mercredi 21 mai 2014 à 18:44 par

Elisabeth Quin (28 Minutes) : « La télévision est un cadeau absolu en ce qui me concerne »

Transcendée par le septième art et férue de culture, Élisabeth Quin anime depuis janvier 2012, l’émission 28 minutes. En meneuse de débats, elle excelle à décrypter, avec son équipe et les invités, un fait d’actualité sous un ange neuf. Dans la case de l’access prime time où les 25 chaînes du PAF se partagent les parts d’audience, Arte fait, judicieusement, la part belle au prolongement de sujets marquants, à l’audace des prises de position et à la l’intellectualisme saillant que couve 28 minutes. Rencontre avec Élisabeth Quin qui ne se départit pas de son flegme.

Elisabeth Quin (28 Minutes) : « La télévision est un cadeau absolu en ce qui me concerne »
©Paul Blind 

Clément Gauthier : Que retenez-vous de l’émission Rive droite, rive gauche, émission sur l’actualité du monde des arts et des idées avec Thierry Ardisson ?

Élisabeth Quin : C’était l’âge d’or. Rive droite, rive gauche, était un format inventé par Thierry Ardisson, que tout le monde a repris après. C’était préparé entre gens cultivés, fantaisistes, légers. Ils étaient sérieux dans leur implication dans le monde de la culture, mais légers dans la manière gracieuse de ne pas embêter le téléspectateur. On avait l’impression, et les téléspectateurs également, de diner avec des amis tous les soirs quand on faisait l’émission, ce qui était extraordinaire.

Est-ce difficile de s’imposer comme femme de culture, dans un paysage audiovisuel particulièrement dense ?

Une femme qui s’intéresse à la culture. C’est drôle, car ce n’est pas une question qu’on se pose quand on accepte l’invitation d’Arte et des producteurs de l’émission. On ne parlait pas d’enjeu de positionnement, de concurrence entre les programmes, entre les projets, entre les individus qui font la télévision. C’était un pari fou de faire une émission de réflexion à l’heure du journal télévisé. On ne s’est pas posé la question de savoir si ça marcherait ou de se dire qu’on était trop audacieux. On y est allés avec la foi du charbonnier et l’inconscience totale. La place s’est faite très naturellement et l’émission a su s’imposer de manière assez miraculeuse. 28 Minutes est pour moi un prototype de rêve de liberté, de curiosité et de diversité éditoriale.

Quel rapport entretenez-vous avec le médium télévisuel ?

Je ne consomme pas la télévision sur un plan personnel. J’ai le minimum de chaînes à disposition. Ça ne m’intéresse pas du tout. Je suis beaucoup plus âgée que la plupart des filles qui font de la télévision en ce moment, ou qui débarquent avec une ambition chevillée au corps dans le désir de faire une carrière. J’ai un peu dépassé ce stade et du coup, la télévision est un cadeau absolu en ce qui me concerne, mais ce n’est pas le fond de ma culture. Je viens plus de l’écrit, de la lecture et d’un rapport à la cinéphilie. Du coup, je ne réfléchis pas comme une professionnelle, même si je devrais sans doute.

« Mon désintérêt de la télévision et la chose télévisée va jusqu’au fait que je ne regarde jamais ce que je fais »

Pourquoi évitez-vous de regarder la télévision ?

Parce que la vie est ailleurs. Entre les livres que je lis, les pièces de théâtre ou les expos que je vais voir, ma fille que j’élève, le cinéma que je continue à suivre, et la vie, aimer, vivre, manger, jouir, voyager, la télévision est réduite à la portion congrue. Je regarde de temps en temps, sur internet, quelques émissions ou documentaires. Il m’arrive de me mettre devant le JT du dimanche soir sur France 2 pour rire des mèches de Laurent Delahousse, me gausser de son côté « je suis habillé comme un Stewart et je fais des interviews ineptes, mais je suis populaire et j’en jouis ». Mon rapport à la télé s’arrête là.

Que représente votre rôle de meneuse de débats ?

Je ne pourrais pas décrire ce que je fais. Il y a comme un angle mort qui serait le regard réflexif sur mon travail. Je suis impitoyable, par ailleurs, car mon désintérêt de la télévision et la chose télévisée va jusqu’au fait que je ne regarde jamais ce que je fais. C’est sans doute une erreur, car je pourrais progresser. Mais je ne supporte pas mon image. Sinon, il y a une notion de chaleur et de fantaisie, autant que ça puisse être possible, quand on traite des sujets sérieux, voire dramatiques comme ce qu’il se passe en Ukraine, en Égypte ou quand on parle de jihadisme. Il y a toujours, et ça m’est consubstantiel, une dimension chaleureuse ou accueillante. On n’est pas au Collège de France, mais à la télévision sur une chaîne qui a longtemps eu une image de chaîne archi cérébrale et qui est, en fait, plus surprenante et fantaisiste que son image.

Partie 2 > Les méthodes et la Une de Christophe Barbier / Ses projets

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