Un, dos, tres : le créateur de la série raconte l’envers du décor (2/2)

lundi 9 janvier 2006 à 00:05 |
Double V

Les Français aiment Un, dos, tres. Et ils l’aiment au point de la placer en 20ème position du classement de leurs séries télévisées favorites. Un score qui apparaîtrait modeste si les productions américaines ne monopolisaient pas les 19 premières places d’un sondage réalisé par le bimensuel Télé 2 semaines. Depuis Madrid, où il dirige désormais la série Mis adorables vecinos, Jesús del Cerro, l’un des créateurs de la série européenne préférée des Français, a accepté de lever le voile sur la face cachée d’Un, dos, tres.

Les téléspectateurs espagnols et français n’ont pas tout à fait vu le même Un, dos, tres ! En Espagne, la durée des épisodes d’une série peut varier de soixante-quinze à quatre-vingt-cinq minutes selon le diffuseur et la quantité de publicité diffusée à l’intérieur du programme. Ainsi, la durée des 84 épisodes de Un, dos, tres a-t-elle varié au fil des saisons. Ce qui n’a pas été sans problème pour l’exportation de la série à l’étranger. Si en Amérique latine (Argentine, Chili, Brésil, Cuba...) le format original a été respecté, les pays européens (France, Italie et Allemagne) ont préféré « reformater » la série, c’est-à-dire la re-découper en épisodes d’environ cinquante-deux minutes. « Il est évident que pour tout faire rentrer dans un temps donné, il a fallu changer l’ordre de certaines séquences, et parfois cela a abouti à des montages un peu bizarres. » La fin de la saison 4 et le début de la saison 5 ont ainsi été regroupées en France dans un même épisode : alors que le malaise cardiaque de Carmen a inquiété les Espagnols pendant plusieurs mois, le suspense en France n’a duré que le temps d’une coupure publicitaire !

Pendant que la chaîne espagnole Antena 3 diffusait la série à raison d’un épisode par semaine, le reformatage a permis à M6 de diffuser Un, dos, tres à un rythme quotidien. Ce choix laisse sceptique le producteur : « Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Un, dos, tres n’est pas un feuilleton, où l’intrigue est relancée tous les cinq épisodes, pour tenir en haleine le téléspectateur du vendredi au lundi suivant. C’est une série qui obéit à une structure différente : chaque saison comporte treize épisodes, chaque épisode a sa propre intrigue, et on leur superpose trois histoires supplémentaires : les deux premières couvrent chacune une moitié de saison, afin de provoquer un rebondissement majeur à mi-saison, et une troisième qui ne s’achève qu’à la toute fin de la saison et lui donne ainsi son unité. »

Malgré cette mécanique bien huilée, le ton de la série a constamment évolué au fil des épisodes, oscillant du comique au dramatique. Des changements de cap successifs qui s’expliquent par les aléas de l’audience. « A dire vrai, la série ne fut pas un grand succès. Elle plaisait à un public jeune, mais les plus de 40 ans nous boudaient. Pour élargir notre public, nous avons alors décidé de traiter des thèmes plus sérieux, plus graves, comme l’homosexualité du père d’Ingrid et son combat pour le mariage gay. » Mais ni la question du mariage gay, ni le passé de Paula et le cancer du père de Lola, n’ont convaincu le public plus adulte. « Quand nous avons vu que ça ne marchait pas mieux, nous sommes revenus à des histoires plus juvéniles et plus amusantes ». Pour apporter une touche d’humour, le cynisme de Mariano et la maladresse d’Eva furent alors appelés en renfort...

C’est donc la recherche d’un public plus large qui explique les nombreux rebondissements du scénario et les fréquents changements de personnages, notamment de professeurs. « Nous avions fait le tour des péripéties autour de Juan, Diana et leur enfant. Il fallait ouvrir la porte à d’autres histoires. Nous avons donc marié Diana à Cristóbal, et nous les avons envoyé loin de Madrid. » D’ordinaire les producteurs font tout pour conserver leurs acteurs vedettes, ceux de Un, dos, tres ont fait l’inverse ! Un peu ingrat, non ? « Ça ne fait jamais plaisir à un acteur d’apprendre qu’on n’a plus besoin de lui. Mais quand on a travaillé ensemble pendant 2 ou 3 ans, on a appris à se parler sans se fâcher. Dans notre cas, les départs se sont déroulés sans heurts.  » Seule exception : le départ surprise d’Adela pour New-York : « C’est le seul cas qui nous ait posé problème. Natalia Millán a quitté la série pour aller jouer au théâtre. Nous avons dû trouver à la hâte une porte de sortie et le personnage d’Adela a donc disparu en cours de saison. »

Lors de son arrivée en France, la presse a créé davantage l’événement autour de Mónica Cruz, pour sa parenté avec sa grande sœur Penélope. Mais lorsqu’on l’interroge sur le personnage central de la série, Jesús del Cerro n’a aucune hésitation : « Pour la richesse des histoires et l’humour, je dirais le personnage de Roberto, interprété par Miguel Ángel Muñoz. Cependant, l’intrigue leader est évidemment l’histoire d’amour entre Lola et Pedro. » A ce propos, comment se serait terminée la série ? Par un mariage ? Lola et Pedro, ou J.J. et Juan ? « Nous n’avons pas eu le temps de nous poser la question ! Ce qui est sûr, c’est que nous n’aurions tourné qu’une saison supplémentaire : nous aurions laissé les élèves fin prêts pour commencer leur vraie vie d’artiste. »

Non sans émotion, Jesús del Cerro a reparcouru avec nous l’aventure à laquelle il a consacré trois années de sa vie. Au moment où nous parlions, les studios qui abritaient l’école des Arts de la scène de Madrid étaient envahis de nouveaux décors ; d’autres personnages y évoluaient. Mais que les fans se rassurent : Un, dos, tres n’est pas prêt de disparaître des grilles de programmes de M6 et des chaines thématiques. En septembre 2005, aussitôt achevée sur M6, Téva avait repris la diffusion. Et en ce début 2006, les téléspectateurs n’ont pas eu le temps de compter jusqu’à trois que Lola, Pedro, Roberto et leurs amis sont réapparus tous les soirs à 17h55 sur M6.

 Lire la Première partie de Un, dos, tres : le créateur de la série raconte l’envers du décor

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