Amandine Dewasmes (Un Village français) : « Pour Lucienne, Marguerite représente l’interdit »

Amandine Dewasmes, la petite trentaine - et pourtant déjà vingt ans de carrière - a rejoint cette année le casting d’Un village français. La comédienne incarne Marguerite, la mystérieuse et troublante professeure de chant, dans la saison 5 de la série à succès de France 3. Lors d’une rencontre avec Toutelatele, Amandine Dewasmes a évoqué son personnage, la série, son expérience et ses projets...

Publié le mardi 29 octobre 2013 à 19:30
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Amandine Dewasmes (Un Village français) :  « Pour Lucienne, Marguerite représente l’interdit »
©Etienne Chognard 

Claire Varin : Est-ce votre précédente collaboration avec le réalisateur Jean-Marc Brondolo qui vous a amené sur Un village français ?

Amandine Dewasmes : J’avais travaillé avec Jean-Marc sur Engrenages. On s’est super bien entendu, et on voulait se retrouver et retravailler ensemble. J’ai eu un appel d’Okinawa Guérard, la directrice de casting qui s’occupe du Village. Elle m’a dit qu’il y avait un très beau rôle dans la saison. J’ai passé les essais et quand je suis arrivée, j’ai croisé Jean-Marc. Je sentais qu’il voulait que ce soit moi, mais il n’était pas le seul à décider...

Comment décririez-vous Marguerite ?

Ce personnage, qui porte un masque, me touche beaucoup. L’époque lui impose ce masque. Elle doit se faire aimer. Je l’imagine en rupture avec sa famille, sans enfant, sans lien. Elle est vraiment toute seule. C’est comme si elle voulait se faire adopter par Lucienne et Bériot, en s’accrochant à eux. Parfois, je la voyais un peu comme un parasite. Ces êtres très sympathiques, très gentils, mais on ne sait pas trop pourquoi ils sont là.

Comment avez-vous appréhendé ce personnage ?

Il m’arrive parfois d’aborder un personnage à travers un détail, quelque chose d’externe. Là, j’ai appris à jouer de l’accordéon. C’est la seule chose qu’elle a dans sa vie cette pauvre Marguerite donc je me suis accrochée à l’objet. D’ailleurs, j’en ai acheté un depuis. Et je joue de l’accordéon maintenant. J’adore. Ça a été une révélation. Je suis prête pour un biopic sur Yvette Horner ! (rires).

Marguerite est un personnage assez mystérieux jusqu’à la révélation de son secret. C’est une « invertie »... Comment avez-vous abordé son homosexualité, qui est finalement un élément déterminant dans le parcours du personnage ?

J’avais joué une homosexuelle pour Caroline Huppert dans un téléfilm, Climats. Ce n’était pas clairement dit, mais à un moment elle s’extasiait sur des femmes nues. Et Frédéric Krivine m’avait vue quand j’étais toute jeune dans Charlotte dite Charlie de Caroline Huppert aussi. Je jouais avec Héloïse Chartier. J’avais 14 ans et Héloïse, 16. Ça parlait de l’homosexualité chez les adolescents. Dans Un village Français, Marguerite est une femme comme les autres, qui tombe amoureuse. Avec le costumier Thierry Delettre, on a travaillé sur une grande féminité. C’était très intéressant, car ça faisait aussi partie du masque. À cette époque, il faut se fondre dans la masse, il fallait qu’elle soit encore plus féminine que les autres. Je n’ai pas cherché à travailler une démarche ou autre chose. Après, on tombe vite dans un stéréotype qui n’existe pas, car il y a des lesbiennes féminines et des hétérosexuelles très masculines.

Lucienne & Marguerite, c’est un peu Thelma & Louise

Comment définiriez-vous sa relation avec Lucienne, jouée par Marie Kremer ?

A la fin du sixième épisode, elles sont amies. Et ça, c’est très nouveau pour Lucienne. Elle ne connaissait pas ce genre d’amitié féminine. Marguerite va la faire sortir de ses limites. Lucienne est quelqu’un de très carré, avec beaucoup de principes. J’ai l’impression que pour Lucienne, Marguerite c’est vraiment l’interdit. Petit à petit, on devient ami avec et on se met aussi à faire des choses interdites. C’est un peu Thelma & Louise. Au contact de Marguerite, Lucienne se libère. Un monde s’ouvre à elle.

Comment Frédéric Krivine vous a-t-il présenté le personnage ?

Je savais qu’elle était homosexuelle et que peut-être il allait se passer quelque chose avec Lucienne. Mais on a commencé à tourner sans que je ne sache vraiment comment allait évoluer cette relation avec Lucienne et Bériot. C’était bien comme ça. J’étais comme Marguerite, je ne savais pas ce qu’il allait se passer. Ils écrivent aussi par rapport aux rushes et à ce qui ressort. Il y a une psychologue qui travaille à partir des scénarios, mais aussi par rapport aux comportements des acteurs et à la manière dont ils s’emparent d’un texte, ça va faire bouger le personnage.

Partie 2 > Retour sur un parcours atypique


À la fin de la saison vous avec des scènes d’interrogatoires, très fortes, avec Marchetti. Est-ce particulier à jouer ?

Ça fait partie de ces scènes « difficiles » à jouer et en même temps, ce sont les plus passionnantes. Je me suis raconté son passif avec les flics. Marguerite est habituée à tout ça. Elle leur voue une haine folle. Marchetti représente ça. C’était génial de travailler avec Nicolas Gob. Ça a été une belle rencontre.

Regardiez-vous la série avant d’avoir le rôle ?

J’avais vu la saison 4 parce qu’on m’en avait parlé. J’avais trouvé ça très bien. Et quand j’ai été prise pour le rôle, la production m’a donné les DVD et j’ai tout regardé. C’est une belle série, et une œuvre à part entière. Il n’y aura plus jamais de série sur la Seconde Guerre mondiale comme celle-ci. C’est unique. Je suis fière d’y avoir participé.

Un village français est souvent présenté dans les festivals. C’était encore le cas cette saison. Comment se passent ces moments face au public ?

Au Festival de La Rochelle, j’ai pris conscience de la charge émotionnelle du Village français sur le public. Les gens venaient nous voir pour nous remercier. Certains avaient les larmes aux yeux et nous parlaient d’un grand-père ou d’une tante qui avait été résistant. C’était très émouvant.

Vous avez un parcours assez atypique, car vous avez commencé très jeune…

Ça fait près de vingt-deux ans que je fais ce métier. C’est assez fou. J’ai eu un moment dans ma vie où je me sentais un peu fatiguée. Je me suis interrogée sur mon envie de continuer. Pendant quelques mois, j’ai voulu arrêter. J’ai voulu devenir orthophoniste, je me suis même inscrite au CNED... Et puis, il y a eu L’Arnacoeur. Et ce film a tout relancé dans ma tête. Je me suis tellement amusée. Je me suis dit, mais non, c’est un métier trop génial. Je suis comédienne. J’ai mis du temps à l’accepter de dire, à l’affirmer et à en être fière.

« Un village français est une oeuvre unique »

Au cours de ses vingt-deux ans, quels ont été les projets les plus importants ?

Au théâtre, L’éveil du printemps, mis en scène par Yves Beaunesne, a été très important pour moi. J’avais dix-sept ans. On a fait une tournée de deux ans. Ça m’a vraiment appris mon métier de comédienne de théâtre. Et ça correspondait au moment où je quittais la maison, que je commençais ma vie de femme. C’était mon éveil du printemps. Mes rencontres avec Frédéric Sonntag - metteur en scène avec qui je travaille depuis dix ans - et Christophe Honoré (pièce Les débutantes, ndlr.) ont aussi beaucoup compté. Au cinéma, L’Arnacoeur a été un moment incroyable. La rencontre avec Romain Duris, le tournage au Maroc dans le désert… Et le succès du film aussi, c’était du bonheur absolu. Ma rencontre avec Yves Angelo (directeur photo et réalisateur, ndlr.) m’a conforté de ma légitimité d’actrice de cinéma. Et puis, il y a eu Toutes nos envies de Philippe Lioret. Le rôle était très fort, ça me touchait beaucoup dans ce que ça racontait. Et Marie Gillain est quelqu’un que j’aime beaucoup.

Avez-vous d’autres projets à venir ?

J’ai des projets sur scène. J’aime alterner cinéma et théâtre. Et j’ai un court métrage en préparation, réalisé par Pierre Glémet, dans lequel je donne la réplique à Bernadette Le Saché, qui est une grande comédienne de théâtre. J’aime l’énergie particulière des tournages de courts métrages. Il y a toujours un enthousiasme communicatif.

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