à l’oral comme à l’écrit. Je suppose que les études « angotiques » vont se développer et qu’il y aura de plus en plus de gens pour nous traduire ce qu’elle essaie de nous dire. Mais il faut patienter, c’est comme les hiéroglyphes, il a fallu attendre Champollion donc peut-être, qu’un jour, un Champollion du XXIe siècle percera les secrets des hiéroglyphes de Christine Angot. J’attends toujours...

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