Emmanuel Lechypre (Neumann / Lechypre) : « Eric Brunet avait des positions radicales... moi ça ne me dérange pas de faire un pas vers Laurent Neumann »

Depuis le lundi 11 janvier, Emmanuel Lechypre, Laure Closier et Laurent Neumann sont sur RMC Story pour la diffusion du talk Neumann / Lechypre. L’économiste de la bande s’est confié sur ce nouveau challenge pour RMC Story

Publié le dimanche 24 janvier 2021 à 13:34
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Emmanuel Lechypre (Neumann / Lechypre) : « Eric Brunet avait des positions radicales... moi ça ne me dérange pas de faire un pas vers Laurent Neumann »
©Capture RMC Story 

Joshua Daguenet : Cette arrivée en télévision du talk Neumann / Lechypre s’apparente-t-elle à un second départ pour l’émission ?

Emmanuel Lechypre : Le véritable défi est de faire une vraie bande à trois et de sortir de la confrontation Brunet / Neumann. Le deal de départ est d’abord de ne pas abîmer l’émission de radio, car les audiences sont plus fortes qu’à la télé. Nous nous sommes entraînés dans un pur studio de télé et nous avons tourné à blanc. Pour ma première, le lundi 11 janvier, j’ai fait abstraction de tout ça. Le but du jeu est que ce soit sympa à regarder.

Entre le départ d’Eric Brunet et le lancement du show Neumann / Lechypre, quand avez-vous appris que vous accompagneriez Laure Closier et Laurent Neumann au quotidien sur RMC ?

J’allais avant dans l’émission comme contributeur et je remplaçais déjà Eric Brunet quand il était en vacances. Il a décidé de partir début juillet. RMC a établi une petite liste et Alain Weill m’a appelé le 14 juillet. Je voyais les choses différemment par rapport à Éric, car j’imaginais un talk moins conflictuel, un rendez-vous ou chacun a des arguments solides à faire valoir. Je ne suis pas dans le côté « on se rentre dans le lard ». Je ne voulais pas me retrouver sur les réseaux sociaux ou dans l’émission Quotidien , car il y a eu un énième clash. J’étais content de retravailler en équipe et élargir ma palette.

Zemmour / Naulleau, Polony / Finchelstein, Neumann / Brunet sont des duos qui opposent leurs idées. Avec Laurent Neumann, la paire formée n’est-elle pas trop en adéquation ?

Non, pas vraiment. Il n’y a pas tant de sujets sur lesquels nous sommes redondants. Sur l’économie, je suis plus libéral que lui. Je suis plus sévère sur l’action publique et plus radical sur tous les sujets régaliens. Laurent a cette tradition un peu « gaucho bobo » sur la violence, la sévérité de la justice, l’armée. Je suis pour l’uniforme à l’école et je pense que la police ne fait pas si mal son boulot. Eric Brunet avait des positions radicales, tranchées, mais assez simples. Il campait sur ses positions pendant une heure. Pour ma part, j’essaie d’avoir plusieurs arguments et ça ne me dérange pas de faire un pas envers Laurent.

« Le deal de départ est d’abord de ne pas abîmer l’émission de radio, car les audiences sont plus fortes qu’à la télé »

L’économiste que vous êtes estime-t-il que le gouvernement dissocie exagérément la santé économique d’un pays de la santé de sa population dans sa gestion de la crise sanitaire ?

Oui, totalement, mais ce n’est pas qu’un phénomène français. Les dégâts sanitaires qui vont résulter de la crise économique, à savoir le nombre de gens qui vont mourir dans les prochaines années à cause de cette dégradation économique entre les dépressions, la pauvreté, les AVC, suicides, cancers... vont finir par faire plus de morts que le Covid. La question est de savoir pourquoi, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, on a à ce point privilégié la vie des plus anciens au détriment des jeunes ? Le taux de mortalité est inférieur à 1%. Il faudra chercher les réponses du côté de l’anthropologie. On peut constater que cette crise révèle les faiblesses de l’État.

Le télétravail est amené à se normaliser sur une période indéterminée. Pensez-vous que cela ait une incidence sur la productivité et donc l’économie ?

Cela va avoir une incidence sur la productivité. Positive si nous arrivons à faire du télétravail. Aujourd’hui, le télétravail est du travail à la maison dans des conditions précaires avec une connexion hésitante, un espace qui n’est pas réellement dédié à cela. Le véritable télétravail est encadré et il ne consiste pas à être bloqué avec ses enfants. Mais je ne crois pas au télétravail permanent, je penche plutôt pour un système trois jours / deux jours. Ce qui va être déterminant est la capacité à aligner tous les objectifs et les mêmes valeurs à tous les échelons de l’entreprise.

En début d’année, une auditrice prénommée Jennifer s’est fendue d’une déclaration d’amour à votre égard en louant « votre beauté intérieure » et vous avez répliqué qu’elle vous avait donné envie de « reprendre du saucisson ». Cette séquence sarcastique traduit-elle des doutes qui ont pu vous habiter en vous lançant à la télévision ?

Comme depuis vingt ans, j’ai indiqué que ma bonne résolution était de me mettre au régime. Donc, Jennifer a appelé et m’a dit « Non, Emmanuel, vous êtes beau comme ça ! », et honnêtement, j’étais un peu déstabilisé. Je n’ai pas l’habitude de la fille qui appelle pour dire que je suis beau et intelligent. Pour ce qui est de la télévision, je ne me suis jamais lancé, on est toujours venus me chercher. J’ai fait vingt-cinq ans de presse écrite, puis j’intervenais régulièrement dans C dans l’air. Un jour, mon ancien patron de L’Expansion, François Lenglet, a pris la direction de BFM Business et j’étais en bout de course dans L’Expansion. Il m’a proposé de venir le rejoindre et j’ai été embauché à BFM Business. J’ai fait mes chroniques éco le soir. La télé ne me fait ni chaud, ni froid. Je ne pense pas aux caméras.

« La télé ne me fait ni chaud, ni froid. Je ne pense pas aux caméras »

Le 4 avril 2020, quand vous réalisez être à l’antenne au moment de déclarer « Ils enterrent des Pokémon » à propos d’un hommage national de la Chine aux victimes de la Covid-19, avez-vous craint que l’aventure ne soit terminée pour vous sur BFMTV ?

Pas du tout. Il y avait une image sur laquelle des gens se recueillent sur six énormes bouquets blancs avec une bande noire autour. Et cela ressemble aux boules de Pokéball, mes enfants y jouent. J’ai sorti cette remarque et si cela avait été des Sénégalais, des Finlandais, j’aurais dit exactement la même chose. Cela n’avait rien à voir avec les Chinois, cela portait sur la ressemblance avec les boules de Pokémon. Quand on a trois ou quatre heures d’émission dans les pattes, on raconte beaucoup de bêtises et je ne savais pas que j’étais à l’antenne. J’ai ensuite reçu un message comme quoi on m’avait entendu à l’antenne et l’affaire s’est emballée. Mes patrons ont été directs et clairs dès le départ et j’ai trouvé normal d’être sanctionné pour ma connerie, on m’a « mis au cachot » pendant une semaine.

Vos prises de position depuis le lancement du talk montrent que vous êtes favorables à la liberté d’expression dans beaucoup de circonstances. Entre le bannissement de Donald Trump des réseaux sociaux, les théories qualifiées de complotistes quand il s’agit de douter des méthodes des différents gouvernements pour gérer la crise sanitaire, penche-t-on doucement, mais sûrement vers une pensée unique ?

Je ne suis pas à l’aise avec la limite de ce que l’on autorise ou pas. Quand on conditionne la liberté d’expression, où on commence et qui le détermine ? Que ce soit l’oligarchie des GAFA qui décide de ce qu’on peut dire ou ne pas dire, ça me dérange. Donald Trump a été censuré parce qu’il n’a pas 50 ou 100 followers. Je ne suis pas spécialement satisfait que Donald Trump soit mis hors-jeu par la direction de Twitter. Que Mark Zuckerberg soit l’arbitre de ce qu’on peut dire ou ne pas dire, ce n’est pas rassurant.

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