Vanessa David (WorkinGirls, la grande évasion) : « Nous sommes avant tout des clowns »

A l’occasion de la diffusion de « WorkinGirls, la grande évasion », téléfilm dérivé de la série de Canal+, Toutelatele a rencontré Vanessa David, qui interprète Nathalie. La comédienne évoque le tournage de ce Christmas special, où les héroïnes sont en prison, mais aussi l’avenir de la série, ses références en comédie, ses envies et l’arrêt de « Détectives » (France 2).

Publié le lundi 22 décembre 2014 à 19:31
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Vanessa David (WorkinGirls, la grande évasion) : « Nous sommes avant tout des clowns »
©Veronique Fel/ Gazelle & Cie / 2014 

Claire Varin : La saison 3 de WorkinGirls s’est terminée sur l’arrestation des six héroïnes. Dans WorkinGirls, la grande évasion, on les retrouve en prison. Ce changement de décor correspond-il à un besoin de sortir du bureau ?

Vanessa David : Je ne sais pas si le but était de les sortir de leur milieu quotidien, mais ça apporte quelque chose. Elles se débattent pour toujours avoir plus de privilèges - pour que ça aille toujours mieux dans leur milieu professionnel et privé - et elles sont condamnées à vivre en huis clos, ce qui est assez drôle. Elles arrivent à sortir de ce huis clos du bureau pour se retrouver dans un huis clos encore pire, celui de la prison.

WorkinGirls, la grande évasion évoque Orange is the New Black, pour le côté féminin, et un peu Prison Break. Aimez-vous le genre carcéral ?

J’adore Orange is the New Black. Quand on a appris que le décor serait la prison, on s’était dit que ce serait amusant que quelqu’un se fasse un plan au stylo et qu’il s’efface, pour la référence à Prison Break. Mais toutes nos idées ne sont pas retenues. Ces séries sont beaucoup plus fouillées, plus réalistes et misent beaucoup plus sur le suspense. Le sous-titre de ce téléfilm est « La grande évasion », j’ajouterais « pour les nuls ». Nous sommes avant tout des clowns. On n’est pas dans une vraisemblance pénitencière ébouriffante. L’important est de retrouver le caractère de ces six clowns. Elles vont revivre, à chaque fois, leurs propres échecs. La trame se modifie, mais on est dans la chute perpétuelle de ces personnages, qui doivent se coltiner les autres.

La diffusion exceptionnelle du téléfilm en prime time a-t-elle modifié le contenu en terme d’humour trash par rapport à la série, habituellement diffusée à 23 heures ?

Il y a des pertes, mais c’est au profit d’autre chose. La mutation n’est pas dérangeante. Nous, on aimait aller jusqu’au bout. Plus ça allait loin, plus ça nous plaisait. Mais là, les auteurs ont réussi à explorer un certain humour et des situations dans laquelle on n’avait pas forcément l’habitude de les voir, qui sont plutôt des situations comiques au sein d’une trame narrative plutôt que des sketchs rebondissant sur l’humour que l’on avait développé, qui était plutôt scato, qui allait dans tous les sens, et qui était plutôt neuf chez les comédiennes. L’avantage du prime time, c’est, peut-être, que les gens qui ne connaissaient pas la série vont pouvoir la découvrir et décider s’ils aiment ou pas.

Comment avez-vous vécu ce tournage ?

Le tournage de notre évasion dans les conduits d’aération a été drôle, mais aussi très pénible à jouer, parce qu’on a passé la journée à quatre pattes. Et la crèche vivante a été un grand moment. Il y a eu un jour où j’ai cru que jamais je ne réussirais à faire cette scène. J’étais en Vierge Marie et Blanche [Gardin] est en Jésus. On avait des sabots en bois et on a eu l’idée, avant même d’entrer dans le cadre, de faire des pas comme si les personnages voulaient faire une grande mise en scène. On est parti dans un fou rire. On a galéré, mais c’était génial.

Vous dites que les personnages de WorkinGirls sont des clowns. Ce sont des archétypes. Pouvez-vous dire ce qui vous a intéressé de développer chez Nathalie ?

Je ne l’ai pas su tout de suite. Au début, on découvre tout, on tourne en cinq semaines, ça va très vite. À partir de la saison 2, je me suis rendu compte que ce qu’elle vivait était drôle et que j’avais un certain attachement envers quelqu’un qui a ses failles. Nathalie n’a pas beaucoup d’armes pour se défendre. Et elle est touchante par rapport à ça. Finalement, elle a fait des choses : elle a construit un foyer, elle est compétente dans son travail. Elle est dénigrée, mais elle est hyper compétente ! (Rire) Dans ce milieu du bureau, c’est difficile de survivre. Nathalie est fayote. Mais elle se débat avec plein de trucs. C’était intéressant de voir ça au-delà du clown. Et après une carrière en dents de scie - elle a cinq enfants quand même ! - c’est en prison qu’elle est appréciée pour son travail. Le comble de l’ironie !

WorkinGirls a déjà accueilli un certain nombre de guests. Ici, c’est au tour de Claudia Tagbo et Bérengère Krief de rejoindre l’univers de la série. Pouvez-vous parler de ce qu’ils vous apportent ?

En tant que comédienne, ça apporte des rencontres. C’est des gens que j’admire. Il y en a certains que je connaissais avant de tourner avec eux, donc, c’est une colo de les retrouver. Et surtout, dans le jeu, ça met en relief leur anormalité. Là, Claudia Tagbo joue une matonne assez spéciale. Mais, par exemple, Le Beau (saison 2) a des réactions tout à fait normales par rapport à la série et il mettait beaucoup en relief la folie des personnages. Les guests ne sont pas au service de, parce qu’ils apportent quand même quelque chose, mais, comme il n’y a qu’un seul décor, ça nous permet, à chaque fois, de réinventer et d’avoir une interactivité.

Est-ce une manière de ne pas tourner en rond ?

La nouveauté n’est pas le souci premier quand on est dans un système de saison. Ce n’est pas un système qui s’essouffle. C’est un système qui, dans la répétition, fonctionne. Je vois Chaplin tomber une fois, je le vois tomber dix fois, je ris de la même manière. Il y a mille façons de faire tomber quelqu’un. Et on ne les a pas encore toutes exploitées ! (Rire)

« Je vois Chaplin tomber une fois, je le vois tomber dix fois, je ris de la même manière. Il y a mille façons de faire tomber quelqu’un. Et on ne les a pas encore toutes exploitées ! »

Une saison 4 de WorkinGirls est-elle en préparation ?

C’est en discussion. Je crois qu’ils ont commencé à écrire. On verra si les gens concernés sont séduits. Le désir est là. Moi, j’aimerais retrouver mes copines pour une saison 4.

Au moment de la saison 3, Anne Marivin a déclaré : « Dans la comédie, il ne faut pas craindre le ridicule ». Quel est votre sentiment par rapport à la comédie et à votre expérience sur WorkinGirls ?

Ça a vite commencé ! Lors de la première saison, quand je me suis retrouvée avec des tire-lait et les seins à l’air. À partir de là, le reste est passé tout seul. (Rire), Mais le ridicule n’est pas un gage de comédie. En revanche, ça peut être un passage exaltant pour pouvoir faire rire. Ce n’est vraiment pas inéluctable, mais dans un sketch, ça peut être un plus. La dérision vient de là aussi. Si tu fais les choses à moitié, tu te plantes. Dans ce genre de projet, il faut y aller à fond.

Quelles sont vos références en comédie ?

C’est une grosse tambouille. Il y a Jerry Lewis, Louis de Funès... Melissa McCarthy est une comédie démente. J’adore Sandra Bullock aussi. J’ai des amis comédiens qui me disent souvent que l’on sait quand je suis dans la salle parce que je ne ris pas aux mêmes moments que les autres. Je peux avoir un fou rire sur un geste de quelqu’un qui va être déplacé et que personne ne va voir. Un personnage extrêmement sensible, qui n’a rien pour réussir ou un personnage teigneux, sont deux extrêmes qui me touchent beaucoup.

Le public vous a également vu dans la série Détectives sur France 2. Y aura-t-il une saison 3 ?

Je pense qu’il n’y aura pas de saison 3. Je me suis beaucoup amusée à former ce couple avec Sébastien [Libessart]. Sur la saison 2, on a trouvé des choses et on s’entendait super bien. C’était une série de qualité. J’aurais continué avec plaisir à raconter cette histoire, mais ce n’est pas moi qui décide.

Pouvez-vous parler de votre collaboration avec Emma Luchini, qui vous a dirigé au cinéma et avec qui vous avez coécrit les scénarios de Sweet Valentine et Un début prometteur ?

Je suis très admirative du talent d’Emma et je suis très contente de pouvoir travailler avec elle. Là, je ne vais pas jouer dans Un début prometteur. Mais l’histoire avec Emma est drôle parce que si, aujourd’hui, on me voit dans Détectives et WorkinGirls, c’est grâce à elle. Avant, je ne faisais que du théâtre. On s’est rencontré alors qu’elle auditionnait une copine pour son court-métrage. Tout de suite après, on a fait un second court-métrage, Sur ses deux oreilles, qui a eu plein de prix et dans lequel elle m’a offert un très joli rôle. Puis, on a écrit ensemble Sweet Valentine. Et là, j’étais ravie qu’elle me propose de travailler sur Un début prometteur. Ce film me plait beaucoup, on verra ce qu’en diront les gens quand il sortira.

Quel est votre rapport à l’écriture ?

Ça s’est toujours fait à travers des rencontres. Quand j’étais ado, j’avais écrit un roman jeunesse avec une amie, qui s’appelait « La bataille de plumes ». À ce moment-là, je travaillais avec des enfants. Après, j’ai fait une pièce de théâtre avec mes copains. On a écrit sur la bande de trentenaires. Il y avait Camille Cottin (Connasse sur Canal+). On avait joué à Avignon... Toute seule, je n’aurais jamais fait cette démarche. Sauf depuis récemment. Après ce film avec Emma Luchini, je me suis lancée dans l’écriture toute seule.

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