Laurent Gerra balance... et flingue !

À 40 ans, Laurent Gerra a déjà accompli son rêve. Comme Dean Martin ou Henri Salvador, le voici sur scène avec un véritable orchestre de 20 musiciens. Pour son retour à l’Olympia et la sortie DVD de son spectacle, Ça balance !, Laurent Gerra se souvient de ses débuts, de son goût pour la musique et, bien entendu, flingue la télé ! Rencontre avec l’imitateur préféré des français.

Publié le vendredi 12 décembre 2008 à 14:26
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Laurent Gerra balance... et flingue !
©SCORCELLETTI / GAMMA 

Alexandre Raveleau : Ce 12 décembre, vous remontez sur la scène de l’Olympia avec le spectacle anniversaire de vos « deux fois 20 ans ». Du simple piano, vous voici maintenant avec un orchestre complet. N’avez-vous donc plus aucune limite ?

Laurent Gerra : C’est le rêve d’une vie, le spectacle dont je suis le plus fier. J’ai une jouet magnifique derrière moi : Fred Manoukian et les 20 musiciens de son Big Band ! Même les chanteurs ne prennent plus autant de monde. Moi, je voulais revenir à la base de notre métier : la grande tradition du music-hall. Faire comme Henri Salvador, Dean Martin... sans aucune prétention de leur arriver à la cheville.

Ca balance ! a déjà fait l’objet d’un DVD. Que peut-on découvrir sur les bonus ?

J’ai surtout voulu mettre l’accent sur la genèse du spectacle. Pour vous donner un exemple, j’ai longtemps hésité pour le premier sketch. Je voulais faire Polnareff... Et puis un jour avant la première, à Rouen, j’ai dit à Fred qu’on ne pouvait entrer en scène juste avec une perruque. Ça faisait patronage. Avec cet orchestre, il me fallait faire une entrée à la Dean Martin... J’ai réfléchi toute la nuit, et m’est venu l’idée de la chanson de Gilbert Bécaud « Et maintenant », reprise par Sinatra. Et en une journée, c’était fait !

À 40 ans, vous avez donc réalisé votre rêve. Et après ?

Je fais confiance à la vie. Comme disait Clint Eastwood : « Le hasard a toujours été le moteur de ma vie ». Et puis j’ai de la marge. Je peux encore rajouter des choristes et des violons ! (rires)

Vous avez toujours chanté dans vos spectacles. Quel est votre répertoire favori ?

Avec les cuivres qui pètent, la chanson « Noir c’est noir » de Johnny est parfaite. Dans un autre registre, j’aime aussi faire « Vieille canaille ». Grâce à l’orchestre, les imitations sont beaucoup plus précises. On peut vraiment retrouver la véritable couleur de la musique.

Où avez-vous appris à chanter ?

Pour dire la vérité, j’ai un défaut de fabrication : d’après mon ORL, j’ai les cordes vocales asymétriques... Je remercie mes parents de m’avoir conçu rapidement, et d’avoir du coup bâclé un peu les cordes vocales (rires) ! Et puis, j’adore chanter ! J’écoute toujours un disque en me levant. Ma vie s’est construite au fil des chansons.

Mise à part la chanson, il y a un sujet que vous aimez particulièrement maltraiter : la télévision.

Je tape beaucoup moins maintenant. En même temps, vous avez vu Qui peut battre Benjamin Castaldi ? Faut pas avoir peur ! (rires). Ardisson, c’est pas pareil, tout le monde s’en fout ! Personne ne le regarde...

... Il battait encore récemment son record d’audience sur Canal+ !

Ah oui ? Ils étaient trois spectateurs ? Et puis maintenant que Fogiel fait de la radio, ça va un peu mieux. Au moins, je ne paie plus ma redevance pour voir ces gueules-là. Par contre, je la paie toujours pour le Jour du Seigneur ! (rires) On ne respecte pas les athées !

Malgré ce florilège de critiques, aimez-vous quand même la télévision ?

J’adore ça ! J’ai été bercé par elle. Quand j’étais petit, je regardais plus souvent la télévision que je n’allais au sport, ce qui avait le don d’énerver mes parents. Je déplore son utilisation parfois un peu contradictoire. Aujourd’hui, vous pouvez recevoir plus de 300 chaînes. Dans le lot, il y a bien quelques belles tentatives, notamment Sacha Guitry à 20h30.


Le grand public a fait votre connaissance aux côtés de Jacques Martin sur Antenne 2. Quel souvenir en gardez-vous ?

J’étais fan du Petit Rapporteur. Et puis j’adorais Jacques. Il était extrêmement cultivé, chose qui est assez rare de nos jours. Il avait en plus un vrai sens de la dérision. Apprendre mon métier avec quelqu’un comme lui, il ne pouvait rien m’arriver de mieux.

Avec Michel Drucker et Studio Gabriel, l’humeur était-elle autant à l’autodérision ?

Justement, j’ai découvert un Michel Drucker qui avait beaucoup d’humour, et surtout beaucoup de recul sur son métier. J’étais très surpris au début. J’en parlais d’ailleurs encore avec lui récemment, il nous a laissés une telle liberté (avec Virginie Lemoine, ndlr). Je lui dois aussi beaucoup. J’ai vraiment fait à la télévision un parcours avec les gens que j’admirais le plus.

La radio a également une place importante chez vous...

Oui dans ma cuisine et ma salle de bain ! (rires)

... dans votre parcours professionnel.

Je suis très fier de travailler pour RTL, la première radio de France, et de faire partie des Grosses Têtes, l’émission que j’écoutais plus jeune. La radio a cela de magique qu’elle nous permet de travailler sur l’imaginaire des auditeurs. Alors qu’en télévision, il faut tout déballer, l’impact est quasi automatique en radio. Et depuis l’invention du transistor, elle est portable, alors on suit les gens toute la journée ! Contrairement aux téléspectateurs qui sont obligés de rester devant le petit écran. Encore que ça dépend des émissions ! (rires)

Où vous sentez-vous le plus libre ?

La scène est un exutoire. Sans prétention, je pense que nous sommes un peu les « portes-paroles de la connerie », c’est-à-dire qu’on dit les conneries à la place des gens. A RTL, même s’il y a bien quelques grincements de dents, notamment avec la religion, j’ai la chance d’avoir une liberté totale.

Quelles sont vos limites ?

1 mètre 50... (rires) Plus sérieusement, il faut rester drôle. Toujours. J’ai parfois du mal à rire avec la mort ou la maladie par exemple. En revanche, on peut aborder des quantités de sujets, même s’il est rare qu’une blague plaise à tous les publics en même temps.

Et « On ne peut pas plaire à tout le monde »...

... comme disait le grand penseur du siècle ! (rires)

Comment avez-vous vécu la récente Aventure inattendue avec Patrick Sabatier sur France 2 ?

C’est très sincèrement l’un de mes plus beaux souvenirs de télévision. J’ai vécu des moments extraordinaires, très émouvants, une accumulation de plaisir. En plus, je n’étais au courant de rien, ce qui n’est pas franchement dans mes habitudes pour ceux qui me connaissent. Patrick (Sabatier, ndlr) était très bien. Je suis d’ailleurs très heureux qu’il ait retrouvé une place dans le petit écran. J’ai toujours dit que c’était quelqu’un de brillant.

Sur internet, un média dont vous n’êtes a priori pas très friand, on dit beaucoup de choses sur vous. Parmi les rumeurs, vous auriez imité les personnages de la Petite maison dans la prairie quand vous étiez enfant. Info ou intox ?

Faux. Je ne l’ai jamais fait ! Par contre ce qui est vrai c’est que, comme tout le monde, je coupais le son pour dire des horreurs à la place des personnages. Une autre fausse information : je ne suis pas né à Bourg-en-Bresse, mais à Mézériat !

Entre l’Olympia, le DVD, RTL et la sortie d’un nouveau Lucky Luke, où est passée votre année sabbatique ?

J’ai finalement fait une année Sabatier ! (rires) J’ai quand même pris huit mois. C’est bien non ? Il faut que je vous avoue que j’avais envie de revenir. J’aime bien les vacances, mais là j’avais fait du ski partout dans le monde...

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