La saga 2007 > La télé de l’enfer (6/7)

Publié le dimanche 19 août 2007 à 00:56
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©TF1/F2/Direct8 

Cinq ans après la première saga de l’été, qui racontait l’histoire de la télévision des années 80 à nos jours, Joseph Agostini revient sur ces cinq dernières années cathodiques, entre guerres d’audience et nouvelles tendances.

Le 18 août 2002, dans la petite ville de Castres, c’est la stupeur. L’enfant du pays, ex-animateur de Matin Bonheur, Lionel Cassan vient de se donner la mort. Depuis 1994 et son licenciement de France 2, Lionel Cassan n’avait jamais fait de retour sur une chaîne hertzienne, comme il l’espérait tant. Et, en 1999, c’est avec dépit qu’il finit par accepter de rejoindre Club télé achat, une chaîne du câble, tout en étant le « speaker » attitré du cabaret « Chez Michou ».

Lionel Cassan a ainsi rejoint Jacqueline Huet, qui, comme lui, avait fait ses débuts en tant que speakerine à la télévision. Après avoir vanté les mérites de la marque Vivagel (Vivagel, bien sûr !) celle-ci s’était également suicidée, en 1986, en laissant un dernier mot près de la baignoire où on la trouva inanimée : « Les vedettes de la télévision sans projecteur pour les éclairer sont comme des canards sans tête qui continuent de marcher ». Alors, est-ce vrai que la télévision est si indispensable à ceux qui, un jour, ont connu la gloire ? Bien sûr, Jacqueline Huet et Lionel Cassan sont les terribles incarnations de cette tragédie, mais la loi de l’audience et des tendances continue de faire déchoir animateurs, producteurs et journalistes.

Dans son livre, Le bal des faux culs, Jean-Marc Morandini confiait, en 2004, qu’il passait ses journées à se goinfrer de nutella pour compenser le manque provoqué par la fin de Tout est possible, qu’il animait sur TF1, jusqu’en 1997. Avant de présenter la matinale de Chérie FM, Morandini était bien en peine d’imaginer pouvoir rebondir, Etienne Mougeotte lui ayant bien fait comprendre que sa réputation après Tout est possible était franchement impossible à assumer. Sûr que Jean-Marc Morandini devait alors penser aux Danièle Gilbert, Jean-Claude Bourret, Isabelle Duhamel, eux aussi victimes de leur image au point de ne plus accéder à l’antenne, ou alors seulement en tant que « fermière people » pour la première.

Cette même année 2004, les téléspectateurs éberlués ont ainsi vu cette chère Danièle, devenir la meilleure amie de la chèvre de La Ferme Célébrités, après avoir témoigné (Danièle a elle aussi écrit beaucoup de livres) de l’injustice dont elle était la victime innocente depuis 1981. D’ailleurs, les programmes de télé réalité ont été, ces cinq dernières années, une excellente manière pour les S.E.F (Sans Emission Fixe) de revenir dans l’esprit du public. Il n’y a pas que Danièle Gilbert qui s’en est rendue compte, loin s’en faut !

Ainsi, Philippe Risoli, évincé du Juste Prix en 2001, a été l’une des stars les plus en vues de La Ferme Célébrités en 2005. Il accepta sans se faire prier de revenir sur la chaîne qui l’avait licencié pour une partie de jeux dans les champs en précisant bien qu’il espérait faire son grand retour sur TF1 dans « un divertissement de première partie de soirée, où il pourrait donner libre cours à ses talents de chanteur et d’animateur ». Depuis, rien évidemment ne laisse penser que ce fameux come back s’effectuera, mais, faut-il le rappeler, l’espoir fait vivre Danièle Gilbert depuis 26 ans. Philippe Risoli a de la marge, d’autant qu’une arrivée sur Direct 8 pourrait être envisagée, dans les mois ou les années qui viennent. Dans le royaume cathodique, la règle admise est celle énoncée par La Fontaine dans Les animaux malades de la peste : « Selon que vous soyez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ».


En 2004, lorsqu’elle fait une arrivée assez inattendue sur France 3, Valérie Benaïm dit se faire surnommer « Madame Non » par TF1, chaîne qui l’employait depuis 1999. En effet, la belle affirme alors avoir refusé la plupart des émissions que la chaîne privée lui proposait, L’île de la tentation au premier chef. Souriante, elle confie attendre beaucoup de France 3, une chaîne où elle se sent écoutée et considérée à sa juste valeur. La suite des événements viendra secouer Madame Non, dont les deux émissions, diffusées à la mi-journée, s’arrêteront l’une après l’autre (J’y vais, j’y vais pas et Jules et les filles) à un an d’intervalle, avec des audiences aussi basses que le tunnel sous la Manche (8% de part de marché).

Valérie Bénaïm, la dame convoitée d’autrefois, est elle aussi tombée sur la case « Passez son tour » au grand jeu de l’oie télé. Malgré les jolis scores de La grande illusion, le divertissement à base de caméras cachées qu’elle anime épisodiquement sur France 3, elle s’est laissée distancée par les Virginie, Flavie et autres Alessandra sur le champ de bataille des guerrières... Même Vanessa Dolmen, la Miss Intervilles, pourrait avancer plus rapidement qu’elle sur le damier cathodique.

Il n’y a pas que pour Valérie Payet, ex animatrice de Nulle part ailleurs sur Canal + devenue présentatrice du Loto, que l’on peut parler d’« erreur de casting »... En 2006, c’est branle bas de combat à France 2. Patrick de Carolis veut casser les habitudes des téléspectateurs et proposer de la nouveauté dans le domaine des variétés. Daniela Lumbroso se voit ainsi mise à l’écart de La fête de la musique, une émission qu’elle présentait chaque année depuis 2002. En lieu et place, France 2 consacre Anthony Kavanagh, le comique canadien jusque là grand adepte des NRJ Music Awards de TF1. Malgré l’audience décevante de La fête de la musique cette année-là, France 2 ne s’arrête pas en chemin et propose à son nouveau poulain deux émissions de divertissement : Dancing show et Symphonic show. L’audience, elle non plus, ne s’arrête pas en chemin et poursuit sa dégringolade ! Kavanagh est loin d’être le show man rêvé par un de Carolis bouillant de colère. Au final, le comique, anéanti par la débâcle, a lui-même décidé « de retrouver la scène et d’abandonner les plateaux télés ».

« On ne refait jamais rien parce qu’on ne vit qu’une fois » répondit, en 2003, Patrick Sabatier à un journaliste de Technikart, qui lui demandait s’il souhaitait « changer quelque chose » dans sa carrière. L’animateur star des années 80, licencié par TF1 en 1992, a résumé en une phrase ce que Danièle Gilbert s’acharne à ne pas comprendre. Pour ceux qui tentent par tous les moyens de « revenir » à l’écran, comme si leur image était devenue un prolongement d’eux-mêmes, la fin pourra bien être sordide...

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