Benoît Thevenet (17 juin média) : « RMC Story a cassé sa tirelire pour accueillir Faites entrer l’accusé »

Faites entrer l’accusé est apparu en inédit sur RMC Story ce dimanche 18 octobre 2020. Le journaliste Benoît Thevenet, directeur général de la société de production 17 juin média, a affirmé haut et fort ses ambitions.

Publié le dimanche 25 octobre 2020 à 15:06
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Benoît Thevenet (17 juin média) : « RMC Story a cassé sa tirelire pour accueillir Faites entrer l’accusé »
©Capture RMC Story 

Joshua Daguenet : En passant de France 2 à RMC Story, avez-vous eu l’assurance de disposer des mêmes moyens financiers, humains et techniques pour mener les enquêtes de Faites entrer l’accusé ?

Benoît Thevenet : On n’est pas sur la même chaine ni sur les mêmes budgets. En revanche, nous, dans la façon de repenser l’émission, nous nous sommes accordés sur un point : ne pas toucher aux moyens de l’enquête ni au temps. Donc, nous ne touchons pas à la qualité des enquêtes.

Disséquer une affaire nécessite de nombreux mois de travail. Avec une exposition limitée par rapport à France Télévisions, craignez-vous pour la rentabilité de l’émission à court et moyen terme ?

Je ne suis pas inquiet puisque nous avons adapté notre façon de fabriquer l’émission et les moyens ne sont pas du tout ridicules. RMC Story a su casser sa tirelire pour accueillir Faites entrer l’accusé et on a su retravailler notre mode de production pour que cela rentre avec qualité. 17 Juin Média est une agence de presse donc c’est le métier de journalisme qui est mis en avant. Nous ne cherchons pas à être rentables, le but est de faire une belle émission. Nous ne faisons pas du divertissement, mais du journalisme.

Comment démarre une enquête une fois sélectionnée ?

Nous commençons par le dossier de l’affaire, celui de l’instruction. Nous épluchons tous les procès-verbaux, les articles de presse, tout ce que l’on obtient de la part des avocats. Le travail est ensuite de contacter une par une toutes les personnes susceptibles de témoigner, d’apporter leur aiguillage. La rédactrice en chef et l’enquêtrice travaillent à temps plein sur les affaires et continuent d’alimenter leurs archives. Quand elles sont retenues pour passer à l’antenne, on ne part pas de zéro. Les affaires sont constamment surveillées en vue de faire un Faites entrer l’accusé.

« Nous ne faisons pas du divertissement, mais du journalisme »

Avec le concept actuel de l’émission, l’une des affaires les plus retentissantes du XXIe siècle, Xavier Dupont de Ligonnès, ne peut être traitée. Peut-on imaginer une entorse à la règle pour offrir un sujet sur la famille nantaise ?

Pour l’instant, ce n’est pas d’actualité. On ne s’astreint pas à notre règle, journalistiquement et déontologiquement carrée. Tout dépend aussi de ce que l’on appelle une affaire symbolique. Xavier Dupont de Ligonnès est une affaire médiatique incroyable, mais on pourrait aussi dire que dans Faites entrer l’accusé, des enquêtes sont moins médiatiques, mais tout aussi symboliques quant à l’état de la société et de la justice. En 20 ans d’émission, on voit comment les choses ont évolué sur les condamnations, la dureté des peines, les relax... Les sujets doivent être forts du côté de l’enquête, mais aussi sur ce qu’ils racontent de notre société.

Il y a eu une volonté commune de préserver l’ADN de Faites entrer l’accusé tout en la peaufinant. Sur quels éléments avez-vous été particulièrement vigilant pour fidéliser les téléspectateurs ?

Nous avons eu beaucoup de discussions avec RMC Story. Nous nous sommes mis d’accord sur le temps passé pour les enquêtes et retrouver le décor des grandes lignes. Tout en le modifiant, on sait du premier coup d’œil que l’on est bien dans Faites entrer l’accusé. Troisième chose, il s’agissait de définir un nouvel animateur pour être dans la continuité d’un duo avec Dominique Rizet, lequel fait partie des murs. Nous avons tenu à ne pas toucher au générique ni à l’habillage.

« L’idée première était de donner plus de rythme à Faites entrer l’accusé »

Les intervenants sont désormais interrogés en dehors du plateau. Le rendu est plus intimiste auprès des familles des victimes. Est-ce la volonté d’accorder plus d’importance à ces victimes plutôt qu’à leurs bourreaux ?

Ce n’est pas donner plus d’importance aux uns ou aux autres. L’idée première pour adapter Faites entrer l’accusé à 2021 était de lui donner plus de rythme. En déplaçant les interviews, nous avons enlevé le côté ralentisseur. Les téléspectateurs sont habitués au travers des plateformes à bénéficier d’un contenu très rythmé. Nous devions fournir un effort pour contrer ces ruptures.

RMC Story diffuse également des sujets américains sur les tueurs en série de leur pays. Quel regard portez-vous sur leur savoir-faire ?

Ce n’est pas tant un regard sur leur savoir-faire, mais sur la différence des possibilités qu’une loi permet d’un pays à un autre. Dans la forme, des documentaires ne peuvent se ressembler, car les systèmes judiciaires sont tellement différents pour les journalistes. Dans un pays, vous pouvez être au cœur d’un procès, assister à un coup de fil entre un accusé et un avocat. En France, ce n’est pas possible dû au secret de l’instruction, la protection des personnes, et c’est très bien comme ça.

La multiplication des magazines de faits-divers n’a pas affaibli la marque. Peut-on affirmer, cyniquement, que le crime paie ?

(rires) Je ne sais pas si le crime paie, mais la qualité oui. Malgré la présence de nombreuses copies, ou pas, car certains magazines sont très bien construits, Faites entrer l’accusé a conservé sa ligne directrice. L’ADN dont on parlait a été préservé et c’est aussi ce qui permet la durée d’une émission qui doit s’adapter à son époque et aux moyens dont elle dispose. J’espère que cela continuera et que cette qualité se répercutera sur les audiences.

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