Maxime Lledo (Les Grandes Gueules) : « On observe une intolérance à la contradiction »

Maxime Lledo est le benjamin de la bande des Grandes Gueules, à suivre chaque jour à 9h00 sur RMC Story. Etudiant en histoire, il est revenu pour Toutelatele sur son expérience de l’émission, qu’il a rejointe à 19 ans.

Publié le dimanche 7 juin 2020 à 19:09
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Maxime Lledo (Les Grandes Gueules) : « On observe une intolérance à la contradiction »
©Capture RMC Story 

Joshua Daguenet : Les Grandes Gueules ont lancé le 11 mai dernier « La France d’après » permettant aux chroniqueurs de présenter un programme adressé au Président Macron pour mieux organiser la société. De votre côté, vous avez appelé à un passage au « tout numérique » pour les facultés. En quoi est-ce une priorité ?

Maxime Lledo : Je la pensais nécessaire, car c’est une organisation conséquente pour les facs face aux divers problèmes récurrents à l’instar des professeurs absents, des frais de scolarité conséquents et face au coût de la vie. Des outils « tout numériques » existent déjà, faire une partie des cours en numérique est donc largement faisable. En France, on est un peu lent avec ça donc le passage en tout numérique peut faire peur. Certes, un lien avec les profs disparaîtrait, mais ce lien n’est pas indispensable dans les matières secondaires comme les options.

Pensez-vous que cette lettre fera l’objet d’un retour de la part du Chef de l’État ?

Emmanuel Macron en est à appeler Jean-Marie Bigard. Entre Jean-Marie Bigard et Les Grandes Gueules, s’il y a une lettre et une parole plus représentatives, c’est bien cette émission. Alain Marschall et Olivier Truchot ont été précurseurs sur plusieurs sujets, ils ont été les premiers échos et ont assuré les premières remontées sur des sujets comme les gilets jaunes, la limitation de vitesse à 80 kilomètres à l’heure... Le sentiment de ras-le-bol, la moraline permanente se sont fait ressentir en priorité dans l’émission qui donne, chaque jour, la parole pendant trois heures aux auditeurs...

Par un casting passé en fin d’année 2017 vous avez rejoint l’équipe des Grandes Gueules. Quelles ont été vos sources de motivation ?

J’ai toujours été un garçon de la radio. Il y a « les enfants de la télé », moi c’est la radio. J’ai toujours été attiré par l’actu et quand j’ai vu passer ce casting sur Twitter, j’étais déjà un boulimique d’information. Je dormais très peu, c’était un rythme uniquement basé sur l’actu. J’écoutais la radio sans cesse, alors j’ai voulu saisir l’occasion de passer de l’autre côté du poste. Il est marrant de débattre face à ses amis et parents, mais c’est autre chose de le faire face à des personnalités expérimentées.

« Je suis capable d’avoir une pensée le lundi et de la changer le vendredi »

Entre vos 19 ans, lors de votre arrivée, et aujourd’hui, avez-vous mûri ou infléchi certaines convictions ?

Toutes ! On part forcément avec des présupposés. Même maintenant, je suis capable d’avoir une pensée le lundi et de la changer complètement le vendredi, par la lecture d’un livre ou une interview à la télévision. Si l’on arrive avec une idée faite et qu’on est persuadé d’avoir raison, c’est foutu. Il y a des sujets sur lesquels je suis moins radical. Le fait d’être étudiant m’amène à m’enrichir. Je ne peux pas me permettre de débarquer dans une pièce et m’écrier : « J’ai la solution, ça fait des années que le je dis... »

La possibilité de consommer constamment de l’actualité aide-t-elle à reforger ses opinions ?

Tout le monde s’exprime constamment, mais tout le monde le fait très mal. Je ne fais pas de leçon personnelle, je me mets dedans. Il est difficile de prendre de la hauteur. Des gens comme Alain Duhamel, Natacha Polony, François Sureau y parviennent. J’ai en exemple des historiens comme Robert Aron ou Hervé le Bras. Au quotidien, il vaut mieux se pencher sur la presse papier qui offre plus de fond. Lire une opinion et la cracher est une chose, faire une opinion est plus difficile.

« Aujourd’hui, on accole de populiste toute personne avec laquelle on ne veut pas débattre »

En deux ans et demi, les sujets et débats n’ont pas manqué dans l’actualité. Quels sont ceux qui vous profondément marqué ?

Nous avons trituré des sujets pour nous adapter à l’actualité et varier les angles. Je trouve que leur fil rouge est l’intolérance de la société. On observe une intolérance à la contradiction. Pendant la période des gilets jaunes, François Hollande, des écrivains et avocats ont été privés de conférences. Cette morale, dans le mauvais sens du terme, nous empêche de réfléchir correctement. Je prends l’exemple de la végétalisation des villes : je me mets à la place d’une tomate, je ne veux pas pousser dans le dixième arrondissement à Paris, mais au fond de la compagne. Il y a aussi une morale féministe, une morale de gauche qui nous bannit du débat quand on se dit souverainiste. Et quand on essaie de nuancer - comme lorsqu’on condamne l’agression d’Éric Zemmour - on est dans un camp ou dans l’autre. Aujourd’hui, on accole de populiste toute personne avec laquelle on ne veut pas débattre.

Du côté des idées, avec quelles « Grandes Gueules" vous sentez-vous le plus en adéquation, et au contraire, en totale opposition ?

Je suis régulièrement d’accord et opposé avec tout le monde. J’adore Gilles-William Goldnadel, mais on peut trouver des points de désaccord sur le plateau. Avec Étienne Liebig, qui est de gauche, on peut se réunir sur des sujets, mais s’opposer sur d’autres. D’autres « Grandes Gueules » ont peut-être la chance par leur âge et leur expérience de pouvoir appartenir à un clan. Pour ma part, mes positions sont très malléables.

Avec votre regard d’étudiant, quel impact cette crise pourrait-elle avoir sur les différentes promotions 2020 ?

Il est sûr que pour nous, les jeunes et cette génération seront sacrifiés. Même si le bac, aujourd’hui, ne vaut plus rien, il faut savoir ce qu’est un vrai examen. On ne peut pas se permettre de rester six mois sans aller à l’école. Pour ceux qui sortent des licences, l’année va être terrible. Ceux qui comptaient sur une embauche pour assumer leur année, ce sera une catastrophe économique. Entre les jobs d’été, ceux qui ne seront pas acceptés l’année prochaine... À une plus haute échelle, on prend l’exemple de 2008, les conséquences ont été traînées sur plusieurs années comme une sorte de boulet rouge. Dans ce pays, on se fout de l’expérience et on sacralise les diplômes, c’est bien dommage.

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