Johnny Blanc (Les Grandes Gueules) : « J’assume mes propos et mes actes »

Depuis 2009, Johnny Blanc est l’une des incontournables Grandes Gueules de RMC et RMC Story. Le fromager, aux côtes de Alain Marschall et Olivier Truchot, revient sur cette expérience à la télévision.

Publié le dimanche 15 novembre 2020 à 18:56
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Johnny Blanc (Les Grandes Gueules) : « J’assume mes propos et mes actes »
©Capture RMC Story 

Joshua Daguenet : Les talks télévisés que sont Les Grandes Gueules ou L’heure des pros, l’un de vos concurrents, attirent de plus en plus de public. Comment l’expliquez-vous ?

Johnny Blanc : Je pense que les gens adorent se torturer, ils apprécient les émissions de débat mais n’aiment pas le débat. J’ai été insulté et trainé dans la boue sur les réseaux sociaux. Heureusement, beaucoup de gens nous suivent et nous aiment bien. Ils apprécient que des gens de la société civile comme vous et moi prennent la parole. Je parle de ce que je vis au quotidien.

Certaines de vos positions ou propos vous ont valu des menaces, votre fromagerie a été taguée... ces incidents vous ont-ils amené à remettre en cause votre avenir au sein de l’émission ?

Sincèrement oui. Pas pour moi, mais c’est devenu compliqué au niveau de mon personnel qui craignait l’étape suivante. Je ne suis pas en recherche de notoriété, ni ne suis actif sur les réseaux sociaux. C’est vrai que ça m’a pourri mon entreprise, on a reçu jusqu’à 700 mails par jour et le tri ligne par ligne est devenu un boulot fastidieux. Ce qui m’a fatigué, c’est la malhonnêteté d’un journaliste de La Dépêche du midi qui avait titré « Johnny Blanc compare la mort de Steve à un chien » (suite à l’affaire Steve Maia Caniço retrouvé mort à Nantes à l’été 2019, ndlr)...

« Il faut aussi être capable de reconnaître qu’en douze ans, j’ai pu dire tout et son contraire »

Ces dernières saisons, l’actualité est dominée par la crise des gilets jaunes, les attentats et la Covid-19. Face à de tels sujets, la charge de responsabilité devant un micro et des caméras est-elle plus lourde ?

Par rapport à mes débuts, je fais plus attention mais j’affirme mes opinions. On a une responsabilité quand on balance des choses à l’antenne. Il faut aussi être capable de reconnaître qu’en douze ans, j’ai pu dire tout et son contraire. Si face à moi, on argumente et qu’on me fait prendre conscience que j’ai tort, je sais l’accepter. J’assume mes propos et mes actes. Récemment, j’ai été outré qu’une infirmière se plaigne sans arrêt et qu’elle s’indigne de la révolte des restaurateurs. Il ne faut pas dire n’importe quoi car ils n’ont plus rien pour bosser, elle, est fonctionnaire et son salaire tombe à la fin du mois.

Chroniqueur des « GG » depuis plus de dix ans, vous avez été impliqué dans de nombreuses prises de bec. Vous souvenez-vous d’un clash en particulier ?

Je suis assez vif donc je peux très bien m’emporter, mais cinq minutes plus tard, on passe à autre chose. Je ne suis pas rancunier et je ne m’arrête pas sur un mot. Dans la société moderne, ce qui compte, c’est la forme, et tout le monde se tamponne du fond.

« Je ne suis pas rancunier et je ne m’arrête pas sur un mot »

Comment organisez-vous votre fromagerie avec ce nouveau confinement ?

Nous ne sommes pas vraiment impactés. La fromagerie a perdu 70% de son chiffre d’affaires sur quinze jours, mais après, l’activité a redémarré de plein pot. Bien sûr, il est compliqué de respecter la distanciation et les masques. Je suis d’un naturel optimiste et je ne suis pas forcément inquiet pour l’agro-alimentaire, mais ce fameux « quoi qu’il en coûte de l’Etat »... je me demande jusqu’où il va nous mener.

En une décennie, la carte politique mondiale a été bouleversée, notamment par l’élection de Donald Trump. Imaginez-vous en France une présidentielle à surprises en 2022 ?

Oui. Peut-être la surprise d’un candidat que l’on n’attendait pas, pas du genre Bigard ou autre car ça ne m’intéresse pas. Je pense par exemple au général de Villiers, je suis persuadé qu’il va y aller. S’il se déclare aujourd’hui, il est mort, ce qui fonctionne, c’est ce qu’a fait Macron, se présenter six mois avant et y aller au fond. Quand on entre dans la lessiveuse, on est tout de suite lessivé. Emmanuel Macron n’était pas mon candidat mais mon intérêt est que la France réussisse. Aux Etats-Unis, Trump s’est endetté pour relancer l’économie de son pays, et à la différence des autres il y est parvenu. Ce personnage n’est pas ma tasse de thé, mais on ne peut pas pu lui enlever ce qu’il a pu faire.

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