Clothilde Jamin (Falco) : « La mort de Ménard va profondément choquer et blesser Falco »

Alors que le final de la saison 2 de Falco s’achève sur un drame, Clothilde Jamin, créatrice et directrice de collection de la série, revient sur l’aventure et aborde l’avenir des personnages dans la saison 3. Rencontre

Publié le jeudi 29 mai 2014 à 22:59
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Clothilde Jamin (Falco) : « La mort de Ménard va profondément choquer et blesser Falco »
©TF1 

Claire Varin : Vous êtes créatrice et directrice de collection de Falco. Sur cette saison 2, vous avez été rejointe par Olivier Dujols. Que cela a-t-il changé ?

Clothilde Jamin : Olivier Dujols était déjà scénariste sur la saison 1. Il avait notamment co-écrit l’épisode 1 et l’épisode 6. Comme dit Sagamore [Stévenin] : « Deux cerveaux valent mieux qu’un ». Nous sommes totalement en adéquation sur ce qu’est Falco. On est tout aussi passionné l’un que l’autre par la série. C’est génial d’être deux. C’est un moteur incroyable. Et nous sommes coauteurs de tous les épisodes. Cela permet de garder une cohérence et l’esprit de la série. C’est vraiment précieux pour nous.

Pouvez-vous évoquer l’implication de Sagamore Stévenin ?

Sagamore est un guerrier. Il est assez proche de son personnage. C’est génial de travailler avec un comédien comme ça. Il est super impliqué, super volontaire et il a beaucoup d’idées, donc c’est une vraie richesse. Et au-delà de ça, c’est surtout un formidable comédien. On sait que l’on peut écrire sur énormément de registres, il sera toujours juste. Il enrichit énormément Falco et c’est beaucoup grâce à lui que Falco est ce qu’il est aujourd’hui.

La série a une identité visuelle assez marquée. Cela correspond-il à ce que vous aviez imaginé au départ ?

C’est un travail commun. Alexandre Laurent, qui a réalisé la majorité des épisodes, a vraiment mis sa patte de réalisateur sur ce qu’est la série aujourd’hui. C’est lui qui a insufflé cette idée d’être au plus proche des personnages, de voir à travers les yeux de Falco et de ressentir vraiment les choses. On ne regarde pas les personnages, on est avec eux. Nous travaillons beaucoup avec les réalisateurs. On retravaille les textes ensemble. On discute de chaque scène pour que l’on raconte tous une histoire commune et qu’elle soit la meilleure possible. Les apports de chacun sont primordiaux.

Quelle évolution avez-vous voulu donner à la série dans cette saison 2 ?

En saison 1, on est sur un homme qui se réveille après vingt ans de coma. Pour lui, ces vingt ans sont passés comme un battement de cils. Et à son réveil, il n’a qu’une envie : reconquérir sa vie. Il est dans une démarche assez positive. Au fur et à mesure, il s’aperçoit qu’il ne récupérera peut-être jamais ce qu’il a perdu. Très naturellement, la saison 2 est peut-être plus dure et plus sombre. Falco se retrouve face à des réalités qui sont difficilement acceptables. Il ne récupérera pas ces années perdues. Il ne verra jamais sa fille grandir. Son meilleur ami est en partie responsable de ce qui s’est passé ; pour lui, c’est la pire des trahisons. Et sa femme est avec quelqu’un d’autre.

« Notre objectif est de faire ce que l’on aime faire et d’offrir aux téléspectateurs une série de qualité »

L’équilibre entre drame et comédie est-il parfois difficile à trouver ?

La comédie, c’est spontané. C’est une idée qui en entraîne une autre. Et puis, on se retrouve à écrire une scène comme celle des « Qu’est-ce que vous auriez fait si vous n’aviez pas été flic ? - Gendarme. » Ça nous permet aussi de créer des respirations au milieu de sujets assez lourds. C’est du polar donc généralement, ce sont des gens qui sont morts, des tragédies familiales et sociales. Nos personnages - comme les flics dans la réalité - ont besoin de respirer pour mieux replonger dans leurs enquêtes.

Avez-vous un regard sur le casting et la venue des guests comme Jean-François Stévenin et Marie-Anne Chazel ?

Olivier et moi participons au casting. Effectivement, on a eu la chance et le bonheur d’avoir Jean-François Stévenin, Marie-Anne Chazel, Armelle Deutsch et Thomas Jouannet, Alain Figlarz ou encore d’autres comédiens qui sont moins renommés. Pour nous, c’est un honneur que quelqu’un de la carrure et de la carrière de Marie-Anne Chazel vienne jouer dans Falco.

Partie 2 > Quel avenir pour Chevalier, les enjeux de la saison 3


Vous avez déclaré aimer la série Luther. Les Britanniques n’ont pas peur de tuer leurs personnages. Avez-vous pour ambition de repousser les limites des fictions françaises en faisant disparaître certains de vos personnages ?

Effectivement, on apprécie ce qui est sombre comme Luther. Mais j’aime aussi une série comme Castle ou comme Life, qui a d’ailleurs des points communs avec Falco. Notre objectif est de faire ce que l’on aime faire et d’offrir aux téléspectateurs une série de qualité. Et surtout, une série cohérente. La mort du personnage de Ménard est tragique. Mais cette série, à la base, est tragique. Falco vit une des plus grandes tragédies qu’un homme puisse vivre : on lui vole du temps. Pour nous, la mort du personnage de Ménard n’est que dans la continuité de la série et de la vie aussi. Il y a des choses tragiques qui arrivent et il y a des plus grands bonheurs. On le voit avec Chevalier, qui commence une histoire d’amour. On n’est pas là pour choquer ou pour aller plus loin dans la fiction française. Il se trouve qu’on a la chance de travailler avec TF1 et ça se passe très bien.

Mais tuer Ménard, ce n’est pas que faire comme dans la vie, ça a un intérêt dramaturgique...

C’est effectivement prolonger le suspense autour de la quête de Falco, qui est la colonne vertébrale de cette saison 2. Le téléspectateur découvre que les choses sont bien plus compliquées que ce qu’elles ne semblent. Notre souhait est aussi de faire que tout personnage ne soit jamais totalement méchant ou totalement gentil. Ménard était le meilleur ami de Falco, mais aussi quelqu’un qui lui a mis une balle dans la tête. Il y a une ambiguïté en chacun. C’est vraiment ce que l’on a envie de montrer aussi. Et finalement, la mort de Ménard va profondément choquer et blesser Falco parce qu’effectivement la personne qui a les réponses disparaît, mais aussi parce que son meilleur ami disparaît. C’est vraiment toute la difficulté pour lui après.

Actuellement, les séries de TF1 aiment malmener leur héros. N’était-il pas un peu tôt pour se « débarrasser » de Chevalier  ?

On ne se débarrasse pas de ces personnages. On aime tous nos personnages. On a qu’une envie c’est de les faire grandir, de les complexifier, d’avoir la possibilité de montrer des pans différents de tous nos personnages. C’est ce que l’on fait en fin de saison 2 sur Chevalier, Eva, Cheron et d’une certaine manière sur Ménard, aussi. C’est vraiment notre souhait. On ne sait pas ce qu’il adviendra de Chevalier.

Anne Caillon deviendra-t-elle régulière sur la saison 3 ?

Anne Caillon a été intronisée commissaire dans la DPJ. Elle occupe un poste et elle le fait très bien. On est super content qu’elle soit avec nous.

Quelle sera la tonalité de la saison 3 ?

La saison 3 est celle de l’après-drame. La saison 2 a été très lourde pour Falco et pour les autres personnages. Qu’est-ce qui se passe après le drame du dernier épisode ? C’est une saison de la reconstruction. C’est peut-être une saison de la sérénité aussi pour Falco. Après avoir cru qu’il allait tout récupérer ; après avoir tout perdu à nouveau ; en saison 3, Falco va comprendre qu’il peut récupérer une vie. Ce ne sera pas sa vie, mais une autre vie. Une vie différente. Et on lui a tiré une balle dans la tête, il y a vingt-deux ans, et cette affaire n’est pas résolue. Il va se relancer dans une quête de la vérité.

« La saison 3 est celle de la reconstruction et de la sérénité pour Falco »

Concernant cette intrigue en fil rouge, avancez-vous à vue ou savez-vous à long terme ce que vous voulez en faire ?

On sait où l’on va. Après, il y a des ajustements évidemment. Et on se laisse la liberté de s’adapter aux situations et de ne surtout pas se fermer à de nouvelles idées. Donc les choses peuvent fluctuer. C’est pour ça que l’on sait aussi que la saison 3 va être riche en rebondissements à ce sujet.

Pouvez-vous confirmer que la saison 3 aura douze épisodes ?

Non, c’est encore trop tôt pour le dire. En tout cas, on essaie de faire plus que six épisodes. On a déjà tourné les deux premiers et nous sommes sur l’écriture de la suite.

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