Noah Wyle (Flynn Carson et les nouveaux aventuriers) : « Je rêve de réaliser un épisode de Mad Men »

samedi 14 mars 2015 à 18:51 |
Turner

D’ores et déjà renouvelée pour une saison 2, la série américaine « Flynn Carson et les nouveaux aventuriers » arrive en France ce 14 mars à 2050 sur Syfy. À cette occasion, Toutelatele est parti à la rencontre de Noah Wyle, acteur bien connu du grand public pour avoir incarné pendant plus de dix ans le docteur John Carter dans la série culte « Urgences ».

Tony Cotte : Il y a sept ans, à l’issue du tournage du troisième téléfilm The Librarians (devenue une série rebaptisée Flynn Carson et les nouveaux aventuriers en France), saviez-vous que la franchise allait se poursuivre ?

Noah Wyle : J’espérais faire d’autres téléfilms, en continuant le rythme d’un tournage tous les deux ans. Mais ça a été une succession de malchances : la chaîne [TNT, ndlr.] a perdu les droits d’adaptation au profit de l’auteur d’origine. Pendant six ans, il y a eu d’âpres négociations car cette personne ne voulait pas travailler avec nous. Nous sommes finalement venus à un accord, mais la question s’est posée de la fidélité d’un public après toutes ces années… Entre-temps, la politique du diffuseur a changé et le mot d’ordre depuis est de favoriser les séries et non plus les projets unitaires. Quand une version hebdomadaire a été évoquée, j’étais toujours sous contrat pour faire Falling Skies. Autant dire que je ne m’attendais pas à incarner Flynn Carsen [patronyme du héros dans la version originale, ndlr.] à nouveau.

Le tournage de cette nouvelle version a lieu à Portland, dans l’Oregon. C’est un choix inhabituel pour une production télévisuelle…

Les mesures incitatives pour le développement de la production audiovisuelle dans cet État sont très intéressantes : il n’y a aucune taxe sur la vente de matériel et on peut tourner gratuitement dans n’importe quel espace public. Il n’y a pas de grandes structures, mais les équipes de production sont talentueuses et travaillent de manière artisanale. C’est vraiment un bon endroit pour produire de la fiction.

« Je ne m’attendais pas à incarner ce héros à nouveau »

Sous les traits de Flynn Carsen, vous effectuez de nombreux déplacements, tout en vous exprimant. On est loin d’un jeu plus classique avec un comédien placé préalablement sur une croix au sol…

Si je restais immobile, la série perdrait son aspect loufoque. J’essaie vraiment de faire de mon personnage une boule d’énergie en perpétuel mouvement. Cet humour est plus adapté à la série ; le public apprécie car il y a toujours un élément qui bouge dans le cadre. J’ai récemment regardé Will & Grace et j’ai retrouvé cette forme de comique, à la différence de Friends où les personnages sont statiques et où tout est basé sur les répliques.

Falling Skies avait recours à des incrustations pour divers éléments. Flynn Carson et les nouveaux aventuriers semble, elle aussi, faire souvent appel à des fonds verts. Est-ce un challenge en tant qu’acteur ?

Au début, c’est assez effrayant. On a l’impression d’être totalement ridicule à l’idée de réagir face à un élément invisible, d’autant plus quand vous êtes dans une pièce remplie de personnes qui vous scrutent. Mais plus on le fait, plus on gagne en assurance. On finit même par prendre du plaisir. C’est finalement un merveilleux sentiment de contrôle car mes mouvements définissent ceux de l’élément rajouté.

Quel a été, à ce jour, votre plus grand défi en tant qu’acteur ?

[Il réfléchit.] C’est une question difficile. Instinctivement, je pense à des conditions de tournage peu évidentes, comme dans le désert avec la chaleur ou, à l’inverse, en plein froid dans un hélicoptère. Mais je crois que le plus grand défi relevé dans ma carrière a été cette année, pour la dernière saison de Falling Skies. J’ai endossé pour la première fois le rôle de réalisateur, le temps d’un épisode dans lequel je jouais. J’ai adoré.

Etre soi même interprète aide-t-il à diriger ses partenaires ?

Vingt-cinq ans d’expériences sur les plateaux de tournage, vingt-cinq années à observer les réalisateurs, leurs cadres, leur façon de mettre en scène les comédiens et celle de parler à leur équipe… Je pense que c’est un avantage. J’ai observé toutes ces choses et elles sont revenues quand j’ai pris cette place.

Partie 2 > La fin de Falling Skies et la reconduction de Flynn Carson


Quel metteur en scène êtes-vous ?

Je pense être dans l’empathie, mais aussi très énergique. Si je reste debout toute la journée, j’attends que les gens qui travaillent avec moi en fassent autant. Ma façon de travailler est peut-être exténuante, mais elle est particulièrement efficace et j’ai le double de plans que ce qui est nécessaire. C’est une façon d’être rassuré une fois en salle de montage. Ce rythme est primordial pour la cadence d’un tournage en télévision, à l’inverse du cinéma.

Pour quelle sériez rêveriez-vous de réaliser un épisode ?

[Il réfléchit.] Je dirais Mad men. Je crois que l’exercice serait différent car il y a moins de pubs à l’antenne d’AMC [diffuseur de la série, ndlr.]. C’est une structure en quatre actes, tandis que Falling Skies est en cinq actes.

« Si je reste debout toute la journée, j’attends que les gens qui travaillent avec moi en fassent autant. »

Le nombre d’actes a-t-il un lien avec la difficulté à réaliser un épisode ?

Falling Skies a des épisodes de 42 minutes, mais on ne peut jamais prévoir la durée exacte d’un acte. Vous construisez votre épisode en fonction d’eux, sans savoir précisément quand sera la coupure publicitaire au moment du tournage. C’est très difficile à anticiper. Il arrive donc de se tromper. Vous devez alors couper en plein milieu de scènes pour entrer dans le temps imparti et ça a forcément des conséquences sur le rythme. C’est un exercice très délicat.

Le 12 février dernier, Flynn Carson et les nouveaux aventuriers a été renouvelée pour une nouvelle salve d’épisodes. Dans cette industrie où rien n’est assuré, comment vit-on une telle annonce ?

J’étais évidemment heureux, mais surpris également. Je sais que c’est une très bonne série, mais je doutais qu’elle puisse trouver aussi rapidement son public. La preuve que des téléspectateurs souhaitent juste être divertis, sans que cela implique de l’horreur ou de l’émotion à l’extrême. Nos fidèles veulent juste prendre du plaisir avec quelque chose de léger et d’un peu absurde, généralement en famille.

Cet été, l’ultime saison de Falling Skies sera diffusée. Etes-vous satisfait de sa conclusion ?

Je suis content que la série s’arrête à ce stade puisque ça a été en partie ma décision. J’ai eu l’impression qu’en termes de narration, nous avions exploité ce qu’il fallait. Plus aurait été trop. Après, il y a plusieurs choses sur lesquelles j’aurai toujours une certaine frustration : la série n’a jamais pu exploiter tout son potentiel et ce, à plusieurs niveaux. Il y a eu trop de personnages différents au fil des saisons et cinq showrunners en cinq ans. Falling Skies n’a pas eu de vraie identité. Mais la série est restée populaire tout au long de son existence. C’est, en soi, un accomplissement et j’en suis fier.

Est-ce vrai que vous aviez à l’origine accepté Falling Skies dans le but de rester sur TNT et poursuivre l’aventure The Librarians ?

J’espérais poursuivre ma collaboration avec Michael Wright, à la tête de la chaîne à l’époque, en vue, effectivement, de garder la franchise en vie. Mais ce n’était pas vraiment la raison pour laquelle j’ai accepté. Au lancement de Falling Skies, les négociations pour les droits de The Librarians ne donnaient rien d’encourageant. Il s’agissait avant tout de rester fidèle à TNT avec laquelle j’ai d’excellentes relations.

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