Alain Dorval (voix française de Sylvester Stallone) : « Quand j’ai découvert le premier Rocky, j’étais scotché... »

Depuis 45 ans, Alain Dorval prête sa voix rauque à Sylvester Stallone avec notamment les sagas Rocky et Rambo. L’acteur, spécialisé dans le doublage, est également un friand des films d’animation. Confidences au moment où la saga Rocky est à revoir tous les samedis à partir de 20h50 sur RTL9.

Publié le samedi 10 avril 2021 à 18:48
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Alain Dorval (voix française de Sylvester Stallone) : « Quand j’ai découvert le premier Rocky, j’étais scotché... »
©Capture France 2 

Joshua Daguenet : Comment êtes-vous devenu la voix de Sylvester Stallone ?

Alain Dorval : Cela s’est fait sur un essai, mais je n’en ai aucun souvenir. Maintenant, nos trajectoires sont liées même s’il est beaucoup plus vieux que moi... d’un mois (rires).

Vous avez rencontré l’acteur de 74 ans une unique fois à ce jour. De quoi aviez-vous parlé ensemble ?

Essentiellement de Rocky Balboa et plus particulièrement de l’écriture. Ce qui m’a surpris, c’est qu’il sache tout faire sur un film, de la conception jusqu’à la réalisation finale. C’était un garçon très agréable. Il m’a confié avoir eu autant de mal à monter le sixième Rocky que le premier, car aux États-Unis, les choses ne sont pas établies comme en France.

Vos succès dans Rocky et Rambo, ce sont aussi des répliques cultes, dont celle de la lumière bleue qui sert... « à faire du bleu ». Avez-vous contribué à adapter ou enrichir les dialogues de la version française ?

Très honnêtement, non, même s’il y a des choses qui ne sont pas véritablement écrites et qu’on essaie de remplir. Je me souviens que dans le Premier Rocky, Sylvester Stallone s’était donné le tic de tout le temps renifler. Dans la version française, on n’entendait rien et cela faisait bizarre. Nous avions donc une petite liberté, mais un dialoguiste était là pour nous guider.

« La marionnette de Monsieur Sylvestre me faisait hurler de rire »

Quand vous commencez à doubler Sylvester Stallone, il est à peine connu du public. Comment avez-vous suivi et vécu sa montée vers les sommets ?

Il n’était même pas du tout connu. Mais je ne me suis pas posé la question. C’est un travail que j’aime. Il y a eu une espèce de compagnonnage avec lui. Il est doublé dans toutes les langues. Je ne sais pas comment il vit de se voir et s’entendre dans une langue autre que la sienne.

Le personnage des Guignols de l’info, Monsieur Sylvestre, s’est inspiré de votre voix pour caricaturer Stallone. Qu’avez-vous pensé de cette marionnette quand elle est apparue sur Canal+ ?

J’étais déjà intervenu dans Les Guignols. La marionnette est très forcée à l’image de sa tête qui est assez éloignée du visage de Stallone. La fois où j’ai travaillé pour Les Guignols, Yves Lecoq (imitateur des Guignols, ndlr) n’était pas là et il y avait une marionnette de Stallone. Mr Sylvestre n’existait pas encore et celle-ci était « Rambodienne », torse nu avec un bandana et des cheveux partout. J’ai beaucoup d’admiration et d’affection pour Yves Lecoq. Quand je me tenais à côté de lui pendant qu’il imitait, cela me faisait hurler de rire. Mais quand je m’y suis essayé, c’était une caricature de la caricature de Johnny (rires).

Quel film de Sylvester Stallone vous a le plus marqué ?

Chaque fois dans ses sagas, le premier opus est le plus étonnant. Quand j’ai découvert le premier Rocky, j’étais scotché. J’ai eu le même effet avec Rambo, moi qui demande toujours à voir le film avant de le doubler. Ce qui m’étonne, c’est ce que les Américains vont dire sur eux-mêmes. Le personnage du Shérif et tous ceux qui critiquent Rambo sont ceux qui ne sont pas allés au Vietnam, c’est ahurissant. Ils rejettent les soldats qui ont fait la guerre à leur place...

Vous avez également un incroyable vécu dans l’animation entre Pat Hibulaire, Tiger, Il était une fois... l’Homme… Est-ce une préparation tant différente de doubler une personnalité physique et un personnage fictif ?

Je n’ai pas de préparation dans un cas comme dans l’autre. Pat Hibulaire continue, je le double actuellement. Je ressens le même bonheur que d’être la voix de cet individu. J’ai aussi adoré Tiger dans Fievel. Je suis un peu spécialisé dans les personnages de chat. Pat Hibulaire était l’ennemi juré de Mickey. Aujourd’hui, il a perdu toute méchanceté, maintenant il n’est que con. Il essaie toujours de bien faire, mais à chaque fois il se ramasse, car il tape à côté. J’ai un bonheur total à être la voix de ce chat. Pour Il était une fois... l’espace, je me suis énormément amusé avec Roger Carel, un homme délicieux et plein de talent, tout comme le producteur Albert Barillé, un homme magnifique.

« Je ne suis pas certain que le gouvernement aurait fait appel à moi s’ils avaient su que j’étais la voix de Stallone »

Vous n’avez pas longtemps figuré au théâtre et vos apparitions ont été rares sur le petit écran. Est-ce qu’une voix aussi familière que la vôtre est incompatible avec des rôles d’envergure face caméra ?

Je n’en sais rien. Si j’ai fait pas mal de cours au départ, dont trois ans de Conservatoire, c’était pour faire essentiellement du théâtre. J’essaie de monter L’École des femmes de Molière pour remonter sur les planches. Un garçon essaie de faire une série d’animation au Québec et j’ai accepté d’y contribuer par Zoom, or, les gens sont persuadés que c’est Stallone. Mais s’ils ne m’avaient pas vu... Aux États-Unis, on remet en question beaucoup de choses alors qu’en France, on continue de vous mettre dans des petites boîtes. Au début des années 80, pendant douze ou treize semaines, je suis devenu la voix d’une publicité radio et télé pour le gouvernement. Une pub de Monsieur Mauroy (Pierre Mauroy, Premier ministre de l’époque). Je ne suis pas certain qu’ils auraient fait appel à moi s’ils avaient su que j’étais la voix de Stallone.

Votre insertion dans l’univers audiovisuel passe aussi par votre activité de chef d’entreprise dans la création de flycases...

J’ai commencé à doubler Stallone en même temps que j’ai monté une entreprise de fabrication d’enceintes. J’étais sous-traitant d’une marque, Altec Lansing, qui était diffusée dans tous les cinémas de Navarre et du monde entier. La sono a existé grâce au cinéma parlant et nous fabriquions « La voix du théâtre ». Aujourd’hui, il y a beaucoup de marques et j’ai continué à confectionner des enceintes. J’ai toujours eu une double casquette depuis des temps que nous éviterons de préciser. En ce moment, ce n’est pas facile parce qu’on travaille essentiellement pour le spectacle vivant et les salons…

Si Sylvester Stallone venait à arrêter sa carrière, vous considériez-vous en pré-retraite ?

Je suis comédien. Ce qui m’importe est de remonter sur scène et jouer Molière. Tant que j’en aurai la force et qu’on me le proposera, je ferai mon métier. Un jour, ça s’arrêtera comme pour notre camarade Roger Carel. Tant que je serai debout, j’essaierai de participer et de faire ce métier. Mon entreprise, c’est pareil. J’ai 75 ans et on me demande quand je m’arrêterai. Cela s’arrêtera quand je ne serai plus là...

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