(Historique) Le Grand Journal annulé : pourquoi le challenge sera compliqué pour Canal+

Publié le mardi 7 juillet 2015 à 18:45
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(Historique) Le Grand Journal annulé : pourquoi le challenge sera compliqué pour Canal+
©C+ 

Avant que Le Grand Journal n’investisse l’antenne de Canal + à la rentrée 2004, la chaîne cryptée connaissait des difficultés à attirer les téléspectateurs dans le créneau stratégique 19 heures - 20 heures. Alors que l’émission incarnée par Antoine de Caunes a été annulée, retour sur l’histoire de l’access en clair de la chaine cryptée.

Nulle part ailleurs : un succès qui s’érode

Janvier 1999. Déjà plus d’un an et demi que Philippe Gildas a quitté le navire Nulle part ailleurs et l’émission tient bon. Prenant la relève en septembre 1997, Guillaume Durand assure l’animation avec un succès certain. Sur les six premiers mois de l’année 1999, le programme affiche encore 1.4 million de fidèles et 7.4% du public présent devant son petit écran pour la seconde partie de l’émission.

À l’issue de ces deux années de collaboration, Guillaume Durand est poussé vers la sortie. Nagui le remplace au pied levé dès le mois de septembre et démarre sur les chapeaux de roue : 8.8% de part de marché pour sa première semaine à l’antenne (1.3 million de téléspectateurs pour la seconde partie), le record de l’émission depuis le début de l’année. Fin décembre, le premier bilan est positif : l’émission gagne quelques dizaines de milliers de fidèles et grappille 0.2 point de part d’audience.

Les premiers mois de l’année 2000 marque toutefois un certain décrochage pour Nagui et la seconde partie de Nulle part ailleurs : les semaines sous les 7% de part de marché (voir parfois 6%) se succèdent et la moyenne globale du programme est à la baisse. Plus symbolique encore, la barre du million n’est plus toujours franchie. Fin juin, le bilan est bien moins positif pour Nagui : de janvier à juin, la seconde partie de Nulle part ailleurs séduit 6.5% du public (-0.9 point sur un an) et 1.2 million de fidèles (- 200 000 curieux) avec un dernier mois à 5.8%.

Exit Nagui, Nulle part ailleurs connaît une nouvelle formule avec Thierry Dugeon, Philippe Vandel et Emmanuelle Gaume. La rentrée est difficile : seulement 1.1 million de curieux pour la première semaine (moyenne de la première partie), soit 6.1% du public. Les semaines suivantes marquent une notable désaffection du public : la part de marché s’écroule, passant de 5.7%, puis 4.7%, à 4.4% en octobre. Après seulement trois mois, tout est à revoir  : Emmanuelle Gaume est remerciée, Philippe Vandel part sur la musique à 18h40. « L’an dernier avec Nagui, nous avions une moyenne de 5,7 % de parts de marché. Un point de moins avec la nouvelle formule, c’est trop » indique alors Alain De Greef, directeur général de la chaîne. Les aménagements de la chaîne sont à peine récompensés : la première partie accroche à nouveau le million de fidèles et les 5% de part d’audience.

Les audiences mitigées et l’arrivée d’un nouveau directeur des programmes, Alexandre Drubigny, en février 2001, provoquent la fin de Nulle part ailleurs. Dès le mois de mai, l’émission disparaît, remplacée par une série de best of.

Maurad, Chain, Giordano : les échecs s’accumulent

Septembre 2001. Après l’annulation brutale de Nulle part ailleurs en juin, suite à l’usure certaine du programme (audience en baisse de -30% sur les trois dernières années), Canal + revoit complètement sa grille des programmes en lançant deux nouvelles émissions : « + de cinéma », remplaçant du journal du cinéma, porté par Isabelle Giordano, puis à 20h10, un jeu animé par Alain Chabat, Burger Quiz.

Dès le départ, les résultats sont désastreux pour le magazine de cinéma. De son côté, Burger Quiz réalise une bonne première semaine à 1.4 million de curieux et 7.3% du public, puis 7.6% la semaine suivante. Une diffusion chaotique vient alors perturber le jeu d’Alain Chabat : pas moins de cinq numéros passent à la trappe en trois semaines suite à des programmations évènementielles. De retour à plein temps en octobre et en novembre, Burger Quiz est retombé à 6% de part de marché. De son côté, le magazine de cinéma est revu entièrement après seulement deux mois : Isabelle Giordano s’en va. Quelques semaines plus tard, Les Simpson seront rappelés à l’antenne.

Partie 2 > Maurad, Chain et Bern avant Le Grand Journal

La saison 2001/2002 se poursuit sans faire de vague : Burger Quiz est jugé trop irrégulier, passant de 4% à 6% selon les semaines. Le mois de mai et juin signent finalement l’arrêt du jeu, avec moins de 4% du public... Entre temps, le nouveau directeur des programmes Alexandre Drubigny est déjà reparti.

Démarre alors une longue traversée du désert et un enchaînement de déceptions pour la chaîne cryptée. En septembre 2002, l’Hyper Show de Fréderic Beigbeder faut son apparition entre 19 heures et 20h30. Dès sa première semaine de diffusion, le rejet du public est cinglant : tout juste un peu plus de 400 000 téléspectateurs sont au rendez-vous, soit 2.9% de part de marché. Le tout va en s’aggravant, avec 2.1% la semaine suivante. En octobre, le programme est totalement déserté : entre 1.4% et 1.6% de part d’audience pour à peine 200 000 curieux.

Alarmée par ces résultats, Canal + réagit rapidement. Fin novembre, Hyper Show passe à la trappe au profit de Maurad contre le reste du monde. Produit par Nagui, cette nouvelle proposition ne fait pas beaucoup mieux : 400 000 fidèles pour la première semaine (2.5%). Le public n’est pas convaincu et disparaît en quelques jours : en janvier et février 2003, les tréfonds de l’audience sont atteints avec 1.2% de part d’audience hebdomadaire et 200 000 aficionados.

La patience du canal 4 de la télévision a ses limites : début mars, Maurad prend la porte. Canal + n’a plus d’autres choix que de programmer des rediffusions de séries américaines. Spin City est appelée à la rescousse et les audiences remontent légèrement : entre 2 et 4% de part d’audience tout le reste de la saison.

Après une saison marquée par une série de revers, Canal + est forcée de revoir sa copie. Pour 2003/2004, la chaîne cryptée lance encore deux nouveaux programmes : Merci pour l’info, par Emmanuel Chain, en première partie de l’access, suivi de 20 heures 10 pétantes animé par Stéphane Bern. Cette seconde proposition est un succès immédiat, au plus grand bonheur de la chaîne : dès la rentrée, 1.5 million de curieux sont au rendez-vous, soit jusqu’à près de 7% de part de marché.

Juste avant, le bilan est un peu moins flatteur pour Merci pour l’info. Après un lancement moyen (639 000 curieux pour la première, 4.1% du public), le rendez-vous d’info ne parvient pas à gagner du terrain. Au mois d’octobre, l’émission est toutefois stable toutes les semaines à 3.8% de part de marché.

Après quatre premiers mois très mitigés, la chaîne cryptée renouvelle sa confiance en Merci pour l’info avec une reconduction jusqu’à la fin de la saison. Début 2004, la sanction est difficile à digérer pour Canal + : seuls 500 000 curieux sont au rendez-vous pour la première semaine de l’année, soit 2.7% du public. Le printemps approche et rien ne change : Merci pour l’info dépasse désormais difficilement la barre des 3% de part de marché. Canal + fait finalement état de sa décision : Emmanuel Chain est remercié.

20h10 pétantes et Grand Journal : trois années pour retrouver un succès

Le 30 août 2004, pour remplacer Merci pour l’info à 18h50, Michel Denisot est appelé à la rescousse. À l’époque, l’animateur n’est pas encore épaulé par Ariane Massenet, mais entouré de Isabelle Morini-Bosc, Laurent Weil, Mademoiselle Agnès, Yann Barthès, Guy Birenbaum et Frédérique Bel pour sa « minute blonde ».

Le lancement du Grand Journal n’est pas un succès immédiat. Lors de sa première semaine de diffusion, seuls 600 000 curieux assistent aux chroniques de l’équipe, soit 4.1% du public présent devant son petit écran. Les semaines suivantes, les audiences sont même en baisse avec successivement 3.8%, 3.4% et 3.3% de part de marché. Tout au long du mois d’octobre, les résultats restent mitigés avec moins de 4% de part d’audience. À partir du mois de novembre, les choses s’accélèrent légèrement : Le Grand journal rassemble désormais près de 800 000 adeptes et dépasse les 5% en décembre.

Démarre ainsi la progression continue du Grand Journal, qui trouve son meilleur niveau au moment de son premier festival de Cannes.

La fin du règne du Grand Journal

Huit ans plus tard, en 2013, l’émission connaît une véritable érosion, qui précipite le départ de Michel Denisot. En septembre 2013, Antoine de Caunes a repris le flambeaut, avec une formule revisitée. Malgré les arrivées successives de Natacha Polony, Monsieur Pouple, le Gorafi ou Connasse, Le Grand journal a été freiné au carrefour de l’access, pris entre deux feux, avec à sa gauche Cyril Hanouna et Touche pas à mon poste (D8), et à sa droite Anne-Sophie Lapix et C à vous (France 5).

Alors qu’Antoine de Caunes avait assuré qu’il serait de retour en septembre 2015 pour sa troisième saison du Grand journal, la direction Vivendi, et celle de Canal+, ont pris une décision plus radicale et inattendue. Alors que les rumeurs prévoyaient l’arrêt des Guignols de l’info, le vaisseau amiral est annulé, pour une refonte en bonne et due forme de l’access. Le vendredi 26 juin 2015, Antoine de Caunes n’a pas dit au revoir, mais adieu au public du Grand journal, sans même le savoir. En première partie, Serge Moati était parmi ses invités. Devant la télévision, 843 000 téléspectateurs ont répondu présents, pour 5.9% du public. Juste après 20 heures, PEF et Agnès Varda se sont installés autour de la table, en compagnie seulement de 485 000 irréductibles, et 2.8% de part de marché.

Au vu de la difficile succession de Nulle part ailleurs, le chantier ouvert sur Canal+ reste pour le moins incertain.

Article publié pour la première fois en 2013, mis à jour au 7 juillet 2015

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