Pas de panique > Julie Judd raconte son parcours

mardi 9 octobre 2007 à 00:28 |
F2/L.Denis

Vous n’avez pas fini d’entendre parler de Julie Judd ! Après les téléfilms Parlez-moi d’amour, A l’ombre d’un crime ou La petite Fadette, elle sera bientôt la petite sœur de Zoé Félix, la nouvelle Clara Sheller. Ce mercredi, on la retrouve sur France 2 dans « Pas de panique ». Ludovic (Frédéric Diefenthal) découvre sa phobie des responsabilités quand son père (Roland Giraud) lui offre sa succession à la tête du grand magasin familial. Seule solution : une thérapie de groupe, émaillée de moult péripéties. Julie Judd incarne la jolie fiancée du héros, dans cette fiction qui a reçu le prix Fnac du public au festival « Tout écran » de Genève. Rencontre dans un petit café parisien avec une jeune comédienne qui n’a pas la langue dans sa poche !

Anne-Sophie Hojlo : Comment qualifieriez-vous le téléfilm Pas de panique ?

Julie Judd : C’est une comédie sociale. Le thème des phobies est traité de manière réaliste, mais avec des moments assez rigolos. En général, c’est un sujet dont les gens n’ont pas très envie de parler : cela fait partie de ces maladies qui ne sont pas considérées comme telles. Et le réalisateur n’en a pas fait une comédie. Ce qui est bien vu de sa part !

Anne-Sophie Hojlo : Vous-même, souffrez-vous de phobies ?

Julie Judd : Oui, la peur du vide ! Et il y a une scène où j’y suis justement confrontée... Je ne l’ai dit qu’au dernier moment au réalisateur, Denis Rabaglia. Si on fait comme si tout allait bien, on arrive à s’auto-convaincre. Et dans ce cas-là, sur un tournage, les gens sont très gentils, et font tout pour que ça se passe bien... En l’occurrence, ça s’est bien passé : je suis vivante !

Anne-Sophie Hojlo : En quoi vous sentez-vous proche du personnage de Virginie, même si elle n’est pas franchement sympathique ?

Julie Judd : C’est une fille très sous contrôle, qui sait où elle va, et comment y aller. Elle est dans une volonté que tout soit parfait. Ce côté-là du personnage, je le comprends. Après, il y a des points sur lesquels je ne lui ressemble pas du tout ! Elle a les dents qui rayent le parquet, elle est très capricieuse... On comprend que c’est une enfant gâtée, et qu’elle n’est pas armée pour la vraie vie : ça l’excuse, mais elle est très désagréable, voire insupportable !

Anne-Sophie Hojlo : Elle ne prend pas au sérieux la phobie de Ludovic, et ne le comprend pas...

Julie Judd : Non, pour elle ce n’est pas une maladie : il chipote ! On lui propose une montagne d’or, et il ne peut pas la prendre. Il y a quelque chose d’absurde là-dedans ! Virginie veut entrer dans le moule de la femme de PDG, qui continue sa carrière et gagne très bien sa vie. Progressivement, cet aspect prend le pas sur ses sentiments, sans qu’elle s’en rende compte. Finalement, il va beaucoup mieux qu’elle : il sait où il est, il sait ce qu’il fait, comment s’en sortir...

Anne-Sophie Hojlo : Comment avez-vous été choisie pour incarner Virginie ?

Julie Judd : Au départ, j’ai passé des essais pour le rôle de Margaux, celle qui a peur d’être touchée. Finalement, le rôle était déjà pris par la suissesse Natacha Koutchoumov [Pas de panique est une coproduction franco-suisse, donc le casting est lui aussi franco-suisse, ndlr], et le réalisateur m’a proposé de jouer Virginie, la jeune femme d’affaires ambitieuse.

Anne-Sophie Hojlo : En tant que jeune comédienne, comment aborde-t-on un rôle face à des acteurs plus confirmés comme Frédéric Diefenthal ou Roland Giraud ?

Julie Judd : Roland Giraud, c’est un acteur que j’adore parce qu’il a marqué mon enfance - il n’aimerait pas que je dise ça ! Trois hommes et un couffin, c’était MON film ! Tout comme Frédéric, ce n’est vraiment pas un acteur difficile, et avec lui, ce n’est que du plaisir ! Surtout, ils sont humbles, alors que tous les deux font une très belle carrière, et sont très populaires. Ce sont des gens intelligents et humains.


Anne-Sophie Hojlo : Je ne vous imaginais pas dire le contraire !

Julie Judd : Non, mais quand ça ne s’est pas bien passé avec un acteur, on dit juste qu’on a eu du plaisir à faire le film... Des gens bien, il y en a plein dans le métier, en fait ! On pense toujours qu’en promo les acteurs sont obligés de dire du bien les uns des autres. Il faut bien imaginer que c’est comme le bureau : c’est quand même rare que vous détestiez tous vos collègues ! Un tournage, cela crée forcément des liens. Au dernier clap, tout le monde se met à applaudir, et parfois à pleurer, parce qu’on sait très bien que même si on se revoit, ce ne sera plus jamais pareil. Et les gens avec qui cela ne se passe pas bien, on les oublie très vite !

Anne-Sophie Hojlo : Télé, cinéma, théâtre : dans quel cadre vous épanouissez-vous le plus ?

Julie Judd : Les trois sont très différents, donc quand je fais du théâtre, je veux tourner au cinéma ; quand je suis au cinéma, je voudrais faire de la télé... La chance au théâtre, c’est le partage avec le public. En télé ou au cinéma, on joue devant une équipe de trente personnes, mais ils n’ont pas le droit de rire si on est drôle ! La particularité de la télévision, c’est qu’on va très vite. C’est parfois un peu frustrant pour le comédien... Pour un long métrage, on a beaucoup plus de temps, mais souvent on aimerait moins attendre entre deux scènes !

Anne-Sophie Hojlo : Vous avez participé à plusieurs séries télé comme Une femme d’honneur, Boulevard du Palais ou encore Femmes de loi... Cela vous tenterait-il de tenir un rôle récurrent de ce type ?

Julie Judd : J’étais plutôt contre au départ, et j’en ai même refusé, car je craignais d’être cataloguée. Mais j’ai l’impression que cela évolue : quelqu’un qui a fait un récurrent peut très bien faire du théâtre, du cinéma, puis revenir à la télévision dans un autre rôle... Je ne ferme donc pas la porte à ce genre de choses. Cela dit, ce que j’adore dans mon métier, c’est de pouvoir changer tout le temps de rôle. On me voit souvent en gentille fille de famille, voire en victime, mais j’ai aussi joué une fille de joie parlant comme Arletty dans Une place parmi les vivants, de Raoul Ruiz. Donc jouer pendant trois ans une flic un peu garçon manqué ou une charmante petite médecin qui va aider les gens dans la campagne...

Anne-Sophie Hojlo : Considérez-vous les fictions télé comme trop lisses ?

Julie Judd : On peut parfois regretter une sorte de formatage, car le réalisateur a un cahier des charges à respecter auprès de la chaîne. Par exemple, on a tendance à nous embellir. Pour un téléfilm, je devais jouer un rôle de garçon manqué. J’avais passé les essais avec les fringues de mon mec, les cheveux dans une casquette, et j’ai eu le rôle. Puis le réalisateur m’a vue habillée « normalement », et je me suis retrouvée à jouer non pas avec les cheveux coupés courts comme je le voulais, mais avec une jolie queue de cheval ! Sauf que pour moi, ce n’était pas le personnage.

Anne-Sophie Hojlo : Vous avez déjà eu une expérience hollywoodienne dans Heads in the clouds, avec Charlize Theron et Penelope Cruz. cela vous tente de franchir à nouveau l’océan ?

Julie Judd : Hollywood, c’est Hollywood, et je ne vais même pas tenter le coup, parce que je pense que cela ne sert à rien. Je crois qu’il y a suffisamment de Françaises là-bas, blondes aux yeux bleus, qui essayent de se faire une place. Même si j’ai un bon niveau d’anglais, il ne faut pas rêver !

Anne-Sophie Hojlo : Vos deux actualités récentes sont Pas de panique, téléfilm populaire diffusé sur une grande chaîne de télé, et le film de Jacques Rivette, Ne touchez pas à la hache, destiné à un public beaucoup plus confidentiel. Comment passe-t-on d’un univers à l’autre ?

Julie Judd : Je ne suis pas quelqu’un de connu, donc on ne m’identifie pas à un univers donné. J’essaie de me diversifier au maximum pour ne pas me retrouver enfermée... C’est aussi bien d’aller jouer dans des films d’auteur que dans quelque chose de beaucoup plus commercial : cela n’apporte pas les mêmes choses !

FRANCE 2   



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