Thomas Hugues

En plein coeur du mercato télé, Thomas Hugues a su faire parler de lui en quittant TF1. Ne voulant pas d’un poste de placardisé, il a rejoint la concurrence, le groupe Canal +, pour animer une tranche d’info sur I>télé. Parallèlement, il est sur 13ème rue pour des soirées spéciales. Galvanisé, il change de look pour aborder avec sérénité ce tournant dans sa carrière. Pour Toutelatele.com, Thomas Hugues revient sur un parcours sans fautes...

Publié le mercredi 13 septembre 2006 à 01:48
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Thomas Hugues
©S.Ruet/DR  

Tony Cotte : Après l’agitation du mercato, on ne vous attendait par vraiment sur I>tele et 13eme rue...

Thomas Hugues : Ca peut surprendre compte tenu des rumeurs. J’ai fait des choix d’intérêt professionnel en privilégiant la qualité. Je n’ai pas cherché l’exposition ou le nombre de téléspectateurs. Ce que m’a proposé I>télé était le compromis idéal : la combinaison entre l’actualité chaude et le décryptage. Je recherchais cet équilibre avec la possibilité de faire de nombreuses interviews. En ce qui concerne 13eme Rue, il s’agit d’une logique de production. Cela me permet avec Story Box Press (sa société de production avec Laurence Ferrari, ndlr) de faire mes premiers pas en tant que producteur.

Tony Cotte : Votre nom a énormément circulé lors de la période des transferts. Certains médias se sont même un peu trop avancés en annonçant votre arrivée sur M6. Y a t-il eu une véritable prise de contact avec la chaîne ?

Thomas Hugues : J’ai rencontré Thomas Valentin à deux reprises après avoir quitté TF1. Nous avons évoqué la possibilité de travailler ensemble. Cela tournait essentiellement autour de leur nouveau magazine hebdomadaire, 66 minutes. Nous en étions au stade de la discussion, avec l’hypothèse que je sois présentateur et rédacteur en chef de l’émission. Mais I>télé est venue avec une proposition ferme. J’ai décidé alors de m’engager sur ce projet.

Tony Cotte : Au sujet de votre poste en tant que directeur des opérations spéciales et des magazines de la rédaction de TF1, vous parliez au mois d’avril de « marque de confiance », de « vraie responsabilité et de challenge ». Finalement, trois mois plus tard vous dîtes que c’était « une coquille vide » !

Thomas Hugues : C’est ce que j’espérais. Il s’agit d’une promesse non-tenue. La vie nous en réserve malheureusement...

Tony Cotte : Vous ne vous êtes pas rendu compte dès le départ de quoi il en retournait ?

Thomas Hugues : J’avais quelques doutes. Ce qui m’a été proposé de prime abord, c’était le rôle de directeur des magazines qui recouvrait 7 à 8 et l’émission Reportages. Je trouvais cela léger. Nous avons rajouté ensuite les opérations spéciales. J’espérais pouvoir tenir ce rôle. Mais on m’a vite démontré en recrutant Anne-Sophie Lapix que je n’aurais pas les moyens de le faire. Personne ne m’a jamais consulté sur le choix de co-animer l’émission ou encore sur sa nomination en tant que rédactrice en chef...


Tony Cotte : Si vous aviez eu le choix, auriez-vous été contre l’arrivée d’Anne-Sophie Lapix ?

Thomas Hugues : Ah non ! Anne-Sophie est une bonne journaliste. Nous avons déjà travaillé ensemble à LCI. Ce n’est pas une question de personne mais de principes ! On ne peut pas donner des responsabilités à quelqu’un et faire comme s’il n’existait pas pour recruter son principal collaborateur. C’est comme si dans une entreprise on embauchait un directeur financier adjoint sans jamais inclure le directeur financier dans les discussions ou l’entretien d’embauche. C’était la démonstration que le titre qui m’a été donné était un flan, un poste sans consistance.

Tony Cotte : Si vous deviez faire un bilan de vos 17 années à TF1...

Thomas Hugues : C’est un bilan positif pendant 15 ans et demi, et compliqué sur les 18 derniers mois. Mais ce n’est pas dans ma nature de balayer d’un revers de manche tout ce que j’ai fait avant. A TF1 j’ai pu démontrer mes qualités, apprendre mon métier et prendre des responsabilités au sein d’une rédaction. Je veux retenir cela. Ce sont de grands souvenirs professionnels, et le lancement de 7 à 8 en fait partie. Nous sommes heureux avec Laurence que l’émission continue sans nous et fonctionne bien. On aura toujours la fierté d’avoir créé un magazine d’information qui fait référence aujourd’hui.

Tony Cotte : En 2004 vous avez déclaré avoir « l’ambition de laisser (avec 7 à 8) une marque comme 7 sur 7 l’a laissé dans l’histoire de TF1 ». Peut-on dire que c’est une mission réussie ?

Thomas Hugues : Oui et ce n’était pas gagné. Lorsque nous avons commencé, la tranche horaire était un peu sinistrée pour l’information. Depuis Anne Sinclair, nos prédécesseurs avaient eu du mal. Peut-être le discours politique passait-il moins bien ?

Tony Cotte : Avez-vous eu un pincement au coeur en regardant la nouvelle version de Sept à Huit ?

Thomas Hugues : Je ne l’ai toujours pas regardée ! Mais je garde contact avec la rédaction. Je sais que tout se passe bien. En revanche, j’ai vu les journaux cet été avec Harry Roselmack et Julien Arnaud.

Tony Cotte : Avec le recul, vous n’avez pas l’impression d’avoir été un obus dans une guerre entre deux groupes concurrents ?

Thomas Hugues : Non. Ce sont des concours de circonstances. Mes pas auraient pu me mener ailleurs que sur I>télé. Le départ de Guillaume Durand a fait que Valérie Lecasble cherchait un journaliste suffisamment expérimenté pour tenir une heure et demie d’antenne quotidienne. Ca a été une coïncidence d’opportunité. Tout cela n’a pas été prémédité de longue date.

Tony Cotte : Nouveaux projets mais aussi nouveau look ! Laurence Ferrari a déclaré à ce propos que vous êtes passé « du gendre idéal au quadra rebelle ». Vous reconnaissez-vous dans cette description ?

Thomas Hugues : (Rires) J’ai coutume de dire que le disque dur n’a pas changé. Cocteau disait « C’est à quarante ans que l’on commence à se ressembler ». C’est un peu pompeux mais je crois que c’est à cet âge-là que l’on commence à savoir ce que l’on veut faire de sa vie. Aujourd’hui, j’ai décidé de faire moins de compromis et de privilégier mes envies.


Tony Cotte : Après deux semaines de service sur I>télé, quelle sont vos premières impressions ?

Thomas Hugues : Que du bonheur (il sourit). C’est passionnant et éclectique. Pour un journaliste, c’est une véritable aubaine de pouvoir vivre cette année cruciale en étant un observateur privilégié de la campagne et de l’actualité. Un journaliste cherche à être témoin de l’époque et médiateur des événements pour ceux qui le regardent. J’ai la chance de le faire avec mes choix éditoriaux et de participer à l’année électorale.

Tony Cotte : Dans 1h30 Chrono vous partagez l’antenne avec Claire-Elisabeth Beaufort. Les méthodes de travail sont-elles différentes d’avec Laurence Ferrari ?

Thomas Hugues : Ce n’est pas du tout la même mécanique. Ce n’est pas de la co-animation. Claire-Elisabeth vient présenter les journaux. C’est une jeune journaliste que je découvre. Elle a beaucoup de talent. Globalement, l’accueil s’est très bien passé comme avec tout le reste de l’équipe. I>télé a mis les petits plats dans les grands pour moi et j’en suis pleinement satisfait.

Tony Cotte : Le 13eme Soir était un rendez-vous déjà présent à l’antenne de 13eme Rue. Quelles seront les différences entre la version originale et celle que vous produisez ?

Thomas Hugues : La différence majeure réside dans l’animation. L’émission n’était pas, jusqu’à présent, incarnée par un seul journaliste ou personnalité. Le présentateur changeait tous les mois. Pauline Dauvin, directrice d’antenne, m’a proposé d’incarner ce rendez-vous. Je vais pouvoir apporter ma patte et m’amuser avec les thèmes de l’émission... du moins quand ils s’y prêtent (rires). La première traite des « septembres noirs » et du terrorisme international, je vais donc rester dans un registre sérieux. Nous sommes allés chercher pour l’émission un jeune réalisateur, Mathieu Dubosc. Il est bourré de talent et vous le verrez ce soir à la qualité des images. J’espère que l’on fera un bout de chemin ensemble.

Tony Cotte : La prochaine soirée spéciale sera t-elle plus légère ?

Thomas Hugues : Octobre sera « Le mois de l’horreur » sur 13eme rue, et à cette occasion il y aura une spéciale « Génération Sanglante ». On va pouvoir montrer le regain d’engouement pour les films d’horreurs depuis une décennie. Les plateaux seront tournés à Rungis au milieu des quartiers de viandes (il sourit). Je pense que ce sera un peu décalé. C’est l’occasion pour moi de montrer une image un peu moins sérieuse de ce que je peux faire.

Tony Cotte : Avec le 13eme soir, vous restez dans le domaine du magazine. Vous qui êtes un fana de sport, n’avez-vous jamais eu envie de changer de registre et de produire une émission sportive ?

Thomas Hugues : Il faut savoir que c’est un genre qui n’est pas évident. Beaucoup s’y sont essayés. Le sport est de plus en plus verrouillé pour des questions de droits. L’accès aux spectacles sportifs est déjà difficile. Cela limite le champ d’investigation dans ce milieu. Ce n’est donc pas dans mes projets, mais pourquoi pas ? Nous démarrons Story Box Press avec les yeux et les oreilles grands ouverts.

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