Eric Naulleau : « Avec Eric Zemmour, on n’est jamais entrés dans la langue de bois, il n’y a pas de lassitude... »

A l’occasion des 20 ans de Toutelatele, Éric Naulleau est revenu sur ses débuts dans l’émission On n’est pas couché, et s’est confié sur les coulisses du talk de France 2. L’occasion d’aborder son duo avec Eric Zemmour, toujours d’actualité dans Zemmour & Naulleau.

Publié le mardi 29 juin 2021 à 14:37
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Eric Naulleau : « Avec Eric Zemmour, on n’est jamais entrés dans la langue de bois, il n’y a pas de lassitude... »
©Capture Toutelatele / Ben&JR 

Toutelatele : Le 16 septembre 2006, Laurent Ruquier a lancé On n’est pas couché le samedi soir avec Eric Zemmour et Michel Polac. Vous rappelez-vous cette saison en tant que téléspectateur ?

Eric Naulleau : J’y étais particulièrement attentif parce que j’ai débuté à la télévision la saison précédente avec Laurent Ruquier en tant que chroniqueur pour Ça Balance à Paris (émission sur Paris Première, NDLR). C’était un événement. J’ai suivi l’émission en tant que téléspectateur avant de la rejoindre en fin de saison.

Quel souvenir gardez-vous de Michel Polac ?

Un souvenir ému parce qu’il était chroniqueur avec moi dans cette émission Ça Balance à Paris. On l’a beaucoup réduit à la télévision et à l’émission Droit de réponse, mais il était avant tout un amoureux des livres et c’est comme cela que j’ai appris à le connaître. Il reste un excellent écrivain que la télévision a paradoxalement empêché de développer son œuvre. Le duo Zemmour / Polac constituait une bonne équipe, c’était intéressant.

Avec ce regard de téléspectateur, et par votre rôle de chroniqueur dans Ça Balance à Paris, avez-vous acquis cette volonté de faire ce genre de prestation aux côtés d’Éric Zemmour dans On n’est pas couché ?

Je n’étais pas un homme de télé et je ne sais pas si je le suis devenu, mais cette idée ne m’a jamais traversé la tête. J’ai été assez surpris que Laurent Ruquier fasse appel à moi, je pensais plutôt travailler avec lui à la radio. Pour moi, l’équipe Zemmour / Polac était installée, et si je savais que Michel Polac était malade, je ne connaissais pas la gravité de sa maladie. Pour moi, cette équipe allait continuer.

« Laurent Ruquier et Catherine Barma nous ont accordé une totale liberté de parole qui posait problème certaines semaines »

On n’est pas couché a cartonné dès son premier numéro avec 40% de part de marché et 1.7 million de Français. Pourquoi la formule a si bien fonctionné ?

Le concept était très bien pensé avec un équilibre entre le léger et le grave. Tantôt, nous pouvions déconner, tantôt débattre sur des débats de société. Laurent Ruquier est un expert dans ce genre d’animation et le choix des chroniqueurs était excellent. Polac était quelqu’un de très respecté et Zemmour avait déjà une carrière à la télévision. Tout était au point dès le départ. En plus, derrière la caméra vous aviez Catherine Barma (productrice, NDLR). Cette femme sent la télévision et sait ce qui marche avec un choix très soigné des invités. Avec le recul, 40% paraissent démentiels. Seuls des matchs de football peuvent atteindre ce score aujourd’hui. C’est une émission qui a été pensée avant d’être lancée.

Comment vous êtes-vous retrouvés dans On n’est pas couché aux côtés d’Éric Zemmour ?

J’ai demandé à Laurent Ruquier de modifier un peu la formule et que l’on soit avec Eric Zemmour présents dès le début pour débattre, ce qui a changé la nature de l’émission, car cela a multiplié les points de friction. Zemmour, je l’avais croisé une seule fois dans ma vie, nous nous étions juste dit « bonjour ». Le couple s’est donc formé au fur et à mesure des émissions en restant chacun fidèle à notre nature. Je dirais que l’émission s’est autant adaptée à nous que nous nous sommes adaptés à elle. Laurent Ruquier et Catherine Barma nous ont accordé une totale liberté de parole qui posait problème certaines semaines. Au fil des saisons, c’était de plus en plus difficile de faire venir les gens, mais jamais il ne nous a jamais été demandé de modérer nos propos. Tout de suite, je me suis senti bien, car j’ai pu être moi-même.

En tant qu’Éric Naulleau, comment appréhendiez-vous la partie politique et son invité ?

La partie politique concernait les gens qui sont le plus formés à répondre à des questions et à gérer des moments dans lesquels ils sont malmenés dans leur vie quotidienne d’homme ou de femme politique, et même malmenés dans leur propre parti. C’est eux qui renvoyaient le mieux la balle. C’est comme au tennis, quand vous jouez avec quelqu’un qui renvoie bien la balle, vous êtes vous-même meilleur. Je ne dirais pas que la partie politique était ma préférée, mais du moins la plus sérieuse. Cependant, j’adorais débattre de cinéma, de théâtre, de livre. Ce qui me plaisait était la variété des sujets, mais la partie politique a pris une place très importante jusqu’à atteindre parfois une heure et demie.

« Il y a un grand attachement des téléspectateurs au duo Zemmour & Naulleau »

Pouvez-vous revenir sur le renouvellement à 100% du duo qui a fait énormément parler dans la presse ?

J’ai été très souvent viré à la télévision. Pour moi, cela fait partie de la vie d’un chroniqueur et d’un animateur. J’ai senti que quelque chose s’était déréglé. Peut-être fallait-il renouveler la formule et que les clashs à répétition avaient fini par user. Avec Eric Zemmour, notre renvoi nous a été annoncé lors d’un dîner en ville et je savais bien que le dîner n’était pas dans l’optique de renouveler notre contrat. En faisant semblant de ne pas avoir compris que notre cause était entendue dès le début, j’ai dit à Catherine Barma : « Si j’avais su que tu nous invitais pour nous virer, j’aurais pris deux fois du dessert ». Pour moi, l’aventure était terminée avec Zemmour mais de nombreux producteurs et de nombreuses chaînes nous ont fait la proposition d’une sorte de spin-off et c’est Troisième Œil et Paris Première qui ont remporté la mise avec Zemmour et Naulleau. Le temps a passé, et ce souvenir est ancien. C’était une très bonne expérience.

Pour les téléspectateurs, la formule magique réside-t-elle toujours à travers votre duo avec Eric Zemmour ?

Il y a un grand attachement des téléspectateurs au duo. Cela se vérifie en matière d’émission télévisée, mais aussi au cinéma avec Laurel & Hardy, dans les séries avec Starsky & Hutch ou James West & Artemus Gordon. Un duo, c’est un plus un égal trois. La paire qu’ils forment est une sorte de troisième personnage. Les gens sont très attachés à notre entente amicale qui n’empêche pas nos désaccords politiques. Au début, nous étions seuls, mais aujourd’hui nous sommes six en plateau avec Anaïs Bouton, Sandrine Sarroche, Alba Ventura et Cyprien Cini.

« Si Francis Lalanne avait juste levé la main sur moi, je l’emplâtrais immédiatement »

N’éprouvez-vous aucune lassitude après ces années à être aux côtés d’Eric Zemmour où les deux opposés s’attirent ?

J’ai de l’amitié et de l’estime pour lui. Cela nous arrive de déjeuner, dîner ensemble, mais nous ne nous fréquentons pas tant que cela en dehors des émissions. Aujourd’hui encore, Eric Zemmour parvient à me surprendre en sortant des théories et des concepts de son chapeau qui me sidèrent parfois. On n’est jamais entrés dans la langue de bois, il n’y a pas de lassitude, car on ne sait jamais trop quoi attendre de l’autre. Il y a une balle que l’on n’a pas vue venir et on prend un smash ou un passing. Si Eric Zemmour ou moi jouions toujours le même personnage, on n’en aurait marre et nous ferions autre chose.

Une séquence vous a-t-elle particulièrement marqué au cours de vos quatre années communes dans On n’est pas couché ?

Je ne peux pas vous citer un autre nom que Francis Lalanne. C’est l’un des plus grands clashs de la télévision, car pendant une demi-heure, plus personne ne contrôlait plus rien, pas même Laurent Ruquier. Lalanne a été à un micron de l’agression physique et puis pendant toute la séquence j’avais les mains sur la table pour bien montrer que je n’allais pas commencer, mais s’il avait juste levé la main sur moi, je l’emplâtrais immédiatement. Quand quelqu’un pousse la provocation, exerce une pression physique sur vous, j’aurais répondu et cela aurait été la fin de ma carrière, car un chroniqueur ne peut pas survivre au fait de mettre la main sur la gueule d’un invité. Je n’ai jamais ressenti cela sur un plateau. Cela pouvait déraper, j’ai vu les gardes du corps se lever. Quelque chose de grave pouvait se passer, dépassant de très loin les différends et polémiques habituels. Malheureusement, c’est le souvenir le plus vif que j’en conserve alors que j’ai connu des débats géniaux avec des invités formidables.

En treize ans d’On n’est pas couché, pensez-vous que l’émission commençait à s’essouffler ?

C’est un format assez vieux. L’organisme d’une émission vieillit à l’instar de l’organisme humain. Le premier à pouvoir être usé peut être Laurent Ruquier, car il ne peut pas se permettre une déconcentration de dix minutes. Les téléspectateurs ressentent que cela a baissé en tension et en intensité. Pour les chroniqueurs, il n’y a jamais eu de paire : c’est un plus un, mais ce n’est pas trois. L’émission a beaucoup perdu en ne réussissant pas à reconstituer un nouveau couple. Pour ma part, je suis reconnaissant d’entretenir la nostalgie du duo Zemmour et Naulleau.

Découvrez la vidéo sur On n’est pas couché

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