Thomas Chagnaud (producteur, TF1 Productions) : « 50’Inside a eu plusieurs vies en dix ans. Sa longévité est remarquable en soi »

50’Inside est né le samedi 4 novembre 2006 sur TF1. Après des débuts difficiles, le magazine a su s’imposer et a célébré ses dix ans sur la grille de la chaîne privée en 2016. Leader chaque semaine, l’émission a changé de formule au cours de son existence. Thomas Chagnaud, producteur chez TF1 Productions, revient pour Toutelatele sur les grandes étapes de la vie de 50’Inside.

Publié le vendredi 18 novembre 2016 à 17:00
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Thomas Chagnaud (producteur, TF1 Productions) : « 50’Inside a eu plusieurs vies en dix ans. Sa longévité est remarquable en soi »
©TF1 

Benjamin Lopes : Quelle analyse avez-vous de l’évolution de 50’ Inside sur TF1 durant ces dix dernières années en tant que producteur ?

Thomas Chagnaud : J’ai connu 50’Inside au début, car je suis arrivé chez TF1 en février 2007. À l’époque de Charles Villeuneuve, j’ai été très rapidement mis sur ce magazine au moment où il pouvait s’arrêter chaque semaine. Cette émission a eu plusieurs vies en dix ans. Sa longévité est remarquable en soi. On reste parmi les magazines d’access les plus puissants à la télévision. 50’Inside a su s’adapter. Le programme est né en 2006 à l’époque de l’émergence de la presse people, avec la création de Public, Closer... L’intuition de la direction de TF1 à l’époque était d’aller dans cette direction en télévision. Ça a constitué la première période du magazine avec l’adaptation de cette presse people pour la télé. Même si le démarrage a été plus compliqué que ce que l’on imaginait, on a su trouver très vite le tempo et le contenu qui a fait que l’émission a su s’imposer.

Quand avez-vous décidé d’amorcer un virage dans la ligne éditoriale de 50’Inside ?

À l’époque, le magazine était très people dans tout ce que ce terme signifie. On était sur la vie privée, sur ce qui faisait les unes de Closer par exemple. C’était parfois un peu « border » et ça a fait le succès de 50’Inside durant cinq ans. Et puis, la presse people a commencé à décliner. Nous faisions encore de très hauts scores, mais on voyait les audiences se tasser et on sentait qu’il y avait un virage à prendre. J’ai alors souhaité faire évoluer cette émission vers un autre positionnement, qu’elle a encore aujourd’hui, c’est-à-dire haut de gamme, un peu dépeopolisé. Il fallait qu’on devienne le rendez-vous des personnalités au sens large. C’est la deuxième vie de 50’Inside. On l’a reconstruite, on l’a séquencé avec par exemple le portrait en 5 dates qui est devenu un des moments forts de l’émission. C’est d’ailleurs un des moyens qui nous permet de faire venir des personnalités dans 50’Inside. On s’est adressé au public différemment. D’un magazine comme Closer ou Voici, on s’est plus rapproché de Paris Match, Gala ou Vanity Fair.

Il y a quelques années M6 avait dégainé D&Co en access le samedi, ou encore Cousu main. N’oubliez pas les paroles n’a pas encore réussi son pari en cette rentrée 2016. Pouvez-vous dire que la concurrence est moins pesante pour 50’Inside aujourd’hui ?

En dix ans, la concurrence a varié au gré des années. Sans aucune arrogance, on est toujours là et on est toujours leader. On a toujours construit 50’Inside sur nos convictions et on ne s’est jamais référé sur ce que les autres faisaient, y compris à l’époque où M6 essayait de venir sur nos plates-bandes avec Accès Privé. Ils ont essayé de copier trait pour trait ce que l’on faisait dans notre émission et ils n’y arrivaient pas totalement. On a toujours fait le choix de ne pas regarder ce que faisait la concurrence, et de ne pas se positionner sur ce qu’elle était. Notre plus grosse concurrence le samedi est le journal de France 3. Malgré tout, on est à 26/27% de part d’audience sur la cible commerciale, très largement leader.

« D’un magazine comme Closer ou Voici, 50’inside s’est plus rapproché de Paris Match, Gala ou Vanity Fair »

Comment arrive-t-on à renouveler un magazine comme 50’Inside ?

En puissant dans nos convictions. Une émission se construit chaque semaine et sur le long terme. Les inspirations des voyages destination et des sujets d’évasion de fin sont une volonté que j’ai eue très tôt dans la nouvelle formule de l’émission. Plus on avance vers le journal, plus le nombre de téléspectateurs est important, plus il faut conserver et capter leur attention. On rentre par le people dans l’émission, et plus on avance dans la poursuite, plus on s’ouvre sur des histoires et des destinations. On élargit le spectre au fur et à mesure de l’émission. C’est plus une stratégie de cohérence, de construction, d’équilibre et d’efficacité que d’aller chercher l’inspiration ailleurs. Je n’ai cependant pas la prétention d’avoir inventé la télé. Notre préoccupation est d’être convaincu de ce que l’on fait et pas de le faire par habitude ou obligation.

50’Inside est une marque forte sur TF1 aujourd’hui. Après l’échec de la pastille à 18h50 il ya quelques années, peut-on imaginer une autre exposition sur une des chaînes du groupe ?

C’est sûr que l’on réfléchit à des possibilités d’extension, mais il y a aussi le digital. C’est une évolution naturelle pour 50’Inside. Ça pourrait également être sur d’autres chaînes. Pour le moment, il n’y a pas de projets en développement. Mais c’est évident que le contenu est fort et nous réfléchissons à des dérivés.

Un prime time avait été développé en 2009 sur TF1. L’idée d’un retour en première partie de soirée est-elle définitivement abandonnée ?

Ça n’avait pas été le plus grand des succès. On avait fait exactement la même audience qu’en access en prime time. L’erreur qu’on avait faite était de proposer une version longue de la version hebdomadaire. Si on devait le refaire aujourd’hui, il faudrait penser totalement différemment de ce qu’on avait fait à l’époque. Il faudrait quelque chose de très évènementiel tout en restant dans les codes de la marque.

Concernant le contenu actuel de 50’Inside, achetez-vous des reportages étrangers ?

Pour le coup, tout est produit par TF1 Productions. On a quelques sociétés de production partenaires, mais très peu. C’est une volonté de ma part de maîtriser l’éditorial, le contenu et la qualité de ce que l’on fait. Je crois que la qualité se maîtrise et donc ça doit se faire en interne. On a une équipe stable et qui est assez importante, car c’est une grosse émission. On peut ainsi maintenir le style et le rythme de 50’Inside. Tout a son écriture et sa spécificité. C’est cette richesse-là qui fait le succès de l’émission. On est un peu des artisans de la télévision. J’adore créer de nouveaux modes d’écriture. C’est très difficile d’externaliser la création pour maintenir une rigueur.

« Je n’ai pas voulu qu’on fasse l’interview de Nabilla. C’est peut-être une erreur, mais j’assume »

Comment arrive-t-on encore aujourd’hui à événementialiser un magazine comme 50’Inside ?

Dans un premier temps, événementialiser c’est savoir évoluer constamment. J’ai récemment créé les sujets « Demain à la une » sur les tendances avec des personnalités qui deviennent des phénomènes de société. C’étaient des sujets que l’on ne faisait pas. Ça ouvre à des territoires nouveaux et c’est plutôt un succès. Vu de loin, ça ne se remarque peut-être pas, mais ça rénove l’émission. La rétro de 50’Inside chaque fin d’année est aussi une manière de créer l’évènement.

Peut-on dire aujourd’hui que 50’Inside n’est plus à recherche du scoop, avec par exemple l’interview de Nabilla Benatia dans Sept à Huit sur la même chaîne ?

Pour ne rien cacher, je n’ai pas voulu qu’on fasse Nabilla. C’est peut-être une erreur, mais j’assume. On nous l’avait proposé en priorité et j’avais considéré à l’époque que ce n’était pas pour nous. On est toujours à la recherche des gens qui font l’actualité. Quand on a Bruno Mars, ça s’appelle un coup. Le sujet avec Ingrid Chauvin était un moment très fort aussi, c’est un scoop. Il a toute sa place dans notre émission et on le recherche. Mais il n’y a pas que ça, même si on préfère les avoir chez nous. On va moins dans des choses qui sont faits divers, people... On estime que c’est moins l’identité de la marque qui est plus élégante. C’est aussi ce qui fait que les gens regardent l’émission. Si on fait de la trash tv en début d’émission, on aura du mal à avoir Omar Sy ou Dany Boon à la suite.

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