Décoder les séries télévisées en 256 pages

Publié le mardi 17 mai 2011 à 14:00
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Décoder les séries télévisées en 256 pages
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Les séries sont objets de divertissement, objets populaires, objets d’addiction, objets artistiques, et de plus en plus, objets d’études. En France, les enseignements sur le sujet se développent enfin, comme le montre cet ouvrage écrit sous la direction de Sarah Selpulchre. Il est ainsi précisé que Décoder les séries télévisées s’adresse aux étudiants et enseignants en communication ainsi qu’aux animateurs culturels ou d’éducation aux médias. Mais, dans sa forme aérée, scolaire (résumés des contenus des chapitres dans des encadrés) et assez complète (analyses historique, narrative, de la représentation et de la réception), le livre peut aussi intéresser un public plus large de passionnés.

Dans son introduction, Sarah Sepulchre explique le but de cet ouvrage, casser les préjugés, « les séries ne sont pas de simples répétitions formelles et narratives. Les séries ne présentent pas que des personnages stéréotypés. Les séries ne lobotomisent pas les téléspectateurs. » Et non, « les séries ne sont pas de la sous-culture. » Décoder les séries télévisées fait le point sur les productions américaines car les séries sont avant tout associées à la culture nous venant des États-Unis. Alors que les références françaises (exemples donnés ici) se limitent encore souvent à Hélène et les garçons.

Sept chapitres, accompagnés d’un glossaire nécessaire, pour décortiquer les séries. Sarah Sepulchre propose une analyse du personnage en série (types, stéréotypes). Jean-Pierre Esquenazi s’intéresse aux différentes réalités (celles de la production, des publics et les réalités sociales) qui habitent les séries. Séverine Barthes explique le système de production et de programmation de l’objet (sélection du pilote, diffusion et annulation d’une série ; système économique, publicités, etc.) Tandis que Récits cumulatifs et arcs narratifs est signé par Ursula Ganz-Blaettler.

Pour ceux qui n’ont pas lu Les séries pour les nuls, le premier chapitre, rédigé par Marjolaine Boutet, est consacré à l’histoire des séries américaines. Les années 50, le premier « âge d’or », la naissance des genres et des codes formels : L’Extravagante Lucy (I love Lucy), socle fondateur des sitcoms et comédie indémodable ; la série policière (Dragnet) ; le western ; la série fantastique (La Quatrième dimension), etc. « L’âge classique » des années 60 et 70, avec l’apparition de nouveaux genres (judiciaire, médicale). Cette période montre également une évolution de la société avec une meilleure représentation des afro-américains et des femmes.


Puis, dans les années 80, vient un second « âge d’or » avec l’apparition des chaînes du câble et du magnétoscope. Les séries mélangent alors les genres et le night-time soap (Dallas, Dynastie, Côte Ouest) débarque à l’antenne et rend le public « accro ». Avant que n’arrivent « l’ère digitale » (années 90-2000), le DVD, Beverly Hills, Friends, Urgences, A la Maison Blanche, la multiplication des chaînes, la TiVo, les chefs d’œuvres d’HBO, Lost, Grey’s Anatomy, i-Tunes et Glee.

Stéphane Benassi, lui, actualise son travail effectué dans un précédent ouvrage (Séries et feuilletons). Ce chapitre aborde les différentes formes de Sérialité(s) dans leur structure narrative. La fiction unitaire, la série (série canonique, série feuilletonante, série de la quête), le feuilleton (saga, soap opera, feuilleton canonique). L’auteur s’applique à décortiquer la complexité des diverses formes narratives et cette partie est sans doute la plus technique (lexique) et une des moins digestes de l’ouvrage.

De son côté, Laurence Doury s’interroge : Comment analyser les publics des séries télévisées ? Le chapitre expose notamment le résultat d’une enquête (série d’entretiens auprès d’individus âgés de 18 à 30 ans) sur la réception des séries policières américaines par le public français. Il en ressort que ces Experts et autres, NCIS et FBI : portés disparus, sont « divertissantes », « pédagogiques ». Tandis que l’on note un attachement à des personnages et l’influence du physique des comédiens, ou encore l’importance de l’intrigue dans sa réception. Enfin, regarder ces séries apparaît comme une activité solitaire (se regarde seul) tout en étant un élément de partage (objet de conversation).

Décoder les séries télévisées est un ouvrage collectif agréable à lire et suffisamment synthétique pour devenir une référence pour ceux qui auraient envie de mieux comprendre les séries ou d’en découvrir le fonctionnement.

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