Jerry Springer Show / Ca va se savoir : les joyaux d’AB

lundi 14 août 2006 à 00:09 |
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Le 12 mai dernier, le Jerry Springer Show a fêté son 3000ème numéro. Peu connu en France, ce programme est culte aux Etats-Unis. Chaque jour depuis bientôt 15 ans, le public est aussi nombreux qu’enthousiaste sur le plateau et devant son écran de télévision pour suivre le talk-show animé par Jerry Springer. Pour chaque émission, les adeptes sont près de 15 millions à le regarder partout dans le monde. Le succès de ce programme est incontestablement dû à son concept, qui lui vaut également de multiples critiques. Des couples, des familles ou des amis sont accueillis sur le plateau pour que l’un d’entre eux fasse une révélation sur sa vie intime devant un public survolté.

Mais le triomphe de ce show est aussi et surtout dû à la personne même de son animateur : Jerry Springer. Dire de lui qu’il est polyvalent est un euphémisme. Son parcours éclectique parle de lui-même : étudiant en science-politique et en droit, il commence très jeune sa carrière dans la politique. Elu maire de Cincinnati à 33 ans, il se présente pour être gouverneur de l’Ohio mais perd l’élection. En 1982, après avoir quitté la mairie, il devient journaliste pour WLWT-TV, une chaîne locale, filiale de Channel 5. Puis il présente le journal télévisé de Cincinnati qu’il propulse en tête des audiences. En 10 ans d’exercice, il a remporté dix récompenses décernées aux télévisions locales. En 1991, on lui propose d’animer un talk-show pour remplacer le Phil Donahue Show. Le Jerry Springer Show est né.

D’abord très sérieux, le show ne rassemble pas assez de téléspectateurs et semble voué à la perte. Le concept est donc modifié très rapidement pour être plus outrancier et attirer ainsi davantage de téléspectateurs devant le petit écran. Le moins que l’on puisse dire c’est que le pari est gagné, tant au niveau de l’outrance que de l’audience. Strip-teaseurs, transsexuels et prostituées témoignent sur le plateau devant des proches atterrés et un public toujours prêt à prendre parti et à lyncher l’un des participants. Entre « Tromperies à outrance », « Secrets sexuels révélés » ou « Adultère sans frontières », les titres suggestifs donnent une idée du contenu de l’émission, de plus en plus osée voire carrément scabreux. Et ça marche : peu à peu, les scores d’audience remontent et en 1997, ils égalent ceux d’Oprah Winphrey, la reine du talk-show.

Rien de comparable n’existe en France. Rien sauf peut-être Ça va se savoir !, une émission diffusée en Belgique sur la chaîne AB3 et en France sur RTL9. Animé par Simon Monceau, ce talk-show crée en 2002 a était intégralement copié sur l’émission américaine. Des acclamations du public aux vigiles qui interviennent dès que la tension monte entre les participants, le show reprend toutes les composantes qui ont fait le succès de son modèle américain. Toutes excepté l’élément clé : l’authenticité. En effet, dans le Jerry Springer Show, et dans 95% des cas, tous les participants sont des quidams qui viennent réellement témoigner sur le plateau et faire un aveu sincère à leurs proches. Même s’il a été reproché à l’émission de galvaniser les participants avant l’enregistrement et de les inciter à en rajouter, aucun d’entre eux n’est comédien, contrairement au programme belge. La production ne s’en cache d’ailleurs plus, après les critiques dont elle a fait l’objet. L’édito de RTL9 annonce clairement la couleur : « Un show très chaud quand les invités se déchaînent sur le plateau. Où s’arrête la vérité ? Où commence la fiction ? Qui a tort, qui a raison ? Peu importe. » L’émission est décrite comme « un show, inspiré de faits réels et dont les scènes sont interprétées par des comédiens », précisant que cette information est mentionnée dans le générique.

Moins « trash » que l’émission américaine qui l’a inspiré, moins authentique aussi, Ça va se savoir ! n’en connaît pas moins un succès confortable depuis quatre ans. Sans commune mesure avec les scores du Jerry Springer Show que AB1 multidiffuse depuis sur son antenne, l’émission franco-belge rassemblerait chaque jour près de 150 000 curieux devant leur petit écran.

Ces deux programmes sont abondamment critiqués et souvent qualifiés de télé-poubelle, à tel point que le CSA belge s’est intéressé à l’émission de Simon Monceau, craignant qu’elle ne porte atteinte à la dignité humaine. Tout comme le Conseil canadien des normes de la radiotélévision qui a considéré que certains épisodes du Jerry Springer Show avaient « encouragé ou glorifié la violence comme étant un mécanisme de résolution à une relation personnelle conflictuelle ». Jerry Springer Show / Ca va se savoir, même combat : toujours critiquées mais constamment auréolées du sceau de l’audience...

Lire l’interview de Simon Monceau, animateur de Ca va se savoir

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