Dominique Rizet (Affaire Suivante / L’instant où, BFMTV) : « Faites entrer l’accusé va revenir encore plus fort »

En complément de Faites entrer l’accusé, bientôt en inédit sur RMC Story, et Affaire suivante chaque dimanche à 13h, 17h et 21h sur BFM, Dominique Rizet a lancé son podcast « L’instant où » revenant sur le moment clé d’une affaire criminelle.

Publié le dimanche 14 juin 2020 à 12:59
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Dominique Rizet (Affaire Suivante / L’instant où, BFMTV) : « Faites entrer l’accusé va revenir encore plus fort »
©Capture BFMTV 

Joshua Daguenet : Quelle a été votre motivation pour lancer le podcast L’instant où disponible sur le site de BFMTV ?

Dominique Rizet : Des histoires, Christophe Hondelatte en raconte avec brio sur Europe 1, tout comme Jacques Pradel sur RTL. L’idée de ce podcast est de donner la parole a des témoins que je connais, leur laisser du temps pour s’exprimer, et venir sans caméra pour mieux les écouter. Ce sont eux les maîtres du temps. J’ai réalisé une série de longs entretiens qui durent entre une heure trente et deux heures. Le héros n’est pas le journaliste, mais ceux qui vivent l’histoire.

Le premier numéro est consacré à l’affaire Daval. Sur le plateau de Ça commence aujourd’hui, en présence des parents d’Alexia le 8 juin dernier, le journaliste Dimitri Rahmelow (RTL) a indiqué avoir été interpellé dès le départ par l’attitude de Jonathann Daval. Était-ce aussi votre cas ?

Oui, tout de suite. Je ne le sentais pas. J’ai décelé tout un tas de choses étonnantes. Ce journaliste et moi n’étions pas les seuls. Beaucoup de personnes à la machine à café de BFM ont partagé ce sentiment et je pense qu’au moins 50% des Français se sont dit que ce type est bizarre. Il avait un chagrin étrange, un comportement presque soupçonneux, il en faisait trop. Au lieu d’être raisonnablement inquiet, on le voyait déjà se contrister sur son sort. Très vite, les journalistes ont pu accéder aux parents d’Alexia. Ils n’étaient pas dans la panique et répondaient aux questions, mais lui, il savait déjà.

Le gros couac sur le « rebondissement » de Ligonnès en Écosse doit-il amener à davantage de prudence sur les évidences qui peuvent se dégager au départ d’une enquête ?

Bien sûr, on doit être prudent, faire attention. J’essaie de mettre du conditionnel partout. Sur l’affaire de Ligonnès, je n’étais pas à l’aise. Je ne voulais pas aller à l’antenne, car je n’avais aucune confirmation. L’un de mes contacts à la brigade nationale m’avait dit qu’il ne le sentait pas trop. J’ai quand même rejoint le plateau et j’ai apporté quelques phrases un peu drôles en disant notamment que de Ligonnès devait bien rigoler en nous regardant si jamais l’homme arrêté en Écosse n’était pas lui.

« Sur l’affaire de Ligonnès, je n’étais pas à l’aise »

Dans la même émission de Faustine Bollaert, la mère d’Alexia a assuré ne pas avoir de haine, mais de la colère. Dans quel état d’esprit avez-vous trouvé le couple endeuillé ?

Je les trouve admirables. Je suis père de famille et si on me faisait un truc comme ça, j’aurais du mal à en parler avec autant de recul, de retenue qu’eux. Je serais tellement rempli de colère que des phrases m’échapperaient sûrement. Je sortirais des propos qui ne seraient pas très jolis à dire. Cette interview sans haine ni violence qu’ils m’ont accordée est admirable.

Vous révélez à la fin du podcast avoir échangé autour d’un verre avec les parents d’Alexia, sans qu’aucun de vous trois n’évoque la jeune femme. Quels sujets animent encore Isabelle et Jean-Pierre ?

Avec Jean-Pierre, on a parlé de voitures anciennes. Nous en possédons chacun. Il a une vieille Porsche et moi une Citroën Traction Avant. Il nous a montré sa maison, où il fait des travaux. Ils devaient avoir une vie très occupée avant ce drame. Ils tenaient un bar-tabac-jeux à Gray qui faisait aussi restaurant. Leurs journées commençaient à 6 heures pour s’achever à 22 heures. Alexia devait être pétillante, pleine de vie. Ils adoraient Jonathann avec qui ils dînaient très régulièrement. J’ai une maison pas très loin de chez eux, j’espère qu’ils viendront. J’ai participé à 250 numéros de Faites entrer l’accusé, des familles qui ont explosé, disjoncté après le meurtre de leurs enfants, j’en connais une vingtaine.

« Jonathann Daval a construit cette histoire et ce dossier »

Doit-on s’attendre avec Jonathann Daval au procès le plus médiatique du XXIe siècle ?

Je crois qu’il va être très important. Il aura lieu au mois de novembre. Il sera très fort, car, par rapport à Nordahl Lelandais qui est un meurtrier d’enfant, Jonathann Daval a tué sa femme et la question porte sur la préméditation. Ce personnage s’est rendu détestable en mentant à la France entière, à ses beaux-parents. Il s’est rendu horrible à travers ses discours dans lesquels il s’adressait à Alexia en disant « tu étais mon bonheur, mon soleil ». Accuser le beau-frère de façon aussi abjecte et crier au complot familial.... Cette histoire a ce fait exceptionnel : ce n’est pas un féminicide de plus, comme il s’en passe tous les trois jours. C’est Jonathann qui a construit son histoire et ce dossier.

À quelles affaires seront consacrés les prochains épisodes ?

On va proposer l’interview de Marie-Ange Laroche qui raconte la mort de son mari Bernard dans l’affaire Grégory Villemin. Je connais plutôt bien l’histoire. Je ne l’ai jamais entendue raconter les faits de cette façon avec son petit garçon de 4 ans qui assiste à la mort de son père. La troisième affaire m’a beaucoup marqué : il s’agit de la dernière victime encore vivante d’Hamida Djandoubii, le dernier condamné à mort en France. Elle n’avait jamais parlé. Ce témoignage est encore très fort. La quatrième concerne un juge racontant le moment où un homme politique lui fait des révélations.

Après l’arrêt de Faites entrer l’accusé sur France 2, avez-vous songé à quitter le programme tandis que Christophe Hondelatte et Frédérique Lantieri ont vivement critiqué son rapatriement sur RMC Story ?

Quitter l’émission ? Non. Christophe était présentateur, Frédérique était présentatrice. Il avait été question que je prenne la suite quand Christophe a arrêté, mais je ne m’en sentais pas capable. Cela n’aurait pas été élégant d’occuper le fauteuil de mon pote. Je me sens très bien dans mon rôle d’expert. Je préfère être le collaborateur de Maigret et non Maigret lui-même. Je vais manquer de modestie, mais le présentateur n’est pas le plus dur à trouver. En revanche, pour s’exprimer sur l’expertise médicale, psychologique, balistique... il faut avoir fait trente ans de faits divers. Je peux citer Michel Mary, journaliste pour le magazine Détective et W9, Éric Pelletier, Jean-Michel Décugis... nous sommes une petite dizaine. Je suis vachement bien dans mon rôle de numéro 2. J’aime cette émission, j’ai été triste qu’elle s’arrête sur France Télévisions. C’est un gâchis. Nous ne tournions plus depuis déjà deux ans. On dirait que les faits divers leur ont sali les mains. Peu importe, sur RMC Story la marque reviendra plus forte encore. J’adore Rachid M’Barki, je m’entends très bien avec lui. Il a la maturité et la légitimité de présenter une telle émission.

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