Matthias Tesson (BFMTV, spécial Coronavirus) : « C’est anxiogène aussi pour les journalistes mais on est habitué psychologiquement à traiter ce type d’information »

Matthias Tesson, journaliste couvrant sur le terrain la crise du Coronavirus, se confie sur les mesures sanitaires prises par BFMTV. Il évoque également les conséquences de l’épidémie de Covid-19 sur ses conditions de travail.

Publié le vendredi 27 mars 2020 à 16:54
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Matthias Tesson (BFMTV, spécial Coronavirus) : « C’est anxiogène aussi pour les journalistes mais on est habitué psychologiquement à traiter ce type d’information »
©Capture BFMTV  

Benoît Mandin : Comment vivez-vous les mesures prises pour le confinement en tant que journaliste de terrain ?

Matthias Tesson : On continue de couvrir ce qui se passe notamment dans le Grand Est. À deux reprises, je suis allé à Mulhouse. J’ai passé quelques jours en Italie quand le pays a été confiné dans son ensemble. Le confinement, je le vis vraiment quand je suis off. C’est assez particulier de voir Paris aussi désert de ses habitants, ses marchés et son activité sociale. Et c’est très particulier d’aller uniquement sur les points chauds comme les hôpitaux.

Comment BFMTV a-t-elle renforcé votre sécurité face au Coronavirus ?

Des mesures ont été prises conjointement par les journalistes de la rédaction et la direction. Pour les salariés pouvant avoir recours au télétravail, il y a des facilitations de duplex par Skype et téléphone. Concernant les reporters de terrain, les mesures sanitaires ont été renforcées.

Comment a été adaptée votre activité sur le terrain ?

On n’utilise plus de micro main pour nos directs, mais des micros-cravates. Chaque journaliste ne les cède pas à des invités ou collègues. Lorsqu’on fait des interviews, on a recours à des perches. Ces dernières nous servent par exemple à pouvoir tendre le micro aux hommes politiques lorsque nous sommes beaucoup de journalistes. L’objectif est de nous permettre de respecter une distance d’un mètre avec nos invités. Nous sommes aussi équipés de gel hydroalcoolique et même de masques lorsqu’on interviewe une personne considérée à risque. Un système de binôme a été mis en place entre les journalistes reporters d’images. Je travaille avec la même personne pendant cette crise et je ne passe plus du tout par la rédaction.

« Les bonnes mesures ont été prises assez rapidement conjointement par les journalistes et la direction de BFMTV »

Estimez-vous que ces mesures soient suffisantes pour vous préserver du risque présenté par le Covid-19 ?

Dans la mesure de ce qu’on connaît de ce virus, oui. On pourrait difficilement pour l’instant faire plus. D’autres médias ont choisi des solutions peut-être plus radicales en n’envoyant plus de reporters sur le terrain ou en réduisant drastiquement les effectifs mobilisés. Ce n’est pas le cas de BFMTV. Les bonnes mesures ont été prises assez rapidement conjointement par les journalistes et la direction.

Quelle mesure est prévue en cas de suspicion d’avoir pu être contaminé par le Coronavirus ?

Dans le cas où on aurait été en contact avec une personne éventuellement porteuse du Coronavirus, on nous demandera d’être en quatorzaine comme chacun des Français. L’objectif est de ne prendre aucun risque avec ou sans symptômes. Le processus de précaution sera appliqué. Tout le monde demande à chacun d’être très vigilant sur les prises de risques et les conséquences éventuelles.

« La France est en proie à quelque chose d’assez bouleversant et compliqué à gérer au quotidien »

Estimez-vous que les journalistes doivent pouvoir accès aux tests de dépistage comme c’est le cas notamment des personnalités politiques ?

Je ne suis pas pour que les journalistes y aient accès avant les autres. Ce ne serait pas une bonne méthode. J’ai été parfois un peu choqué de voir sur les réseaux sociaux des hommes et femmes politiques afficher le fait qu’ils avaient été testés. Ce n’est pas un bon signal envoyé à la population, car on sait que ces tests ne sont pas prescrits à tout le monde pour l’instant. Il faut rester équitable pour le bon fonctionnement de notre démocratie. La France est en proie à quelque chose d’assez bouleversant et compliqué à gérer au quotidien.

Les chaînes d’information multiplient les éditions spéciales autour des conséquences du Coronavirus. Comment arrivez-vous à vous préserver d’une actualité aussi anxiogène ?

On s’en préserve en parlant entre journalistes. De nombreux groupes WhatsApp ont été créés entre reporters pour évoquer les mesures sanitaires et les activités ainsi que pour se soutenir moralement. Après, c’est notre travail de parler des choses qui ne vont pas et de voir les solutions pouvant être apportées. Bien que ce soit aussi anxiogène pour nous, on est habitué psychologiquement à traiter ce type d’information. On se soutient tous mutuellement dans ce moment amené à durer.

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