jeudi 7 novembre 2013 à 18:37 par

Rola Bauer (Crossing Lines) : « J’en avais marre des séries historiques »

Juillet 2013. Rola Bauer, productrice allemande de Crossing Lines, était à Paris pour la promotion de la série policière, diffusée sur TF1. Toutelatele l’a rencontrée pour évoquer avec elle l’origine du projet, son casting, les coproductions internationales et ses productions précédentes (Les Piliers de la Terre, Un monde sans fin)...

Rola Bauer (Crossing Lines) : « J’en avais marre des séries historiques »
©D.Martincek/Tandem Productions 

Claire Varin : Qui est à l’origine de Crossing Lines ?

Rola Bauer : C’est une idée que j’ai « pitchée » à Ed [Bernero, ndlr.] Je lui ai demandé si ça l’intéressait de rentrer dans ce jeu avec une problématique réelle : l’absence de frontières dans la communauté européenne. Il y a beaucoup de choses positives avec l’Union européenne, mais l’inconvénient est que ça devient plus facile pour les criminels. On a Europol et Interpol, mais on ne peut pas faire grand-chose de plus.

Comment ce sujet vous est-il venu ?

Je suis une mère avec deux enfants. À Munich, nous avons de vrais problèmes avec les gangs. Je crois qu’en France vous êtes également concernés. J’ai lu un article du Point parlant de ces gangs qui arrivent sur le territoire. Ils sont presque plus dangereux aujourd’hui qu’avant parce qu’ils n’ont rien à perdre. Ils viennent de pays ou de régions tellement pauvres...

Comment s’est passée votre rencontre avec Edward Bernero ?

Nous avons rencontré trois showrunners à Los Angeles en janvier 2012. Et des trois, Ed Bernero est celui qui a accroché tout de suite. Il nous a dit qu’il avait toujours eu cette idée de série. J’ai pensé « Ah vraiment ces gens de L.A. ! » [rires] Mais il avait raison parce qu’il a tout de suite commencé à écrire et il avait parfaitement compris. Pour lui, c’est le même problème que les États-Unis avaient avant la création du FBI. Le FBI a été créé parce que les criminels pouvaient aller d’un État à l’autre sans que la police ne puisse les poursuivre hors des frontières.

« L’absence de frontières dans la communauté européenne est un vrai problème »

Vous avez beaucoup produit de fictions historiques et aussi de « fantasy ». Est-ce des genres qui vous intéressent tout particulièrement ?

J’adore ça. Enfant, j’ai dévoré tous les tomes de Dune de Frank Herbert. J’ai lu tous les Tolkien. J’étais assez bizarre comme fille. Mais je m’en fiche parce que j’ai adoré ça. C’était d’autres mondes. J’avais une vie assez compliquée et pour moi, c’était une manière de m’évader. J’ai donc lu beaucoup de fantasy et de science-fiction. Quand j’ai démarré dans ce métier, j’ai essayé d’obtenir les droits de Narnia. Mais Steven Spielberg et Kathleen Kennedy les avaient déjà. Je me suis fait une raison. Puis, les droits ont été cédés à Walden Media. Quand on a lu les livres de Clive Staples Lewis et que l’on voit ce qu’ils en ont fait... Honnêtement, je suis plus que déçue d’être passée à côté.

Pourquoi avoir changé de direction, passant de l’historique au policier ?

À l’origine, Tandem Communications était une petite société de production. Ça ne fait qu’un an et demi que Studio Canal est devenu notre partenaire. Les Piliers de la Terre nous ont emmenés à un autre niveau. C’était génial, Ken Follett, Ridley Scott... On a acheté les droits et c’était une vraie prise de risque. Finalement, le résultat était pas mal et les gens ont beaucoup aimé. Alors, on a fait Un monde sans fin. Après seize heures de fiction historique, j’ai pensé que c’était le moment de changer. Il y en a un peu trop. La seule qui marche vraiment aujourd’hui, c’est Game of Thrones parce que ça mélange les deux genres. J’ai pensé qu’il fallait entrer dans quelque chose de contemporain. Et le plus « facile » reste le policier.

Partie 2 > Le choix du casting et l’avenir de la série


Quelles sont les difficultés rencontrées quand on entreprend une production internationale ?

L’avantage est que vous avez un budget plus important. L’inconvénient est qu’il y a pas mal d’ego à gérer, notamment ceux des diffuseurs et des différents partenaires. Si vous faites une production avec TF1, vous avez les gens de la chaîne, basta. Nous, on avait TF1 pour partenaire, mais aussi AXN, pour les chaînes digitales. Nous avons une règle : pas plus de deux partenaires ayant voix. Sinon ça ne marche pas. Sur une mini-série comme Les piliers de la Terre, le réalisateur a autant de pouvoir que les scénaristes. À cela, on ajoute l’équipe de production. C’est très compliqué à gérer.

Ces projets en co-production sont-ils plus longs à monter ?

Pour Crossing Lines, ça a été très vite. L’idée était tellement simple qu’on a eu moins de difficulté pour convaincre. Le fait que Studio Canal soit avec nous a aussi beaucoup aidé.

Pourquoi avoir choisi Marc Lavoine ?

Je l’ai vu dans Les mains armées, Le coeur des hommes et The Good Thief avec Nick Nolte. J’ai beaucoup aimé Les mains armées. Dans ce rôle de flic, Marc avait une belle présence, un certain mystère et c’était un rôle à double lecture. Exactement, le rôle de Louis Daniel. Lorsque je l’ai rencontré, sa manière d’être m’a tout de suite convaincue. Mais le problème était que Marc n’avait pas tourné dans une série depuis sa jeunesse. Il a fallu le convaincre.

« L’inconvénient d’une co production internationale, c’est qu’il y a pas mal d’ego à gérer »

Lequel a été le plus difficile à convaincre : Marc Lavoine, Donald Sutherland ou William Fichtner ?

Avec Donald, nous avons fait Les piliers de la Terre ensemble. Alors, ce n’était pas vraiment difficile parce que nous avons une relation presque paternelle. On a parlé de son personnage et de comment l’améliorer. Mais il a lu le scénario et l’a beaucoup aimé. À l’inverse d’Ed, je ne connaissais pas Bill [William Fichtner, ndlr.]. Pour lui, c’était plutôt une histoire de timing. Il n’avait pas été tête d’affiche d’une série depuis Prison Break, mais il a tourné plusieurs longs métrages. Il avait un peu de temps, il a lu et s’est montré intéressé. En plus, un de ses fils était à Prague au moment du tournage.

Les audiences de la série aux États-Unis peuvent-elles faire espérer une saison 2 ? [Depuis cette interview, la production d’une saison 2 a été confirmée, ndlr.]

Sur NBC, on a commencé à 21 heures. Les audiences n’étaient pas tout à fait à la hauteur de nos espérances. Mais à 22 heures, nous avons gagné sur la cible 18/49 ans et les gens qui sont venus, sont restés. Nous sommes la première série européenne à être diffusée sur un network américain. C’est une prise de risque. . J’attire des gens comme Donald Sutherland alors il faut les protéger aussi. C’est un retour d’ascenseur. Et c’est une responsabilité que nous avons aussi. Mais je suis très confiante : les scénarios sont déjà en développement.



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