Julien Benedetto (Télématin) : « Les polémiques ont été très exagérées sur l’ambiance en coulisses et en plateau »

Julien Benedetto et Karine Baste-Régis sont en charge des journaux de Télématin. Le journaliste, interrogé par Toutelatele, a notamment dégonflé les nombreuses polémiques ayant entaché le magazine. [L’interview a été réalisée avant la crise du Covid-19]

Publié le mercredi 17 juin 2020 à 06:46
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Julien Benedetto (Télématin) :  « Les polémiques ont été très exagérées sur l’ambiance en coulisses et en plateau »
©Capture France 2 

Joshua Daguenet : Comment se déroule votre début de matinée aux commandes des JT de Télématin ? ?

Julien Benedetto : J’arrive à la rédaction autour de 4 heures du matin. Après une première conférence de rédaction et la confection des conducteurs, nous engageons une course-contre-la-montre entre 4 heures et 9 heures, le dernier journal. Après le premier journal de 7 heures, je remonte immédiatement à mon bureau avec l’ensemble de l’équipe éditoriale afin de peaufiner le journal suivant. L’activité est très intense.

Comment évolue le contenu du journal de 7 heures à 9 heures ?

La moitié du journal est identique, mais nous essayons de placer des informations supplémentaires avant de diversifier les demi-heures. Le public de Télématin change à 80% par demi-heure. Chaque fois que je présente un journal différent, l’immense majorité des téléspectateurs n’étaient pas présents lors de l’édition précédente. Nous donnons les mêmes informations, mais nous pouvons changer l’ordre des conducteurs. Notre réseau sur France 3 et les Outre-mer nous permet de pouvoir compter sur des reportages réalisés en région.

Doit-on considérer la matinale de Télématin comme étant une matinale d’information, au même titre que les éditions de BFMTV, CNews, LCI… ?

Télématin n’est pas une matinale d’information, mais une marque qui a construit sa spécificité sur la complicité entre la partie information et la partie production. Je reçois beaucoup de commentaires sur le fait que les gens voient en Télématin une émission différente. Ce n’est pas un robinet d’infos. Ils aiment les journaux toutes les demi-heures, mais aussi les chroniques et les visages auxquels ils sont habitués afin d’approfondir un sujet avec les chroniqueurs qui ont leur spécialité.

« Je mentirais en affirmant que je ne surveille pas les audiences »

Aucune chaîne ne menace réellement le leadership de France 2 avec Télématin sur le public âgé de 4 ans et plus. Quels sont les ingrédients qui apportent tant de succès à cette recette ?

Pour moi, c’est la complémentarité entre les journaux et la partie production, animation, chroniques. Les gens adorent avoir leur point de repère, à savoir les journaux toutes les trente minutes, et les chroniques habituelles que sont le cinéma, le sport, la culture, les sciences, la médecine. Ce mélange est le secret de la réussite de Télématin. Mais aussi l’ambiance sur le plateau, à savoir ce que William Leymergie a réussi à faire pendant des années. Dans un style différent, Laurent Bignolas et Damien Thévenot parviennent à mettre à l’aise les présentateurs de journaux et les chroniqueurs. Le ton est bienveillant.

La bonne ambiance a pourtant été fustigée par différentes polémiques et les départs de nombreux chroniqueurs et journalistes ces derniers mois. Tout cela a-t-il perturbé la mécanique ?

Télématin est composé de deux entités : la partie production et la partie infos dont je fais partie avec Karine Baste-Régis. Elle et moi ne sommes pas concernés par ce qui se passe du côté de la production même si nous sommes au courant des soucis qu’il y a pu avoir. Ce que j’ai lu et entendu est très exagéré par rapport à ce qui se passe en réalité dans les coulisses et sur le plateau. Je constate une ambiance bon-enfant, une ambiance de travail constructive. Je ne nie pas les soucis entre certains chroniqueurs et la direction, en tout cas de mon côté, je peux assurer que tout est exagéré.

À l’intérieur des audiences de Télématin, scrutez-vous particulièrement les performances enregistrées par les journaux ?

Je mentirais en affirmant que je ne surveille pas les audiences qui sont toujours une indication intéressante. Après, la qualité de l’audience des journaux de Télématin dépend de l’image et de la force de frappe du magazine. J’ai conscience de présenter les journaux de l’émission la plus regardée en France tous les matins. Avec Karine Baste-Régis, nous sommes fiers d’être à la tête de ces journaux. À 8 heures, nous attirons un million de téléspectateurs et nous frôlons les 30% de part de marché pour tous les journaux entre 7 heures et 9 heures. La fidélité du public est incontestable.

« La fidélité du public à Télématin est incontestable »

Avec Karine Baste-Régis, vous vous partagez les six éditions proposées le matin sur France 2. Symboliquement, est-ce un petit plus d’incarner les journaux de chaque heure plutôt que ceux des demi-heures ?

Franchement non. Ce n’est pas un enjeu entre Karine et moi. Nous avons été choisis par la direction pour présenter les journaux en alternance entre 6h30 et 9 heures, mais nous sommes de la même équipe. Nous avons une très belle relation professionnelle.

Votre appétence pour le sport est très importante. Le matin est l’occasion de rapporter les résultats de la veille ou de la nuit. Quelle place, selon le vous, a le sport dans une matinale d’information ?

En tant que sportif assidu, je fais en sorte qu’il y ait un maximum de sport dans les journaux que je présente. Nous avons mis en place depuis plusieurs années dans le journal de 8 heures une page sport d’une minute à la fin de l’édition. Chaque matin, un chroniqueur spécialisé traite de l’actualité sportive. Nous nous appuyons également sur la chronique sport de 6h45. Ma ligne est claire : tant que je serai là, il y aura du sport dans les journaux, car c’est un phénomène de société. Je serai toujours attentif à ce que ce soit présent sans traiter uniquement l’aspect résultats. Ce qui est important est le côté sociétal, raconter des histoires, véhiculer les valeurs. J’étais aux sports-études étant gamin, et le sport fait partie de ma vie. Je fais en sorte que ça se sente quand je présente les journaux.

Vous avez révélé dans Ça commence aujourd’hui avoir présenté un peu alcoolisé un journal du 25 décembre. Travailler ainsi en décalé : est-ce pour tous les âges ?

(Rires). Dans cette formidable émission, j’ai précisé que j’avais travaillé le jour de Noël, et la veille, j’avais réveillonné en famille comme chaque année. Je n’ai évidemment pas présenté le journal en étant alcoolisé, cela a été repris et amplifié, ce que je regrette. Que vous ayez 15 ans, 30 ans, 45 ans ou 60 ans, quand vous mettez votre réveil à 4 heures du matin, c’est extrêmement éprouvant pour votre corps. Quand j’ai été titularisé à Télématin fin août, reprendre ce rythme a été difficile durant les premières semaines. Peu à peu, mon corps s’est habitué et depuis début janvier, j’encaisse mieux. Il faut trouver un rythme et le garder.

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