Christophe Rippert (Premiers baisers) : « J’ai refusé Les Mystères de l’amour... J’ai envie d’un format neuf ! »

A l’occasion de la diffusion du documentaire Dorothée, Hélène et les garçons : Génération AB Productions ce mercredi 22 janvier à 21h15 sur TMC, Christophe Rippert se confie sur son épopée AB.

Publié le mercredi 22 janvier 2020 à 15:13
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Christophe Rippert (Premiers baisers) : « J’ai refusé Les Mystères de l’amour... J’ai envie d’un format neuf ! »
©Capture 3e oeil Productions  

Benoît Mandin : Comment êtes-vous arrivé dans Premiers baisers ?

Christophe Rippert : J’ai été remarqué par Aude Messean (directrice de casting d’AB Productions, ndlr) sur une publicité pour laquelle je venais de passer le casting. Premiers baisers m’a été présenté comme un Friends à la française. Alors que Jean-Luc Azoulay n’était pas emballé par mon audition, Aude Messean a insisté. J’ai été retenu pour Luc et le succès a duré pendant sept ans. Travailler, s’amuser et gagner sa vie, ça faisait rêver !

À quel moment avez-vous compris l’engouement du public pour Premiers baisers ?

Le succès de Premiers baisers est venu assez vite après la diffusion et s’explique à mon avis par la conjugaison de plusieurs facteurs. D’abord le casting était bien pensé et le public s’est certainement reconnu dans nos personnages. Ensuite, je crois qu’il y avait une attente d’un « Friends » à la française. À partir du moment où la série a été diffusée, on a senti que quelque chose se passait. Après Premiers baisers, AB Productions a surfé sur la vague en lançant un grand nombre de séries. Cela a été une chance extraordinaire pour tous et pour moi d’avoir pu vivre une telle aventure. J’ai vécu sept années magiques entre tournages, plateaux de télévision, galas, concerts dédicaces ... C’était comme un rêve éveillé.

Premiers baisers n’a pas été épargné par la critique. Comment l’avez-vous vécu ?

On n’était pas tous des comédiens à la base moi je ne l’étais pas. Jean-Luc Azoulay nous a offert une chance incroyable et je ne le remercierai jamais assez. Le message était : « Vous êtes jeunes, soyez vous-mêmes et faites au mieux ». Il n’a pas eu tort puisque le succès a été au rendez-vous. C’était extraordinaire de la part d’un producteur de prendre ce genre de risque. Bien sûr il y a eu aussi des critiques qui peuvent blessées, mais c’est normal, ça fait partie du jeu. Il n’y a que celui qui ne fait rien qui ne s’attire pas de mauvaise presse.

« J’ai vécu une aventure extraordinaire chez AB et il suffirait peut-être de rallumer la mèche pour que ça reparte »

Comment êtes-vous passé de la comédie au chant ?

Jean-Luc Azoulay aime s’amuser à essayer des choses. Je pense que c’est un grand enfant. Quand j’étais dans les couloirs d’AB, j’ai toujours adoré fredonner des chansons de Daniel Balavoine, Jean-Jacques Goldman ou Michel Berger. Un jour, il m’a soumis l’idée de me faire chanter. Gérard Salesses m’a joué des mélodies au piano. L’une d’entre elles m’a interpellée et c’était la version instrumentale de « Un amour de vacances ». Jean-Luc Azoulay m’a fait confiance pour le texte et j’ai écrit « Un amour de vacances ».

Vous avez assuré la première partie d’Hélène Rollès à Bercy…

Je me suis retrouvé seul à Bercy devant 17.000 personnes. Tous les zéniths étaient pleins jusqu’en Norvège, en Suisse et en Belgique ! Hélène Rollès était épuisée par ce rythme effréné et a dû lever le pied, on a arrêté une tournée qui devait nous emmener dans toute l’Europe de l’Est. C’était fantastique, car j’avais cinq ou six chansons. C’était tellement magique que je faisais tout pour étirer mon temps sur scène ! Le public était totalement déchaîné, on prenait des shoots d’adrénaline.

Face au succès de Premiers baisers, AB Productions a lancé Les années fac et Les années bleues. Comment avez-vous vécu l’arrêt prématuré de ce dernier spin-off ?

J’arrivais à un moment donné où j’avais envie d’autre chose. La série Les années Bleues était très aboutie. Chacun avait pris de l’expérience. Depuis six ans, on partageait les plateaux pendant des journées entières. Des vrais liens s’étaient créés entre nous. Ariane Carletti (ex-membre du Club Dorothée, ndlr) avait pris la direction artistique. La lumière était plus travaillée et j’avais un rôle très intéressant. La série ne s’est pas arrêtée parce qu’elle était mauvaise, mais en raison d’une décision de TF1. Cela n’a pas été motivé faute d’audience et c’est dommage, car elle aurait pu durer, je pense. Dans les histoires des Années bleues, il y avait un fond à creuser.

« Jean-Luc Azoulay nous a offert une chance incroyable et je ne le remercierai jamais assez »

Dès lors, avez-vous souffert de l’étiquette AB ?

Celui qui ne fait rien n’a pas d’étiquette. Charge à chacun de montrer qu’il peut avoir en avoir plein. Un comédien est une personne qui porte plusieurs costumes et qui va se fondre dans son personnage. À 27 ans, j’avais envie d’autres expériences. Même si j’aurais aimé continuer Les années bleues, je me suis tourné vers le septième art. Mais le cinéma n’a pas voulu de moi. À l’époque, il y avait trois silos : la télévision, le cinéma et les séries. J’ai eu besoin de me ressourcer donc je suis reparti au tennis et à la compétition. Ce que Julien Doré a réussi à faire en passant de la télévision (il a été révélé par Nouvelle Star sur M6, ndlr) au cinéma, ce n’était pas possible il y a trente ans. J’ai vécu une aventure extraordinaire chez AB et il suffirait peut-être de rallumer la mèche pour que ça reparte. On ne sait jamais peut-être que l’occasion se représentera ?

Dans le documentaire Dorothée, Hélène et les garçons : Génération AB Productions, quelles révélations vont être dévoilées sur les coulisses ?

On s’est amusé comme des jeunes et c’était top. Il y a eu des amitiés, des coups de gueule, de grands moments de partage… Avec Anthony Dupray (interprète d’Anthony dans la saga Premiers baisers, ndlr), on était très proches. Si demain TF1 me propose quelque chose d’intéressant, j’écouterais très attentivement, car la comédie me manque. Dans mon métier d’aujourd’hui (Christophe Rippert dirige sa propre agence de communication, Happyend), je m’épanouis. Je suis un comédien dans l’âme. Demain si j’ai un nouveau projet, je pourrais enrichir mon personnage de tout ce que j’ai vécu après AB.

« Je n’ai pas été approché pour une suite de Premiers baisers »

Depuis 2011, de nombreux visages de Premiers baisers sont apparus dans Les Mystères de l’amour sur TMC. Avez-vous été approché par Jean-Luc Azoulay ?

J’ai une admiration sans bornes pour Jean-Luc Azoulay. J’espère bien m’occuper de la refonte de ses plateformes digitales. Je lui ai dit : « Ce que tu fais, c’est super ! Tu es un des plus gros producteurs indépendants en France. Tes productions avec tes filiales proposent des fictions et des unitaires à toutes les chaînes. Mais tes sites sont à repenser et moi je peux le faire ! ». Jean-Luc Azoulay est mon papa artistique et j’aimerais lui apporter mon expertise et lui offrir ça. Concernant Les Mystères de l’amour, je n’ai pas le temps et mon agence m’accapare. Pour être sur un tournage en tant que personnage récurrent, il faut du temps et je ne peux pas faire les deux. J’ai refusé Les Mystères de l’amour, car j’ai connu la grande époque où les séries sont arrivées sur le marché sous le modèle de Friends. Aujourd’hui, le refaire, ce serait me remettre trente ans après dans quelque chose que j’ai vécu à la grande époque. Cela n’aurait pas le même goût. J’ai envie d’un format neuf !

Suite au succès de sa pièce de théâtre « Derniers baisers », Anthony Dupray ambitionne de créer une nouvelle série autour d’une suite de Premiers baisers...

Avec Anthony Dupray, je suis sûr qu’on peut faire un binôme intéressant à l’écran. Je n’ai pas été approché pour une suite de Premiers baisers. La vie passe tellement vite qu’il faut être en harmonie et en accord avec soi. L’apanage du comédien n’est d’avoir autant de vies que de rôles qu’on lui propose. C’est le plus beau métier du monde. Après sept ans, c’est aussi pour ça que j’ai eu envie de me nourrir de nouvelles expériences. Jean-Luc Azoulay m’avait plongé dans quelque chose d’extraordinaire, mais à un moment donné, je faisais toujours la même chose. J’avais besoin d’autre chose. Etre comédien implique d’aller bosser avec un coach, aller retravailler un personnage en profondeur dessiner sa psychologie... Si je le fais aujourd’hui, c’est dans cette optique-là. Je planche aussi sur une série réunissant quatre potes qui se lancent dans un projet commun. Ce serait un petit peu Le coeur des hommes, Un éléphant ça trompe énormément et Les copains d’abord.

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